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Un projet de contrat pour le CDT «Grand Paris Est - Noisy-Champs»

Publié le par ADIHBHV

 

  CDT «Grand Paris Est -

Noisy-Champs» :

PROJET DE CONTRAT.

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CDT Noisy Champs-photo 1A

    Lycée International – Atelier d’Architecture 2/3/4.

 

Aujourd’hui, nous portons à votre connaissance le projet (document préparatoire) du CDT Grand Paris Est Noisy-Champs publié sur le site Coopération Territoriale du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis. Ce projet fut validé par le comité de pilotage le 9 septembre 2013. L’Autorité Environnementale (Ae) a émis un avis sur ce document le 11 décembre 2013. Cliquer sur : « Grand Paris Est Noisy-Champs »-Avis de l’Ae.

 

En l’espèce, sur les 39 projets faisant l’objet de « fiches actions », selon l’Ae, la qualité de l’évaluation environnementale n’est pas optimale, et plusieurs recommandations sont formulées. Tout particulièrement sur le fait qu’il est indispensable que les données soient  toutes compréhensibles, que les analyses soient partagées par les cosignataires (Préfet de Région, Noisy-le-Grand, Champs-sur-Marne et Communauté d’Agglomération de Marne-la-Vallée / Val-Maubuée) du CDT, et que les raisonnements soient accessibles au public. Pour l’ADIHBH -V, ce dernier point est fondamental car il s’agit d’un dossier très lourd en terme d’enjeux et complexe pour le lecteur citoyen au moment de l’Enquête Publique.

 

Le Contrat de Développement Territorial Noisy-Champs.

 

Le Grand Paris, selon la loi du 3 juin 2010, est « un projet urbain, social et économique d’intérêt national qui unit les grands territoires stratégiques de la région Ile-de-France, et promeut le développement économique durable, solidaire et créateur d’emplois de la région capitale. Ce projet s’appuie sur la création d’un réseau de transport public de voyageurs dont le financement des infrastructures est assuré par l’Etat. Ce réseau s’articule autour de Contrats de Développement Territorial (CDT), définis et réalisés conjointement par l’Etat, les communes et leurs groupements. Ces contrats participent à l’objectif de construire chaque année 70 000 logements géographiquement et socialement adaptés en Ile-de-France et contribuent à la maîtrise de l’étalement urbain.»

 

L’objet du CDT est de définir les objectifs et les priorités en matière d'urbanisme, de logements, de transports, de déplacements et de lutte contre l'étalement urbain, d'équipement commercial, de développement économique, sportif et culturel, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers et des paysages et des ressources naturelles sur le territoire retenu pour ce contrat.

 

Le projet du CDT de Noisy-Champs vise d’une part à renforcer la position du territoire en tant que pôle économique et urbain majeur de l’Est parisien, et d’autre part à faire de ce secteur un démonstrateur de la transition énergétique au travers du concept « de cluster de la ville durable ». 

 

Noisy et Champs occupent ainsi une place tout à fait particulière dans la nouvelle dynamique métropolitaine. Ce CDT doit permettre de valoriser les différents maillons qui composent le moteur économique de ce pôle de développement. Tout particulièrement au travers des 39 « fiches actions »,nous citons quelques exemples pour Noisy-le-Grand:

 

-       projet n°2 : La gare du Grand Paris de Noisy-Champs,

-       projet n°4 : Le projet urbain et économique de la Cité Descartes,

-       projet n°6 : La requalification de la ZAE des Richardets en Eco-Parc d’activités,

 

et plus particulièrement  sur le Grand Ouest Noiséen :

 

-       projet n°5 : Le projet urbain et économique du Mont d’Est,

 

 

CDT Noisy-Champs - Photo 2A

Projet urbain de Mont d’Est– DEVILLERS-HYL- ICADE- CD Via

 

-       projet n°12 : Le Collège et le Lycée International,

-       projet n° 15 : Le projet urbain des Quartiers Ouest de Noisy-le-Grand (Maille Horizon Nord et Sud - Clos aux Biches),

 

 

CDT Noisy-Champs - photo 3A

  Etude prospective, programmation de MH-Nord et Sud – DEVILLERS-HYL

 

-       projet n°29 : L’axe Mont d’Est – Cité Descartes.

 

Ce faisant, l’objectif est d’ancrer l’ensemble du territoire dans la dynamique de croissance métropolitaine, tout en veillant à ce que les habitants bénéficient de cette dynamique. Le développement de Noisy-Champs contribue ainsi à l’équilibre de l’aménagement régional, en accueillant des activités et des habitants supplémentaires (le Maire de Noisy-le-Grand parle de 100.000 habitants), grâce à des projets mixtes et ambitieux.

 

Toutefois, les deux communes de Noisy-le-Grand et Champs-sur-Marne n’avaient pas jusqu'à présent de tradition de travail en commun ; il va falloir revoir l’approche  méthodologique. La commune de Champs-sur-Marne fait partie de la communauté d’agglomération de Marne-la-Vallée/Val-Maubuée, issue de la transformation du syndicat d'agglomération nouvelle (SAN) du Val-Maubuée auquel la ville de Noisy-le-Grand avait fait le choix de ne pas adhérer lors de sa création en 1972. La commune de Noisy-le-Grand n’est rattachée à aucune intercommunalité, mais elle est directement concernée, à la différence de la commune de Champs-sur-Marne, par le projet « Métropole du Grand Paris » définitivement adopté par l’Assemblée nationale le jeudi 12 décembre 2013.

 

Aujourd’hui nous nous dirigeons vers une meilleure cohérence d’ensemble Le « Cluster de la ville durable » regroupe et s’articule autour de quatre projets de Contrat de Développement Territorial (CDT), à savoir :

 

- Le CDT qui concerne Noisy-le-Grand et Champs-sur-Marne en lien avec la Communauté d’agglomération Marne-la-Vallée / Val-Maubuée.

 

- Le CDT des Boucles de la Marne avec les communes de Bry-sur-Marne, Villiers-sur-Marne, Champigny-sur-Marne et Chennevières-sur-Marne.

 

- Le CDT qui concerne Chelles et Vaires-sur-Marne, avec le concours de la Communauté d’agglomération de Marne et Chantereine.

 

- Le CDT Marne et Bois qui concerne les communes de Fontenay-sous-Bois, Rosny-sous-Bois, Nogent-sur-Marne, le Perreux-sur-Marne, Neuilly-sur-Marne et Neuilly-Plaisance.

 

Le Schéma de Développement Territorial (SDT) de l’Est parisien initié en 2011, aura pour  vocation l’articulation des quatre CDT avec l’appui des Conseils Généraux, dans le cadre d’une démarche de cohérence de l’ensemble.

 

Pour consulter le projet du  CDT Noisy-Champs :

 

Cliquer sur :

http://cooperation-territoriale.seine-saint-denis.fr/IMG/pdf/4-_CDT_NoisyChamps_annexe1.pdf

 

 

L’avis de l’ADIHBH-V…

 

Le CDT Noisy-Champs engage le développement urbain, social et économique de Noisy-le-Grand sur les 50 prochaines années. A l’aune d’une campagne électorale pour les prochaines élections municipales de mars 2014, il serait judicieux que les différents acteurs politiques de notre commune intègrent cette dimension dans leur logiciel. Ainsi, qu’ils analysent ce CDT sur le fond, et  versent  leur vision politique au débat, avant l’Enquête Publique du premier semestre 2014.

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Un "Contrat de Développement Territorial" entre Noisy-le-Grand/Champs sur Marne et l'Etat : avis de l’Autorité Environnementale

Publié le par ADIHBH-V

  CDT «Grand Paris Est -

Noisy-Champs»

AVIS de L’AUTORITE ENVIRONNEMENTALE

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CDT Noisy-Champs - Photo1

 

 

Le préfet de la Région Ile-de-France et Paris, Jean Daubigny, les maires de Champs-sur-Marne et Noisy-le-Grand et le président de la communauté d’agglomération de Marne-la-Vallée Val-Maubuée ont validé le Contrat de Développement Territorial (CDT) « Grand Paris Est Noisy-Champs » le 9 septembre 2013.

Ce projet de Contrat de Développement Territorial n’est pas encore à ce jour adopté par les collectivités territoriales concernées. En effet, ce contrat qui revêt un caractère préparatoire, doit faire l’objet d’une saisine pour l’avis des personnes publiques intéressées comme l’Autorité Environnementale, la Région Ile-de-France ou encore le Syndicat Mixte Paris Métropole.

Au terme de l’Enquête Publique y afférente qui devrait se dérouler au deuxième trimestre 2014, ce CDT sera effectivement signé entre l’Etat et les collectivités locales, en vertu de la délibération de leur organe délibérant.

Dans ce cadre, l’Autorité Environnementale du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD), s’est réunie le 11 décembre 2013 à Paris (Avis n° Ae 2013-113/n°CGEDD 009320-01). Nous reproduisons ci-après quelques notes d’informations sur la présentation de ce Contrat de Développement Territorial « Grand Paris Est Noisy-Champs ».

 

Objet et cadre d’élaboration du CDT.

 

La Loi du Grand Paris a créé un nouvel outil de contractualisation entre les collectivités territoriales et l’Etat, dénommé Contrat de Développement Territorial (CDT). Les CDT définissent, dans le respect des principes énoncés le code de l'urbanisme, les objectifs et les priorités en matière d'urbanisme, de logement, de transports, de déplacements et de lutte contre l'étalement urbain, d'équipement commercial, de développement économique, sportif et culturel, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers et des paysages et des ressources naturelles.

 

Ils traitent notamment de la maîtrise de l’urbanisation à proximité des gares du futur réseau de transport du Grand Paris, de l’atteinte des objectifs quantifiés de la Territorialisation de l’Offre de Logement (TOL), et doivent comporter des engagements permettant d'assurer, dans le respect des objectifs du développement durable et notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la maîtrise de l'énergie et la production énergétique à partir de sources renouvelables, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes et des espaces verts, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques, la prévention des risques naturels prévisibles, des risques technologiques, des pollutions et des nuisances de toute nature.

 

 

Localisation et présentation du territoire.

 

 

CDT Noisy-Champs - Photo 2

 

Périmètre de contractualisation du CDT Noisy-Champs

 

Le territoire se répartit entre la vallée de la Marne, le coteau et un plateau en rive gauche. Il se situe précisément à la frontière entre la première couronne, densément construite, et la seconde couronne où la part d’espaces non artificialisés augmente rapidement en s’éloignant de Paris. Il compte 31% d’espaces ruraux naturels et forestiers (avec notamment les bois de la Grange, de Grâce et Saint-Martin) et 13% d’espaces urbains ouverts (parcs urbains, jardins, terrains de sports et terrains en friche).

 

Le territoire du CDT compte environ 90.000 habitants (63.000 à Noisy-le Grand, et  24.000 à Champs-sur- Marne) sur 20,30 km2. Après une période de croissance démographique forte depuis 1975 (32.000 habitants), la population s’est stabilisée dans les années 2000. Par rapport à la moyenne régionale :

 

- la population est plus jeune, avec un pourcentage plus élevé d’employés et d’ouvriers ;

- le revenu moyen et le taux de chômage sont dans la moyenne.

 

Les deux communes n’ont pas de tradition de travail en commun. Cette situation s’explique en partie par la coupure importante que représentent les emprises réservées pour le projet d’autoroute A103 (aujourd’hui abandonné), à la limite entre les deux territoires communaux. Les communes se distinguent notamment par :

 

- une proportion plus forte de logements sociaux à Noisy (37,7%) (ndlr : pour l’ADIHBH-V, Noisy-le-Grand comporterait 24% de logement sociaux), qu’à Champs (26,5%),

- l’importance des espaces ruraux, notamment boisés (26,4% à Noisy et 40% à Champs) ;

 

Les objectifs du CDT.

 

Le CDT comporte cinq grands objectifs :

 

- accroître le niveau de production de logements et diversifier l’habitat disponible ;

- créer des activités nouvelles à partir de la Cité Descartes et accompagner les populations vers l’emploi ;

- compléter le maillage territorial des transports et construire la ville des courtes distances ;

- mettre en œuvre une politique de développement des équipements et services ambitieuse et active ;

- protéger les ressources du territoire (espaces naturels, agricoles et forestiers, paysages et autres ressources naturelles)

 

Enjeux environnementaux du territoire et du CDT.

 

Sur le territoire concerné, les principaux enjeux environnementaux identifiés par l’Autorité Environnementale (Ae) concernent :

- la densification urbaine, avec la résorption des « dents creuses » et la reconstruction de la ville sur la ville ;

- la consommation d’espaces « naturels » et les continuités écologiques, avec une difficulté spécifique à apprécier, dans le cas de projets mobilisant de 7 à 16 ha d’espaces en friches (n’ayant pas tous un antécédent industriel ou urbain) ou naturels, s’il s’agit de la résorption souhaitable de « dents creuses » ou d’artificialisation d’espaces naturels qui auraient pu faire l’objet d’une requalification autre ;

- les risques liés d’une part aux eaux de ruissellement, et d’autre part, de manière plus localisée, à la construction en zone inondable ;

- les conditions de l’atteinte des objectifs de la Territorialisation de l’Offre de Logement (TOL);

-l’amélioration des réseaux de transport de proximité, avec notamment le rabattement sur la gare de Noisy-Champs ;

- la bonne gestion environnementale des projets locaux.

 

Avis délibéré de l’Autorité Environnementale sur le Contrat de Développement Territorial (CDT) « Grand Paris Est Noisy-Champs »

 

Pour accéder à l’intégralité de l’avis de l’Autorité Environnementale, Cliquer sur : Avis de l’Autorité Environnementale « Grand Paris Est Noisy-Champs »-11/12/2013.

 

Cet avis ne porte pas sur l’opportunité de l'opération mais sur la qualité de l’étude d’impact présentée par le maître d’ouvrage, et sur la prise en compte de l’environnement par l'opération. Il n’est donc ni favorable, ni défavorable au projet, plan ou programme. Il vise à permettre d’améliorer sa conception, et la participation du public à l’élaboration des décisions qui le concernent.

 

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2014

Publié le

 

LE VRAI JOURNAL

DE NOISY-LE-GRAND SOUHAITE

A SES LECTEURS

UNE TRES JOYEUSE NOUVELLE ANNEE...

 

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Architecture et Pouvoir, une relation complexe...

Publié le par ADIHBH-V

 

 

LES ARCHITECTES

ET LE POUVOIR

 


Campus SG - Photo 1

   Futur campus de la Société Générale, Val-de-Fontenay (94),

Architecture Anne Démians

 

Anne DémiansDans la revue « Office et Culture » (1), consacrée à l’aménagement des espaces de travail tertiaire, Anne Démians explore les relations compliquées qu’architectes et artistes entretiennent avec le(s) pouvoir(s).

 

Après des études à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles, Anne Démians fonde sa première agence en 1995 et créée en 2003 AAD Architectures Anne Démians. Elle revendique la disponibilité comme attitude avec pour objectif la diversité. Depuis 2004, elle est lauréate de plusieurs concours tel qu’en 2011, le Campus tertiaire de la Société Générale, un immeuble de bureaux et services associés de 90 000m2 et 5.000 personnes à Val-de-Fontenay (94). 

 

Une Architecte-Urbaniste touche à tout. Elle enseigne cette année l’Architecture à l’Université Paris-Dauphine dans le cadre du Master en « Management de l'immobilier ». Depuis 2010, elle est membre de la Commission chargée par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire de réfléchir aux applications et évolutions de la nouvelle règlementation.

 

Les architectes et le(s) pouvoir(s). Extrait…..

 

Campus SG - Photo2

 

 

 

De tous temps, les architectes et les artistes ont placé l’art au service des grandes causes et entretenu avec le pouvoir des relations compliquées. Les créatifs et les gens de pouvoir se sont souvent croisés, rapprochés ou même affrontés. Ils se sont influencés et se sont souvent rendus « complices » d’œuvres majeures.

 

Le conflit (ou le divorce) entre l’art et le pouvoir ne peut donc exister, car l’artiste et l’architecte sont des éléments structurants du jeu complexe qui les rapproche de l’autorité politique qu’ils ont toujours accompagnée, soit en la servant, soit en l’exerçant. On s’aperçoit qu’à travers le temps, l’influence de l’autorité s’épuise. La société moderne trouve d’autres moyens d’exprimer sa puissance ou les formes de sa politique. C’est la communication, poussée à l’extrême qui commande alors, et vient se mettre entre les arts et le pouvoir, constituant une inévitable troisième force qui change la règle du jeu. Le monde de la grande diffusion déplace alors les cibles, autant qu’il affaiblit les lignes de compétences profondes d’un commanditaire qui délègue désormais son ambition à des commissions stériles, incapables de définir des lignes de conduite claires à des architectes qui s’installent peu à peu dans la désespérance. L’architecte et l’artiste se réfugient dans une réflexion plus sourde et plus confidentielle.

 

C’est avec Malraux, dans le XXe siècle d’après guerre, que la collusion des pouvoirs est voulue et s’impose. L’Etat promulgue des lois qui protègent les artistes, les auteurs et les architectes. Et leurs œuvres, aussi.

 

Les années Georges Pompidou et la période de la présidence de François Mitterrand réveillent à nouveau cette attirance irrépressible entre le pouvoir et l’artiste. Des œuvres importantes voient alors le jour (Beaubourg, la Pyramide du Louvre, l’Arche de la Défense), donnant à l’architecte la responsabilité d’interpréter le nouveau dynamisme culturel. Les créateurs agissent sur des univers rétrécis, mais mieux adaptés au rythme ultra-rapide d’une communication de plus en plus dévorante et dévastatrice.

 

Au début des années 2000, la part la plus importante de la commande passe des mains du secteur public à celles du secteur privé. Le journaliste François Lamarre (2) pointe du doigt le déficit de performance attendue entre la promesse des projets lancés et la réalité du résultat, quant il écrit « que les constructions engagées sous l’autorité d’une politique de prestige  sont dépassées et qu’on en récupère aujourd’hui que les débris inconséquents». C’est un fait établi, incontestable ! Bien des opérations de prestige, lancées il n’y a même que 10 ans, apparaissent à leur livraison décidemment trop tardive comme absurdes et dispendieuses. Ces bâtiments, souvent démonstratifs, voire grimaçants, sont les fruits trop mûrs d’une époque révolue. La gabegie est encore plus flagrante quand le contenu n’y est pas, ou quand il est inconsistant, la construction faisant fonction de programme et réalisant elle-même l’événement attendu. Que l’argent soit public ou pas, l’investissement obéit à de nouvelles règles d’économie et surtout d’efficience sociale .

 

L’architecte « nouvelle génération » est, dès lors, engagé malgré lui, dans une obligation de produire des réponses plus adaptées aux questions économiques et politiques et, de manière plus ciblées, à celles qui restent par la mutation ultra-rapide et sur-sophistiquée de nos sociétés. Pour y parvenir, il met en place des dispositifs méthodologiques qui fabriquent  les versions opérantes des projets modernes. Il favorise certaines aptitudes proches d’un art de synthèse qui le conduisent à inventer une forme nouvelle, plus personnelle et « d’un genre nouveau », plus réfléchie et plus complète………

 

Mais l’art n’est pas absent de la méthode. L’architecte en fait sa cible. La décision est diluée et se disperse avec le temps, quand en parallèle, la démocratie atteint le degré le plus pervers de son succès. Trop de concertations ont tué l’expressivité et la cohérence des projets. L’architecte, dont l’œuvre est prise, chaque jour d’avantage en otage par des professionnels du recours, s’interroge sur son rôle : est-ce que Brunelleschi, au moment d’entreprendre la coupole de la cathédrale de Florence, comme n’importe quel architecte aujourd’hui, aurait pu sortir indemne (ou simplement entendu) du croisement meurtrier des décisions engagées sur le terrain politique, par des élus, des collèges d’experts, des investisseurs et des associations qui se partagent le pouvoir ?.........

 

On peut toujours s’interroger sur ce que sera le profil exact de l’architecte de demain si on le redéfini d’après son rôle. En réponse à cette interrogation, on peu penser que l’architecte devrait tenir le rôle de celui qui garantit aux uns et aux autres « une esthétique minimum garantie » contre la nature même des parties. Les managers ont remplacé les ingénieurs après que les ingénieurs aient remplacé les architectes dans la conduite des affaires. La culture de la prévision d’aléas a supplanté le recours aux connaissances techniques qui présidaient à tous les projets. La renaissance de groupes d’individus capables de résister à l’encombrement de ces forces dispersées est urgente. Une fois évacuée la question sensible du pouvoir, l’architecte pourrait bien se distinguer par une position solide au croisement synthétique des urgences.

 

L’architecture de demain ne deviendra-t-elle pas le terrain de jeu privilégié des femmes (3)?

 

 

Le point de vue de l’ADIHBH-V

 

Selon l’auteur, la démocratie a atteint le degré le plus pervers de son succès, puisque trop de concertation tue l’expressivité  et la cohérence des projets de l’architecte. C’est un point de vue que nous respectons, mais faut-il encore rappeler que tous les architectes ne sont pas systématiquement des « Grand Prix de Rome ». Si nous faisons appel à nos souvenirs, nous sommes toujours à la recherche de l’expressivité originale et de la cohérence du projet d’aménagement de 2007 de la ZAC dite du Clos aux Biches et de la friche de Maille Horizon. Sans être des professionnels du recours contentieux dits « mafieux ou pas », et sans détenir le moindre pouvoir, hormis celui de la « pugnacité du citoyen », notre association de défense a pu stopper et peut être inverser l’ordre des choses grâce à de nombreuses contestations devant les Tribunaux Administratifs. Ce qui conduit aujourd’hui un autre cabinet d’architecte articulé autour d’une nouvelle génération de créateurs, à apporter immédiatement une réponse adaptée sur Maille Horizon-Nord, et vraisemblablement demain sur les Bas-Heurts.

 

Loin de nous l’idée de vouloir prendre l’architecte en otage, mais il doit comprendre qu’il faut modifier l’approche du bien commun et la méthodologie de prise de décision. Or, pour y parvenir, nous devons être capables de « penser la ville ensemble »,c’est-à-dire ne plus considérer qu’une seule élite, fut-elle architecte, soit capable de définir ce que seront « les conditions du vivre ensemble » dans un quartier réaménagé aujourd’hui et surtout demain.

 

 Autrement dit, négocier la ville et négocier la cité revient à reconsidérer le rôle de chacun des acteurs de la cité dans cet exercice politique majeur qu’est la concertation pour définir la ville de demain. Cela concerne les architectes, les élus, les ingénieurs, les experts, les associations  et les utilisateurs de la ville, ceux qui y habitent, y travaillent ou y trouvent leurs loisirs. Pour éviter un désenchantement démocratique,  le processus de concertation ne peut se résumer à quelques réunions publiques sur un projet urbain plus ou moins bien ficelé et orchestrées autour d’une argumentation chancelante, animées par un architecte servile d’un pouvoir politique aux décisions engagées.


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Contribution bibliographique.

 

(1)- Revue « Office et Culture » n°30 de novembre 2013, consacrée à l’aménagement des espaces de travail tertiaire. Toute notre gratitude à Madame Anne Démians qui a bien voulu nous communiquer sa publication suite à sa conférence du SIMI, le 05 décembre 2013.

 

(2) - François Lamarre, architecte DPLG, est venu au journalisme, via la recherche urbaine. Il a travaillé sur l'économie et la production du cadre bâti. Il collabore à divers titres de la presse spécialisée, et tient la rubrique « architecture » dans le quotidien Les Echos.

 

(3)- Pour la première fois depuis sa création en 1989, le Grand prix de l’urbanisme a été attribué à une femme, qui l’a reçu des mains de la Ministre de l’Ecologie Cécile Duflot, le 16 décembre à Paris. Chercheur, enseignante et praticienne, l’Italienne Paola Viganò explique sa démarche de projet et confronte les pratiques urbaines en France et à l’étranger.

 

 

Plaidoyer pour un habitat dense individualisé

Publié le par ADIHBH-V

 

POUR UN HABITAT DENSE

INDIVIDUALISE

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 Habitat dense-photo1 

 

 

Vivre sereinement entre ciel et jardin ; ainsi peut se traduire l’aspiration de plus de 85% des Français pour la maison individuelle. Une tendance forte et jamais démentie depuis plusieurs décennies. Toutefois aujourd’hui, de plus en plus de familles recherchent une alternative au pavillon traditionnel planté au milieu d’une grande parcelle, distant de toute commodité. Vivre sereinement, c’est aussi être à proximité des écoles, des commerces, d’une pharmacie  et du médecin de famille…et avoir la possibilité de se rendre au travail en transport en commun, même si la disparition de la voiture n’est pas pour demain.

 

Donc, posons-nous la question de savoir si la maison ou le Développement Durable, sont un dilemme insoluble ?

 

A l’heure du Développement Durable, l’utilisation efficace des sols est une ardente obligation. En conséquence, l’habitat individuel dense pourrait être une réponse en contribuant à enrichir les formes urbaines. Toutefois, la notion de densité urbaine est souvent perçue de façon négative car on l’assimile trop facilement à l’idée de concentration urbaine. Ainsi, réduire l’impact sur le confort du citadin demande beaucoup de savoir-faire de la part des acteurs de la ville : Demande des usagers, urbanistes, architectes, maîtres d’ouvrage, élus, politiques,……..

 

La densité est donc une affaire d’équilibre et de ressenti. Il s’agit de concevoir des projets sur mesure, en tirant parti des atouts et des contraintes de chaque site, c'est-à-dire,  inscrire les nouveaux quartiers d’habitat dans leur contexte particulier leur garantissant une assise pérenne et une identité propre. La méthodologie de la commune de Noisy-le-Grand en 2007 qui voulait  pratiquer la « tabula rasa » sur le quartier des Bas-Heurts, contigu à Maille Horizon – Nord, était donc totalement indigne, et politiquement discutable. Aujourd’hui, avec un nouveau cabinet d’architecture, nous attendons une autre réponse.

 

Il est donc essentiel d’aborder la densité par la forme urbaine afin de ne pas en avoir une vision restrictive ou faussée.  Densifier l’habitat de 50 à 100 logements /ha en moyenne, permet de densifier sereinement tout en rationalisant l’usage du foncier.

 

L’habitat individuel dense doit faire apparaître pour les habitants, trois avantages :

 

-       les qualités d’une maison,

-       les agréments d’un quartier,

-       un cadre paysager de qualité.

 

Grâce à ses multiples combinaisons de formes architecturales, l’habitat individuel dense répond à ces enjeux en alliant une qualité de cadre de vie avec une certaine densité urbaine. Groupé, imbriqué, superposé, l’habitat dense individualisé se modèle et s’adapte à toutes les situations pour prendre la forme de maisons en bande ou superposées, mais aussi de maisons mitoyennes, jumelées, accolées et bien d’autres formes d’assemblages encore. Ainsi, panacher toute une diversité de formes d’habitat sur un même site, c’est aussi renforcer la richesse du lieu et ménager des transitions subtiles avec les tissus urbains alentour.

 

 

Habitat dense -Photo 2

 

 

 

 

Habitat dense-Photo3

 

Outre l’avantage d’offrir une économie globale des terrains, l’habitat individuel dense offre à chaque logement un accès individualisé et un espace extérieur privé de taille variable. Par exemple :

 

Ø  pour l’habitat individuel groupé, un rez-de-jardin, une cour, un patio,…

Ø  pour l’habitat individuel superposé, une terrasse, un jardin,….

 

Ainsi, profitant du dehors en étant chez soi, l’habitant peut se détendre au soleil, manger dehors, et cultiver quelques plans de tomates. Architectes et urbanistes savent aujourd’hui marquer les limites entre espaces privés, communs et publics, en réalisant des espaces tampons pour articuler les espaces entre eux : loggias, balcons, vérandas, terrasse, perron, porche, cour d’entrée, impasse, venelle, allée. Sans oublier que ces disciplines font aussi appel à tout le répertoire paysager pour venir enrichir ces espaces : jardins d’agrément, parterres, haies, bosquets, arbres d’alignement …

 

La consultation de l’ouvrage de la Direction Générale de l’Aménagement du Logement et de la Nature (CERTU) : « Pour un habitat dense individuel », nous apprend que durant ces dernières années, ont été lancées de multiples opérations d’habitat individuel dense.

 

A titre d’exemple, nous avons recensé un programme situé à Stains (93). Il s’agit de 346 maisons individuelles s’implantant en bordure du parc départemental de la Courneuve (93). Cliquer sur : Parc Ilonia.

 

Cette expérience s’appuie sur de nouvelles donnes : la demande de l’usager d’espaces ouverts, d’immeubles à échelle humaine qui ne seront pas les ghettos de demain, la hausse du foncier et la volonté de freiner l’expansion urbaine.

 

L’habitat individuel dense, est aussi pour certains maîtres d’ouvrage, l’occasion de privilégié des solutions constructives moins classiques que la brique et le parpaing. Il s’agit notamment de l’utilisation du bois (préfabrication en usine des éléments de façade, réduction du temps de montage,…), certains panneaux d’habillages extérieurs et intérieurs (terre cuite double paroi, fibres de bois-crépi minéral, plâtre-laine de verre,…qui conjuguent isolation thermique, revêtement de qualité et parfois acoustique. Sans oublier les jeux de couleurs.

 

Panacher toute une diversité de formes d’habitat sur un même site, c’est aussi renforcer la richesse du lieu et aménager des transitions subtiles avec les tissus urbains alentour. En fait, les principaux arguments à faire valoir en faveur de l’habitat individuel dense sont :

 

Ø  Le caractère individuel avec les avantages de la vie collective,

Ø  Une réponse à un besoin d’espace vert,

Ø  Une souplesse d’évolution,

Ø  Une adaptation à tous les contextes urbains, particulièrement dans le rôle de transition avec un tissu pavillonnaire constitué comme celui des Bas-Heurts.

Ø  La garantie d’un minimum de charges pour les collectivités et les usagers,

Ø  Une capacité démontrée à recréer de la vie urbaine, dans la continuité de Maille Horizon-Nord.

 

En conclusion, conciliant densité urbaine raisonnable (50 à 100 log/ha) et besoin d’individualité, l’habitat dense individualisé répond aux aspirations d’une partie de la population en quête de nature, qui souhaite à la fois profiter de la proximité des services publics et bénéficier d’une qualité de cadre de vie, avec notamment un logement indépendant, dans lequel il est possible de s’approprier un espace extérieur.

 

Soyons intelligent, cela pourrait être le quartier des Bas-Heurts de demain…..

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Contribution bibliographique :

            - Pour un habitat dense individualisé, 20 formes urbaines diverses et contextuelles,

              n°82 - Editions du CERTU, www.certu.fr