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Architecture et Pouvoir, une relation complexe...

Publié le par ADIHBH-V

 

 

LES ARCHITECTES

ET LE POUVOIR

 


Campus SG - Photo 1

   Futur campus de la Société Générale, Val-de-Fontenay (94),

Architecture Anne Démians

 

Anne DémiansDans la revue « Office et Culture » (1), consacrée à l’aménagement des espaces de travail tertiaire, Anne Démians explore les relations compliquées qu’architectes et artistes entretiennent avec le(s) pouvoir(s).

 

Après des études à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles, Anne Démians fonde sa première agence en 1995 et créée en 2003 AAD Architectures Anne Démians. Elle revendique la disponibilité comme attitude avec pour objectif la diversité. Depuis 2004, elle est lauréate de plusieurs concours tel qu’en 2011, le Campus tertiaire de la Société Générale, un immeuble de bureaux et services associés de 90 000m2 et 5.000 personnes à Val-de-Fontenay (94). 

 

Une Architecte-Urbaniste touche à tout. Elle enseigne cette année l’Architecture à l’Université Paris-Dauphine dans le cadre du Master en « Management de l'immobilier ». Depuis 2010, elle est membre de la Commission chargée par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire de réfléchir aux applications et évolutions de la nouvelle règlementation.

 

Les architectes et le(s) pouvoir(s). Extrait…..

 

Campus SG - Photo2

 

 

 

De tous temps, les architectes et les artistes ont placé l’art au service des grandes causes et entretenu avec le pouvoir des relations compliquées. Les créatifs et les gens de pouvoir se sont souvent croisés, rapprochés ou même affrontés. Ils se sont influencés et se sont souvent rendus « complices » d’œuvres majeures.

 

Le conflit (ou le divorce) entre l’art et le pouvoir ne peut donc exister, car l’artiste et l’architecte sont des éléments structurants du jeu complexe qui les rapproche de l’autorité politique qu’ils ont toujours accompagnée, soit en la servant, soit en l’exerçant. On s’aperçoit qu’à travers le temps, l’influence de l’autorité s’épuise. La société moderne trouve d’autres moyens d’exprimer sa puissance ou les formes de sa politique. C’est la communication, poussée à l’extrême qui commande alors, et vient se mettre entre les arts et le pouvoir, constituant une inévitable troisième force qui change la règle du jeu. Le monde de la grande diffusion déplace alors les cibles, autant qu’il affaiblit les lignes de compétences profondes d’un commanditaire qui délègue désormais son ambition à des commissions stériles, incapables de définir des lignes de conduite claires à des architectes qui s’installent peu à peu dans la désespérance. L’architecte et l’artiste se réfugient dans une réflexion plus sourde et plus confidentielle.

 

C’est avec Malraux, dans le XXe siècle d’après guerre, que la collusion des pouvoirs est voulue et s’impose. L’Etat promulgue des lois qui protègent les artistes, les auteurs et les architectes. Et leurs œuvres, aussi.

 

Les années Georges Pompidou et la période de la présidence de François Mitterrand réveillent à nouveau cette attirance irrépressible entre le pouvoir et l’artiste. Des œuvres importantes voient alors le jour (Beaubourg, la Pyramide du Louvre, l’Arche de la Défense), donnant à l’architecte la responsabilité d’interpréter le nouveau dynamisme culturel. Les créateurs agissent sur des univers rétrécis, mais mieux adaptés au rythme ultra-rapide d’une communication de plus en plus dévorante et dévastatrice.

 

Au début des années 2000, la part la plus importante de la commande passe des mains du secteur public à celles du secteur privé. Le journaliste François Lamarre (2) pointe du doigt le déficit de performance attendue entre la promesse des projets lancés et la réalité du résultat, quant il écrit « que les constructions engagées sous l’autorité d’une politique de prestige  sont dépassées et qu’on en récupère aujourd’hui que les débris inconséquents». C’est un fait établi, incontestable ! Bien des opérations de prestige, lancées il n’y a même que 10 ans, apparaissent à leur livraison décidemment trop tardive comme absurdes et dispendieuses. Ces bâtiments, souvent démonstratifs, voire grimaçants, sont les fruits trop mûrs d’une époque révolue. La gabegie est encore plus flagrante quand le contenu n’y est pas, ou quand il est inconsistant, la construction faisant fonction de programme et réalisant elle-même l’événement attendu. Que l’argent soit public ou pas, l’investissement obéit à de nouvelles règles d’économie et surtout d’efficience sociale .

 

L’architecte « nouvelle génération » est, dès lors, engagé malgré lui, dans une obligation de produire des réponses plus adaptées aux questions économiques et politiques et, de manière plus ciblées, à celles qui restent par la mutation ultra-rapide et sur-sophistiquée de nos sociétés. Pour y parvenir, il met en place des dispositifs méthodologiques qui fabriquent  les versions opérantes des projets modernes. Il favorise certaines aptitudes proches d’un art de synthèse qui le conduisent à inventer une forme nouvelle, plus personnelle et « d’un genre nouveau », plus réfléchie et plus complète………

 

Mais l’art n’est pas absent de la méthode. L’architecte en fait sa cible. La décision est diluée et se disperse avec le temps, quand en parallèle, la démocratie atteint le degré le plus pervers de son succès. Trop de concertations ont tué l’expressivité et la cohérence des projets. L’architecte, dont l’œuvre est prise, chaque jour d’avantage en otage par des professionnels du recours, s’interroge sur son rôle : est-ce que Brunelleschi, au moment d’entreprendre la coupole de la cathédrale de Florence, comme n’importe quel architecte aujourd’hui, aurait pu sortir indemne (ou simplement entendu) du croisement meurtrier des décisions engagées sur le terrain politique, par des élus, des collèges d’experts, des investisseurs et des associations qui se partagent le pouvoir ?.........

 

On peut toujours s’interroger sur ce que sera le profil exact de l’architecte de demain si on le redéfini d’après son rôle. En réponse à cette interrogation, on peu penser que l’architecte devrait tenir le rôle de celui qui garantit aux uns et aux autres « une esthétique minimum garantie » contre la nature même des parties. Les managers ont remplacé les ingénieurs après que les ingénieurs aient remplacé les architectes dans la conduite des affaires. La culture de la prévision d’aléas a supplanté le recours aux connaissances techniques qui présidaient à tous les projets. La renaissance de groupes d’individus capables de résister à l’encombrement de ces forces dispersées est urgente. Une fois évacuée la question sensible du pouvoir, l’architecte pourrait bien se distinguer par une position solide au croisement synthétique des urgences.

 

L’architecture de demain ne deviendra-t-elle pas le terrain de jeu privilégié des femmes (3)?

 

 

Le point de vue de l’ADIHBH-V

 

Selon l’auteur, la démocratie a atteint le degré le plus pervers de son succès, puisque trop de concertation tue l’expressivité  et la cohérence des projets de l’architecte. C’est un point de vue que nous respectons, mais faut-il encore rappeler que tous les architectes ne sont pas systématiquement des « Grand Prix de Rome ». Si nous faisons appel à nos souvenirs, nous sommes toujours à la recherche de l’expressivité originale et de la cohérence du projet d’aménagement de 2007 de la ZAC dite du Clos aux Biches et de la friche de Maille Horizon. Sans être des professionnels du recours contentieux dits « mafieux ou pas », et sans détenir le moindre pouvoir, hormis celui de la « pugnacité du citoyen », notre association de défense a pu stopper et peut être inverser l’ordre des choses grâce à de nombreuses contestations devant les Tribunaux Administratifs. Ce qui conduit aujourd’hui un autre cabinet d’architecte articulé autour d’une nouvelle génération de créateurs, à apporter immédiatement une réponse adaptée sur Maille Horizon-Nord, et vraisemblablement demain sur les Bas-Heurts.

 

Loin de nous l’idée de vouloir prendre l’architecte en otage, mais il doit comprendre qu’il faut modifier l’approche du bien commun et la méthodologie de prise de décision. Or, pour y parvenir, nous devons être capables de « penser la ville ensemble »,c’est-à-dire ne plus considérer qu’une seule élite, fut-elle architecte, soit capable de définir ce que seront « les conditions du vivre ensemble » dans un quartier réaménagé aujourd’hui et surtout demain.

 

 Autrement dit, négocier la ville et négocier la cité revient à reconsidérer le rôle de chacun des acteurs de la cité dans cet exercice politique majeur qu’est la concertation pour définir la ville de demain. Cela concerne les architectes, les élus, les ingénieurs, les experts, les associations  et les utilisateurs de la ville, ceux qui y habitent, y travaillent ou y trouvent leurs loisirs. Pour éviter un désenchantement démocratique,  le processus de concertation ne peut se résumer à quelques réunions publiques sur un projet urbain plus ou moins bien ficelé et orchestrées autour d’une argumentation chancelante, animées par un architecte servile d’un pouvoir politique aux décisions engagées.


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Contribution bibliographique.

 

(1)- Revue « Office et Culture » n°30 de novembre 2013, consacrée à l’aménagement des espaces de travail tertiaire. Toute notre gratitude à Madame Anne Démians qui a bien voulu nous communiquer sa publication suite à sa conférence du SIMI, le 05 décembre 2013.

 

(2) - François Lamarre, architecte DPLG, est venu au journalisme, via la recherche urbaine. Il a travaillé sur l'économie et la production du cadre bâti. Il collabore à divers titres de la presse spécialisée, et tient la rubrique « architecture » dans le quotidien Les Echos.

 

(3)- Pour la première fois depuis sa création en 1989, le Grand prix de l’urbanisme a été attribué à une femme, qui l’a reçu des mains de la Ministre de l’Ecologie Cécile Duflot, le 16 décembre à Paris. Chercheur, enseignante et praticienne, l’Italienne Paola Viganò explique sa démarche de projet et confronte les pratiques urbaines en France et à l’étranger.

 

 

Plaidoyer pour un habitat dense individualisé

Publié le par ADIHBH-V

 

POUR UN HABITAT DENSE

INDIVIDUALISE

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 Habitat dense-photo1 

 

 

Vivre sereinement entre ciel et jardin ; ainsi peut se traduire l’aspiration de plus de 85% des Français pour la maison individuelle. Une tendance forte et jamais démentie depuis plusieurs décennies. Toutefois aujourd’hui, de plus en plus de familles recherchent une alternative au pavillon traditionnel planté au milieu d’une grande parcelle, distant de toute commodité. Vivre sereinement, c’est aussi être à proximité des écoles, des commerces, d’une pharmacie  et du médecin de famille…et avoir la possibilité de se rendre au travail en transport en commun, même si la disparition de la voiture n’est pas pour demain.

 

Donc, posons-nous la question de savoir si la maison ou le Développement Durable, sont un dilemme insoluble ?

 

A l’heure du Développement Durable, l’utilisation efficace des sols est une ardente obligation. En conséquence, l’habitat individuel dense pourrait être une réponse en contribuant à enrichir les formes urbaines. Toutefois, la notion de densité urbaine est souvent perçue de façon négative car on l’assimile trop facilement à l’idée de concentration urbaine. Ainsi, réduire l’impact sur le confort du citadin demande beaucoup de savoir-faire de la part des acteurs de la ville : Demande des usagers, urbanistes, architectes, maîtres d’ouvrage, élus, politiques,……..

 

La densité est donc une affaire d’équilibre et de ressenti. Il s’agit de concevoir des projets sur mesure, en tirant parti des atouts et des contraintes de chaque site, c'est-à-dire,  inscrire les nouveaux quartiers d’habitat dans leur contexte particulier leur garantissant une assise pérenne et une identité propre. La méthodologie de la commune de Noisy-le-Grand en 2007 qui voulait  pratiquer la « tabula rasa » sur le quartier des Bas-Heurts, contigu à Maille Horizon – Nord, était donc totalement indigne, et politiquement discutable. Aujourd’hui, avec un nouveau cabinet d’architecture, nous attendons une autre réponse.

 

Il est donc essentiel d’aborder la densité par la forme urbaine afin de ne pas en avoir une vision restrictive ou faussée.  Densifier l’habitat de 50 à 100 logements /ha en moyenne, permet de densifier sereinement tout en rationalisant l’usage du foncier.

 

L’habitat individuel dense doit faire apparaître pour les habitants, trois avantages :

 

-       les qualités d’une maison,

-       les agréments d’un quartier,

-       un cadre paysager de qualité.

 

Grâce à ses multiples combinaisons de formes architecturales, l’habitat individuel dense répond à ces enjeux en alliant une qualité de cadre de vie avec une certaine densité urbaine. Groupé, imbriqué, superposé, l’habitat dense individualisé se modèle et s’adapte à toutes les situations pour prendre la forme de maisons en bande ou superposées, mais aussi de maisons mitoyennes, jumelées, accolées et bien d’autres formes d’assemblages encore. Ainsi, panacher toute une diversité de formes d’habitat sur un même site, c’est aussi renforcer la richesse du lieu et ménager des transitions subtiles avec les tissus urbains alentour.

 

 

Habitat dense -Photo 2

 

 

 

 

Habitat dense-Photo3

 

Outre l’avantage d’offrir une économie globale des terrains, l’habitat individuel dense offre à chaque logement un accès individualisé et un espace extérieur privé de taille variable. Par exemple :

 

Ø  pour l’habitat individuel groupé, un rez-de-jardin, une cour, un patio,…

Ø  pour l’habitat individuel superposé, une terrasse, un jardin,….

 

Ainsi, profitant du dehors en étant chez soi, l’habitant peut se détendre au soleil, manger dehors, et cultiver quelques plans de tomates. Architectes et urbanistes savent aujourd’hui marquer les limites entre espaces privés, communs et publics, en réalisant des espaces tampons pour articuler les espaces entre eux : loggias, balcons, vérandas, terrasse, perron, porche, cour d’entrée, impasse, venelle, allée. Sans oublier que ces disciplines font aussi appel à tout le répertoire paysager pour venir enrichir ces espaces : jardins d’agrément, parterres, haies, bosquets, arbres d’alignement …

 

La consultation de l’ouvrage de la Direction Générale de l’Aménagement du Logement et de la Nature (CERTU) : « Pour un habitat dense individuel », nous apprend que durant ces dernières années, ont été lancées de multiples opérations d’habitat individuel dense.

 

A titre d’exemple, nous avons recensé un programme situé à Stains (93). Il s’agit de 346 maisons individuelles s’implantant en bordure du parc départemental de la Courneuve (93). Cliquer sur : Parc Ilonia.

 

Cette expérience s’appuie sur de nouvelles donnes : la demande de l’usager d’espaces ouverts, d’immeubles à échelle humaine qui ne seront pas les ghettos de demain, la hausse du foncier et la volonté de freiner l’expansion urbaine.

 

L’habitat individuel dense, est aussi pour certains maîtres d’ouvrage, l’occasion de privilégié des solutions constructives moins classiques que la brique et le parpaing. Il s’agit notamment de l’utilisation du bois (préfabrication en usine des éléments de façade, réduction du temps de montage,…), certains panneaux d’habillages extérieurs et intérieurs (terre cuite double paroi, fibres de bois-crépi minéral, plâtre-laine de verre,…qui conjuguent isolation thermique, revêtement de qualité et parfois acoustique. Sans oublier les jeux de couleurs.

 

Panacher toute une diversité de formes d’habitat sur un même site, c’est aussi renforcer la richesse du lieu et aménager des transitions subtiles avec les tissus urbains alentour. En fait, les principaux arguments à faire valoir en faveur de l’habitat individuel dense sont :

 

Ø  Le caractère individuel avec les avantages de la vie collective,

Ø  Une réponse à un besoin d’espace vert,

Ø  Une souplesse d’évolution,

Ø  Une adaptation à tous les contextes urbains, particulièrement dans le rôle de transition avec un tissu pavillonnaire constitué comme celui des Bas-Heurts.

Ø  La garantie d’un minimum de charges pour les collectivités et les usagers,

Ø  Une capacité démontrée à recréer de la vie urbaine, dans la continuité de Maille Horizon-Nord.

 

En conclusion, conciliant densité urbaine raisonnable (50 à 100 log/ha) et besoin d’individualité, l’habitat dense individualisé répond aux aspirations d’une partie de la population en quête de nature, qui souhaite à la fois profiter de la proximité des services publics et bénéficier d’une qualité de cadre de vie, avec notamment un logement indépendant, dans lequel il est possible de s’approprier un espace extérieur.

 

Soyons intelligent, cela pourrait être le quartier des Bas-Heurts de demain…..

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Contribution bibliographique :

            - Pour un habitat dense individualisé, 20 formes urbaines diverses et contextuelles,

              n°82 - Editions du CERTU, www.certu.fr

 

 

La division des maisons individuelles, une solution pour la densification de l'espace urbain ?

Publié le par ADIHBH-V

LA DIVISION DES MAISONS

INDIVIDUELLES.

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Division des MI - Photo 1

 

 

 

 

La densification pavillonnaire  recouvre des pratiques variées. Dans nos billets du 17/11/2013, Cliquer sur : Un nouveau mode de développement urbain et du 24/11/2013, Cliquer sur : Densifier le tissu pavillonnaire nous avons abordé la « division parcellaire » basée sur les expérimentations baptisées BIMBY. La « division interne des maisons individuelles » que nous abordons aujourd’hui est un autre concept de densification dont la pratique est déjà ancienne. Ces deux pratiques sont qualifiées par certains chercheurs de « passagers clandestins » de l’urbanisme, si elles ne sont pas conformes au règlement d’urbanisme et non assumées politiquement à priori par les élus.

 

L’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme (IAU) d’Ile-de-France publie une étude (1) qui analyse les processus de densification résidentielle, notamment dans le tissu pavillonnaire, et les stratégies mises en œuvre par les acteurs locaux vis-à-vis de la densification.

 

De nombreux acteurs locaux ont exprimé leurs inquiétudes face à l’émergence d’un processus de division « spontanée » du tissu pavillonnaire. Quels volumes représentent-t-il ? Quels logements produits et pour qui ? Comment cette dynamique peut-elle être observée et maîtrisée par les pouvoirs publics ?

 

Cette étude enregistrée entre 1999 et 2008, montre que dans 62% des communes franciliennes, sur cette période, le parc de logements a augmenté sans aucune croissance de la surface dédiée à l’habitat (3). De même, on observe qu’un logement sur quatre apparu entre 2001 et 2011 était issu de la restructuration du parc existant.

 

Enjeux et réalité ; une méconnaissance du phénomène !

 

Cette forme de division pavillonnaire, produite par des processus qui ne s’inscrivent pas toujours dans une volonté politique locale ou dans des actions publiques maîtrisées, reste mal connue et difficilement mesurable, puisque certains logements peuvent être divisés hors de tout cadre légal. Hormis une densification douce accompagnée par des acteurs publics, tel que le laisse prévoir les promoteurs des expérimentations BIMBY, la division sauvage des tissus  pavillonnaires porte le risque de constitution de multiples micro-copropriétés dégradées. Ce phénomène est loin d’être négligeable puisque l’IAU, au travers du fichier logement de la Direction générale des impôts, estime à près de 2.000 le nombre de logements produits chaque année en Ile-de-France par la division de 770 logements individuels, ce qui représente environ 20% des 3.900 pavillons qui disparaissent en moyenne tous les ans.

 

En termes géographique, la division du tissu pavillonnaire s’observe surtout dans les communes de banlieue populaires bien insérées dans le réseau de transport en commun de l’agglomération.  C’est ainsi en Seine-Saint-Denis que le phénomène apparaît le plus prégnant, avec 1.500 pavillons divisés sur la période 2001-2011, pour un dépa            rtement représentant 19% des maisons divisées, alors qu’il ne représente que 16% du parc disparu en Ile-de-France.

 

Les logements ainsi produits sont à 68% des appartements  locatifs. Ils s’adressent à des locataires modestes (entre 25 et 45 ans), en début de parcours résidentiel. 81% ont des revenus inférieurs aux plafonds HLM PLUS (Prêt Locatif à Usage Social) et 49% inférieurs aux plafonds HLM PLAI (Prêt Locatif Aidé d’Intégration), avec un maximum de 62% en Seine-Saint-Denis. La moitié de ces locataires disposent de moins de 23 m²/personne, contre 30 m² pour les propriétaires occupants, et 18% des ménages occupent un logement sur-occupé. Ce taux pouvant aller jusqu’à 30% en Seine-Saint-Denis.

 

Des diviseurs de pavillons aux logiques variées.

 

De leur côté, les « diviseurs » obéissent à « une logique de subsistance », avec toutefois des cas de figures variables pour les propriétaires occupants :

 

-       logique de regroupement familial ; accueil des séniors ou maintien dans les lieux de jeunes adultes (le phénomène Tanguy),

-    logique financière conduisant certains propriétaires occupants à trouver un complément de revenu,

-       logique d’accédants modestes qui trouvent dans la division du pavillon une occasion d’acheter sur un marché tendu, grâce à un complément de revenu locatif de leur bien.

 

Finalement, pour les propriétaires bailleurs, la division pavillonnaire correspond essentiellement à une logique d’investissement.

 

Quels enjeux pour les collectivités ?

 

Ces deux types de densification mêlés risquent de  produire une offre déconnectée des logiques de la planification locale et d’une analyse des capacités des infrastructures de la commune à absorber les besoins de la population En effet, dans ce cas de figure,  ne seraient pas pris en compte les équipements scolaires, la consommation et le traitement des eaux, la gestion des déchets, les aides sociales,…..

 

C’est particulièrement vrai en ce qui concerne le processus de « densification par division interne des pavillons » lorsque les modifications apportées n’impactent ni les ouvertures extérieures du logement, ni sa surface de plancher. Face à ce phénomène, les communes sont confrontées à la fois à des difficultés de repérage et d’anticipation, mais aussi au manque de cadre juridique pour encadrer ces pratiques.

 

Face à cela, les collectivités sont prises entre deux écueils : bloquer toute possibilité d’évolution du bâti et tenter d’instituer des cadres plus restrictifs, mais en ignorant les besoins auxquels ces logements répondent, ou tenter d’accompagner ce processus de densification tout en le régulant afin d’éviter le risque de ne pas maîtriser la qualité, et de se retrouver confrontées à des besoins sociaux auxquels elles ne peuvent faire face.

 

Un amendement au projet de Loi Alur (Accès au Logement et un Urbanisme Rénové) prévoit, s’il est définitivement adopté, d’instaurer une déclaration obligatoire de travaux de division pavillonnaire, ce qui permettrait au Maire d’exercer un contrôle a priori.

 

Conclusion,

 

Pour chaque type de densification, l’acceptation et l’appréciation  des bénéfices individuels, doivent s’inscrire dans le cadre d’un projet urbain participatif élaboré par et pour les habitants du quartier et s’accompagner de bénéfices collectifs pour l’ensemble des habitants. Délibérément collective, cette démarche doit être initiée par les élus,  animée et alimentée par une équipe de professionnels aux compétences variées, au travers d’ateliers d’urbanismes.

 

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Contribution bibliographique :

 

1-     Note rapide n° 633, octobre 2013 : La division des maisons individuelles au cœur de l’Ile-de-France – IAU Ile-de-France,

2-     Note rapide n° 567, septembre 2011 : Processus et politique de densification de l’habitat en Ile-de-France – IAU Ile-de-France

3- Comprenons le remplacement de logements anciens par des logements plus nombreux mais plus petits, ce qui abouti au final à la même surface habitable.

 

"3ème marché de Noël".... à ne pas manquer !

Publié le par ADIHBH-V

3e MARCHE DE NOËL SUR

LA GARENNE

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   Affiche-3e Marché de Noël 

 Certains connaissent déjà !

 

Nos amis Nicole et Pierre, membres historiques de l’ADIHBH-V, ont le plaisir de nous annoncer la 3e Edition du Marché de Noël qu’ils organisent à leur domicile, 38 rue des Aulnettes, sur le quartier de La Garenne à Bry-sur-Marne, le 14 décembre prochain.

 

Un  Marché de Noël privé, en présence de plusieurs amies exposantes. Convivialité, ambiance  et échanges seront au rendez-vous de cette amicale journée.

 

Ils espèrent recevoir votre visite et ainsi vous proposer de passer un agréable moment en leur compagnie. Laissons-vous séduire par l’atmosphère intime et chaleureuse de cette rencontre.

 

N’hésitez pas à faire suivre cette invitation à vos proches.

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Maille Horizon-Nord : adoption du projet

Publié le par ADIHBH-V

 

ADOPTION DU PROJET DE "MAILLE HORIZON-NORD"

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MH-N - Projet adopté -Photo1 

Le projet d’aménagement du secteur "Maille Horizon-Nord" délimité par la rue des Bas Heurts, la route de Neuilly, le boulevard du Mont d’Est et la rue Georges Méliès, a été adopté le 20 novembre 2013, par délibération du Conseil Municipal.

 

La mise en œuvre de ce projet est prévue en deux temps. Elle concerne en premier lieu la réalisation des infrastructures routières, des voiries et réseaux divers ainsi que des aménagements publics puis, en second lieu, la construction mixte des îlots avec logements, bureaux et commerces.

 

La première partie comprend :

 

- L’aménagement des espaces publics du Grand Balcon :

- la promenade haute,

- la promenade basse, qui accompagne la rue des coteaux,

- la place haute.

- L’aménagement du parc du coteau,

- La requalification des trottoirs Ouest du boulevard du Mont d’Est et de la route de

  Neuilly.

- La création de voies nouvelles :

                   - la rue des coteaux,

                   - le prolongement de l’avenue Montaigne,

                   - les deux venelles du Coteau, qui constituent les dessertes résidentielles

                     des futurs îlots et du parc.

- La requalification de la rue des Bas Heurts et du haut de la rue des Aulnettes.

- La création de l’ensemble des réseaux divers.

 

« Ainsi, le projet du secteur "Maille Horizon-Nord" permettra de poursuivre le développement du pôle d’affaires du Mont d’Est. En outre, l’aménagement des espaces publics participera à la création d’un nouvel axe structurant Est/Ouest et à l’organisation du tissu urbain, façonnant une nouvelle façade pour Noisy-le-Grand et tissant ainsi des continuités urbaines avec les quartiers environnants.

 

Ces aménagements permettront également de requalifier cette réserve foncière de 15 ha longtemps abandonnée qui contribue, par sa seule vacance, à l’image dégradée du site et des quartiers environnants.

 

En conclusion, la création de ces espaces publics, d’un montant estimé aujourd’hui à 30 millions d’euros HT, permettra de :

 

- Requalifier des terrains en friches,

- Créer une desserte des futurs logements dont la construction est considérée comme prioritaire et urgente, tant par la Commune que par l’Etat et la Région,

- Créer la desserte des futurs immeubles de bureaux dont la création contribuera au rééquilibrage Est/Ouest au sein de la Région Ile-de-France,

- Desservir et mettre en valeur les grands équipements d’excellence que sont le collège et le Lycée International,

- Offrir un parc urbain de qualité aux habitants des quartiers Ouest et des futurs collégiens, lycéens, habitants, salariés de ce site,

- Faire dialoguer le nouveau quartier avec les quartiers existants et créer des liens entre ces quartiers et le reste de la ville,

- Contribuer à la création d’un quartier équitable et durable. »

 

 

Déclaration de Marylise Martins –UDI

 

Audio

 

Déclarations de Michel Pajon et Michel Miersman

 

Audio

 

Déclaration de Véronique Jacquet – Noisy solidaire

 

Audio

 

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Informations complémentaires :

 

1-     Sur observation de l’ADIHBH-V, il est à noter que suite à l’Enquête Publique, l’erreur matérielle suivante a été corrigée au sein de l’Etude d’Impact, à savoir : « Le prolongement de la rue du Regard vers la rue Léon Menu sur la Commune de Bry-sur-Marne a été supprimé du plan figurant en page 237 ».

 

2-     Dans le cadre de l’aménagement des espaces publics du secteur de « Maille Horizon-Nord », le marché de travaux a été décomposé en quatre lots séparés, et attribué aux Sociétés suivantes :

 

- lot n°1 : Voirie réseaux divers (VRD) (démolitions, terrassement, fourreaux et câble de terre pour éclairage, mobiliers, VRD). Attribution : Société TOUZET pour un montant de 2.889.643,27 € HT ;

 

- lot n°2 : Eclairage (mobiliers d’éclairage, câblage électrique, armoire). Attribution : Société INEO, pour un montant de 418.996,20 € HT,

 

- Lot n°3 : Génie civil, maçonnerie, serrurerie (murs, parements, couvertine, emmarchements, fontainerie). Attribution : Société RAZEL pour un montant de 1.807.535,14 € HT,

 

- Lot n°4 : Espaces verts (terre végétale, terrassement complémentaire, élagage, plantation, arrosage). Attribution : Société EUROVERT, pour un montant de 472.521,58 € HT.