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21 articles avec articles de journaux

La mixité sociale des projets immobiliers en question ? Exemple de Maille Horizon Nord à Noisy le Grand

Publié le par ADIHBH-V

À NOISY-LE-GRAND,


 LA ZAC DE


MAILLE-HORIZON NORD,


 UN OUTIL DE DÉ-MIXITÉ
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@DVA

@DVA

Pour contenter la fibre urbaine des maires de plus en plus bâtisseurs autant que le besoin des habitants et le carnet de commandes des opérateurs économiques, la fabrique du cadre de ville doit-elle nécessairement suivre l’air du temps ? A Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, un nouveau quartier met à mal la « mixité » tant vantée.


Dans la vie quotidienne, dans la presse écrite, sur les fils des immanquables réseaux sociaux qui font désormais la loi, lors de discussions entre gens éclairés ou au bistrot du coin, d’aucuns constatent une uniformisation des discours sur à peu près tout et rien. La vacuité des solutions apportées par les sachants ou les néophytes touchent aussi à l’urbanisme. Résultat, une sorte de totalitarisme inculte de l’instant.


Le vide intellectuel qui traverse aujourd’hui notre société, au profit d’une foultitudes d’idées toutes-faites-bien-propres, ternit aussi l’aménagement du territoire, notamment à cause d’un verbiage désormais policé. En effet, si les discours ont au départ une épaisseur, leur teneur se retrouve au fil des ans fort rabotée par des appropriations et approximations politico-opportunistes des élus des métropoles comme ceux des villes moyennes.

 

@Rolinet et associés

@Rolinet et associés

Bien sûr, au risque d’apparaître réactionnaire et de se faire lyncher sur les réseaux sociaux, qui ose encore combattre les belles idées et grandes images pleines de verdure, de jeunes enfants sur leurs vélos en bois allant chercher, heureux et guillerets, la baguette du dimanche, accompagnés de papa et maman affichant le sourire béat de ceux ayant réussi dans la vie ? Surtout lorsque le quartier est annoncé « mixte », « moderne », « bienveillant » ! Même à Noisy-le-Grand, sixième ville la plus peuplée de Seine-Saint-Denis ?


Pour le vérifier, un petit tour s’impose dans ces nouveaux quartiers ayant poussé à l’orée des métropoles, vendus par des promoteurs peu scrupuleux et des villes opportunistes à des habitants heureux d’afficher leur bonne fortune au cœur de la pointe architecturale. Partons donc à Noisy-le-Grand, dans le quartier Maille-Horizon, qui sort à peine de terre.

@Les maçons parisiens

@Les maçons parisiens

Noter en premier lieu qu’un quartier est rarement livré clé en main. Comprendre, qu’au mieux, le nouvel acquéreur aura un peu de boue aux pieds en attendant patiemment que la verdure mise en exergue sur le catalogue soit au rendez-vous. Au pire, ce sont les voisins qui risquent de manquer à l’appel, quand les opérations immobilières peinent à trouver preneur pour T3 mono-orienté nord et cuisine ouverte au prix d’un classique T4 de centre-ville avec cuisine fermée. C’est ce qui se passe à Noisy, les premiers lots à peine livrés, les autres sont à peine commencés, le paysage proposé en ce moment est un quartier boueux planté de grues et où le gris béton monte à vive-allure.


L’ADN de l’urbanisme de Noisy-le-Grand est déjà extrêmement compliqué. La ZAC Maille-Horizon est située à quelques encablures de l’imposant espace d’Abraxas et du Palaccio de Ricardo Bofill. Plutôt que de prendre les problèmes sociaux à bras-le-corps et d’envisager une réhabilitation des ensembles postmodernistes, Brigitte Marsigny, maire LR de la commune préfère miser sur la jeunesse et l’attrait provoqué un peu plus loin par l’effervescence autour de la gare de Champs-sur-Marne et des universités. Dans le fond, la mixité n’est pas encore le cœur du problème.

 

@Rolinet et associes

@Rolinet et associes

Forcément, le vinyle de la gentille mélodie du bonheur qui se faisait entendre lors de la présentation des perspectives a commencé à s’enrayer dès que sont sortis de terre les premiers logements. De fait, les perspectives de ces opérations pourraient tout aussi bien être situées à Toulouse ou Villefranche-sur-Saône sans provoquer ni plus ni moins d’émotions, architecturale mais aussi humaines.


Qui blâmer pour améliorer le système ? Un maire arriviste et mal conseillé ? Un aménageur sans ambition ? Des opérateurs dont le seul but est de dégager des bénéfices financiers ? Des architectes qui arrivent en fin de parcours, une fois que tout est acté ?


Après s’être donc interrogé sur la pertinence architecturale du projet de résidence universitaire conçut par l’agence Bofill pour le promoteur Pichet, face au Palaccio et en proue de quartier, profitons que l’horizon est encore un peu dégagé pour observer le futur quartier.

@Valero Gadan

@Valero Gadan

Ici, 60 000 m² de bureaux et environ 800 logements, dont 30% en HLM, sont au programme. De quoi faire augmenter les prix des appartements pour ceux qui peuvent s’en offrir un. De quoi aussi espérer la fameuse architecture sobre et minimaliste vendue à tout va pour soigner un peu les stigmates nés des Arcades.

D’ailleurs, les agences d’architecture élues ont de belles références et ne sont pas des ravis de la crèche : Atelier Dupont, Zundel et Cristea, Valero-Gadan, Fabienne Guerin-Jean, Baudoin-Bergeron ou encore Gaétan Le Penhuel. Mais, même pour eux, ça coince un peu. A 4 900 €/m² acheteur pour un T2 de 40 m², il ne faut pas espérer de miracles.

@Valero Gadan

@Valero Gadan

Les premiers bâtiments sortis de terre laissent dubitatifs. Pour les structures bois, il faudra ostensiblement repasser. Vu des chantiers, même pas une petite structure mixte à l’horizon. Comme quoi les lacunes sur la mixité concernent aussi les matériaux.


Retour aux perspectives. Qu’elles soient celles de Nexity, Pichet ou BNP Paribas, peu importe puisqu’elles montrent pour ainsi dire la même ville fabriquée hors-sol pour une maire omnipotente, par des promoteurs qui ne considèrent les architectes que bons à signer des permis de construire.


Revenons à l’enfant sur son vélo et ses parents heureux de vivre là. Chacun est bien blanc. Pourtant, à Noisy-le-Grand, 24% de la population est immigrée, et 16% est étrangère**, soit environ 40 % des habitants. Probablement que beaucoup d’entre eux voudront habiter à Maille-Horizon. Mais où sont-ils sur les perspectives ?

 

@Arthur Weidmann

@Arthur Weidmann

Finalement, la seule émotion que traduisent ces nouveaux quartiers sans grandes ambitions ni humaine ni architecturale est celle d’un bilan financier – pas franchement rutilant d’ailleurs – révélateur du cynisme qui fabrique aujourd’hui ces nouveaux quartiers dans les banlieues mine de rien toujours plus délaissées. Dans la ville dessinée pour être vendue (au maire, à l’aménageur, aux acquéreurs…), où est donc passé le rapport à l’humain ? Dans un quartier financé avec 30% de logements sociaux, la mixité devrait nécessairement apparaître éclatante.


Excepté que la réalité de ces quartiers imaginés à la va-vite est toute autre. Au sein de villes complexes, les aménageurs créent de nouvelles enclaves urbaines réservées à ceux qui ont les moyens d’y vivre et où il y a fort à parier que la mixité ne s’y épanouira jamais.


Alice DELALEU

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Contribution bibliographique : Toute notre gratitude à Monsieur Christophe LERAY, Rédacteur en Chef de la Revue Chroniques-d'Architecture, pour nous avoir autorisé à reproduire l’article d’Alice DELALEU sur notre blog associatif de l’ADIHBH-V.


https://chroniques-architecture.com

Enfin du concret pour les Bas-Heurts !

Publié le par ADIHBH-V

LE PREMIER PROJET


IMMOBILIER CONCERTÉ


 VA BIENTÔT SORTIR DE TERRE


 SUR LES BAS-HEURTS
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En 2019, deux Concours de Groupements (Promoteurs-Architectes-Paysagistes), avec chaque fois la présence du Président de l’ADIHBH-V dans les Jurys, ont été réalisés sur les lots M1 et M4 de la ZAC des Bas-Heurts. Ainsi, une étape importante de l’opération d’aménagement a été franchie, avec la désignation de deux Groupements dans le cadre d’une consultation lancée au printemps dernier.
 
Le lot M1, situé dans la continuité de l’opération Maille-Horizon-Nord, a été attribué au groupement Atland/AHA/Kurz. Il comprend 110 logements en accession libre, en petits collectifs de quatre étages plus combles, et 260 m² d’espaces pour des activités commerciales.

Aujourd’hui, après la période Coronavirus, le Permis de construire de ce lot M1 situé entre la rue des Bas-Heurts et la rue Daniel Perdrigé (le long de la Coulée verte) devrait être déposé pour instruction, dans le courant du mois de juin 2020.

Dans un communiqué du mardi 12 mai 2020, le PARISIEN 93 en parle

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L'ouverture de Bois Saint-Martin pour bientôt ?

Publié le par ADIHBH-V

LE BOIS-SAINT-MARTIN

POURRAIT OUVRIR

EN 2021 ?
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L'ouverture de Bois Saint-Martin pour bientôt ?L'ouverture de Bois Saint-Martin pour bientôt ?

L’ouverture au public du Bois Saint-Martin, ce massif forestier de 279 hectares à cheval entre la Seine-Saint-Denis (à Noisy-le-Grand sur environ 269 ha) et le Val-de-Marne (au Plessis-Trévise et à Villiers-sur-Marne sur près de 10 ha), est envisagée depuis les années 1970. Elle pourrait voir le jour en 2021…


Successivement, les différentes collectivités locales ont pris des délibérations pour sanctuariser cet espace naturel et l’inscrire dans des schémas directeurs. Côté région, l’acquisition de cette parcelle s’inscrit par exemple dans le plan vert de 2017 qui prévoit l’ouverture au public de 500 hectares au cours de la mandature.


Alors que le Bois est détenu par des propriétaires privés, la Région Ile-de-France a tenté un passage en force en obtenant des Préfets de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne en 2010 deux arrêtés portant Déclaration d’Utilité Publique (DUP) sur le Bois mais les propriétaires et des associations de protection de l’environnement (dont Le RENARD de Roissy en Brie) ont contesté cette décision qui a finalement été annulée en septembre 2017 par la Cour Administrative d’Appel de Versailles au motif que le Bois Saint-Martin était déjà protégé par un arrêté de protection du biotope et que les propriétaires privés entretenaient convenablement leurs parcelles.


Suite à cet échec, des négociations ont commencé en vue d’une acquisition à l’amiable. La Commune de Noisy-le-Grand serait prête à acheter une partie du Bois sur laquelle se trouvent quelques constructions ainsi que 19 hectares de terrains naturels. La Région, elle, achèterait les 263 hectares restant moyennant 13 millions d’euros dont 5 millions d’euros ont été provisionnés sur le budget 2018. Dores et déjà, les propriétaires sont en train de dissoudre l’indivision qui les lie mais la décision finale du tribunal ne devrait tomber qu’à l’automne prochain.


Cette étape franchie, il restera à aménager le Bois pour l’ouvrir au public. De lourds travaux en perspective, qui devraient permettre d’estimer l’ouverture au public en 2021 ou en 2022 ?


En attendant, l’Agence des Espaces Verts de la Région Île-de-France vient d’obtenir du Conseil départemental du Val-de-Marne le classement en « Espace Naturel Sensible » du Bois Saint-Martin avec délégation de son droit de préemption, afin d’éviter une acquisition inopportune par un tiers. La Seine-Saint-Denis avait fait de même en 1997.


Contribution bibiographique : https://94.citoyens.com/2018/bois-de-saint-martin-region-idf,13-11-2018.html


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Noisy le Grand relance l'acquisition du Bois-Saint-Martin

Publié le par ADIHBH-V

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NOISY-LE-GRAND

 CASSE SA TIRELIRE

 POUR ACQUÉRIR LE BÂTI

 DU BOIS-SAINT-MARTIN
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Noisy le Grand relance l'acquisition du Bois-Saint-Martin

Le Bois Saint-Martin fait partie d'un ensemble de boisements comprenant le Bois de Grâce, le Bois du Plessis-Saint-Antoine..., qui sont reliés par des liaisons naturelles et biologiques à préserver et à conforter, avec la forêt de Ferrières et la forêt Notre-Dame.

Le Bois Saint-Martin est contigu avec le Bois de Célie (113 ha) et le parc du château de Malnoue (68 ha). Le Bois des Yvris (11,3 ha) le continue vers le Nord dans un Noisy-le-Grand urbanisé.

Entre le Bois de Célie et le Bois Saint-Martin, passent le chemin de Gournay, le chemin des Princes et le chemin du Berdoudou, parties d'un itinéraire de promenades et de randonnées (G.R. de Pays) qui permet d'aller de Champs-sur-Marne à la forêt Notre-Dame, à la Queue-en-Brie.

La partie Sud du Bois Saint-Martin est longée par le chemin rural de Villiers-sur-Marne à Combault.


L’ouverture au public du Bois-Saint-Martin devient en ce jeudi 04 juillet 2019 une possibilité, alors que depuis près de 30 ans la Commune et la famille du Baron PETIET s’opposaient sur le devenir de ce site forestier exceptionnel de 285 ha.

Dans le cadre de ce projet commun d’acquisition, l’Agence des Espaces Verts (AEV) de la Région Île-de-France se portera acquéreur des espaces verts pour une emprise d’environ 270 ha, tandis que la Commune de Noisy-le-Grand fera l’acquisition des bâtis avec leur terrain d’assiette pour une emprise de 85481 m², pour un montant de 2,622 M€.

Une accessibilité contrainte pour le bâti !

La richesse naturaliste du Bois-Saint-Martin a conduit le Préfet de Seine-Saint-Denis à prendre l’Arrêté de Biotope n° 2006-3713, le 29 septembre 2006. Cet Arrêté interdit toute fréquentation du site dans la zone A (67 ha), hachurée en rouge, sauf travaux de gestion sylvicole autorisés. La fréquentation de la zone B (94 ha), entourée par le fin trait rouge, n'est autorisée que pour les animations encadrées, organisées dans un objectif de sensibilisation du public aux milieux naturels.
En l’espèce, depuis les Yvris, on ne peut accéder directement au bâti. L’Allée de Malnoue n’est pas ouverte à la circulation sans accompagnement et n’est pas carrossable.

En conséquence, à ce jour, la seule issue possible serait la Commune du Plessis -Trévise.

Biotope

 

Pour consulter l’Arrêté de Biotope, cliquer ici :


Une modification de l’Arrêté de Biotope était envisagée
 le 11 octobre 2006.

La demande de modification portait sur :
- la réduction de la zone A, très probablement pour permettre la création d'une route pour l'accès automobile aux bâtiments depuis Noisy-le-Grand, près de la gare des Yvris par le début de l'allée des Princes, puis l'allée de Malnoue,
- l'exclusion de la zone A des allées qui la traversent (allée des Emballés, notamment), pour y permettre le passage du public,
- la réduction assez importante de la zone B, pour "permettre la circulation aux abords de la gare et des bâtiments abritant les activités de loisirs" ,
- l'accès libre à toutes les allées traversant la zone B.

Toutefois, les modifications demandées se trouvant être incompatibles avec la préservation du Biotope, le Préfet de la Seine-Saint-Denis refusait, le 29 janvier 2008, les modifications demandées.

Conseil municipal du jeudi 04 juillet 2019


Présentation de Brigitte MARSIGNY – Maire
 

 

Intervention d’Emmanuel CONSTANT – PS
 


Intervention de Vincent MONNIER - Conseiller municipal
 


Intervention de Michel PAJON - Conseiller municipal
 

 

Le PARISIEN en parle sous la plume de Sébastien THOMAS

le vendredi 05 juillet 2018.

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Contribution bibliographique : Association R.E.N.A.R.D , 3 rue des Aulnes, 77680 ROISSY-en-BRIE.
https://www.renard-nature-environnement.fr/

 

Habitat : Les dangers de la densification à outrance

Publié le par ADIHBH-V

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TOUTE DENSIFICATION

DE L’HABITAT, ACCROÎT
 
LA POLLUTION DE L’AIR
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Habitat : Les dangers de la densification à outrance

Médecin, maire de Coubron (Seine-Saint-Denis), Conseiller régional (UDI) et Président de l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) et de la Commission Santé de la Métropole, Ludovic TORO, qui est intervenu le lundi 20 mai lors du colloque sur le Grand Paris de la santé, organisé par Acteurs du Grand Paris, revient sur l’urgence de la mise en place d’une zone à faibles émissions et sur les conséquences désastreuses des déserts médicaux en Ile-de-France.


Pourquoi la Métropole du Grand Paris s’est-elle dotée d’une Commission santé, que vous présidez ?

Il existe des Commissions santé dans les communes, les départements ou à la Région, il nous a semblé essentiel, avec Patrick OLLIER, d’en créer une au sein de la Métropole, en particulier à l’occasion de la mise en place d’une Zone à Faibles Emissions (ZFE). L’erreur commise en matière d’environnement, c’est que l’on a tendance à partir de l’environnement pour arriver à la santé. Alors qu’il faut procéder à l’inverse : commencer par la santé pour aboutir à l’environnement. Ce raisonnement vaut notamment dans le débat relatif à la mise en place d’une Zone à Faibles Émissions.


Plus les particules sont fines, plus elles pénètrent dans les poumons puis dans le sang, et enfin dans nos organes. Les filtres à particules dont sont équipées les automobiles les plus récentes sont donc loin d’être la panacée, car celles qui échappent aux filtres sont encore plus fines. On constate une augmentation du nombre d’infarctus, ces particules bouchant les artères tout comme le cholestérol, le sucre ou le tabac. Les pathologies respiratoires et cardiovasculaires sont en nette augmentation. Aujourd’hui, toute nouvelle construction est un facteur de pollution, sauf à mettre en place de très gros moyens financiers. Or on nous répète chaque jour qu’il faut densifier encore nos territoires !


Pourquoi la ZFE n’est-elle pas approuvée par l’ensemble des maires ?


Dans certaines Communes, un grand nombre d’habitants possèdent un véhicule classé en crit’air 5 et sera donc impacté par la ZFE. C’est une des raisons majeures d’opposition à la mise en place d’une ZFE. Or il n’est pas difficile de comprendre que la réduction des facteurs de pollution améliore la qualité de l’air. Il faut donc aider les plus modestes à changer de véhicule, en augmentant d’une façon plus importante les aides financières allouées. Il faut mettre le paquet sur un réel développement de nos transports en commun en périphérie, indispensable pour combattre une trop grande densification centrale. Pour la qualité de vie de nos habitants et de l’air qu’ils respirent. Le nombre de nos concitoyens porteurs de pathologies pulmonaires et cardiovasculaires ne cesse de croître.


Pourquoi vous préoccupez-vous de ces questions ?

Je suis médecin et maire de Coubron, où la pollution de l’air est sans doute moindre qu’ailleurs dans le Grand Paris, c’est pourquoi je me bats chaque jour contre tous ceux qui veulent supprimer les espaces verts dans ma ville, au profit d’un urbanisme intensif. Je suis président de la commission santé et environnement de Grand Paris Grand Est, vice-président de la commission santé de la région Ile-de-France et président de l’Observatoire régional de la santé, qui publie des documents essentiels sur ces sujets, hélas peu repris.


Il existe donc des déserts médicaux en petite couronne ?


Depuis 20 ans. J’ai été conseiller départemental de Seine-Saint-Denis, et j’ai alerté à ce sujet l’ensemble des autorités compétentes, alors qu’il manquait déjà des médecins généralistes dans certaines communes. Mais rien n’a jamais été fait. Le département de Seine-Saint-Denis a décidé, à cette époque, d’allouer 1 000 euros par mois aux médecins décidant d’exercer en Seine-Saint-Denis. Ce dispositif existe toujours mais n’apporte pas les résultats escomptés. Plus de 70 % des médecins formés en Seine-Saint-Denis, à Avicennes (Bobigny), choisissent d’aller exercer en dehors du département… Les déserts médicaux ne concernent d’ailleurs pas que la Seine-Saint-Denis et gagnent, depuis longtemps et très rapidement, pratiquement tous les départements.


Le prix de l’immobilier dans le Grand Paris contribuerait à expliquer pourquoi des médecins partant à la retraite ne parviennent plus à trouver de remplaçant ?


Non. Le problème principal vient des décisions qui ont été prises, depuis la loi du 15 novembre 1995 de réduire le nombre de médecins formés chaque année, pour des raisons d’économie. Les études de santé sont longues et coûteuses, et certains se sont dit que, pour réduire les dépenses de santé, il suffisait de réduire le nombre de prescripteurs. C’est une aberration majeure.


On vit de plus en plus longtemps, ce qui entraîne un développement des pathologies. Par ailleurs, le nombre d’habitants augmente. Enfin, les médecins généralistes qui, il y a quelques années encore, travaillaient de 7 à 22h avec des gardes de nuit et le week-end ont laissé la place, logiquement, à des médecins qui aspirent à une qualité de vie avec moins d’heures d’exercice. La profession s’est féminisée, plus de 50 % des médecins sont des femmes, qui ne souhaitent pas non plus sacrifier leur vie de famille. On ne l’a pas compris et on a laissé la situation s’aggraver progressivement.


On savait que la population augmenterait, que les médecins changeraient leurs comportements, que l’on vivait de plus en plus vieux, mais on n’a pas augmenté le numerus clausus. Et sa suppression récente, équivalente à une augmentation de 20 % du nombre des médecins formés chaque année, n’est pas à la hauteur des enjeux et prendra dix ans avant de faire sentir ses effets. Qui plus est alors que 25 % des médecins n’exercent pas la médecine à l’issue de leur cursus. Et que la moyenne d’âge des médecins de Seine-Saint-Denis s’élève à 60 ans. C’est une responsabilité collective, partagée par tous les gouvernements. L’engorgement des urgences, déjà saturées, va encore s’amplifier, avec des temps d’attente de plus en plus longs.


Pouvez-vous l’illustrer ?


L’espérance de vie en 1980 était de 70 ans, contre 80 aujourd’hui. La Seine-Saint-Denis compte 54 médecins pour 100 000 habitants, contre 71 en moyenne régionale en Ile-de-France. La population française est passée de 60 millions en 1999 à 67 millions en 2019 ! De nombreux étudiants étrangers viennent se former dans nos hôpitaux. Auparavant, une fois formés, ils repartaient ensuite dans leur pays d’origine pour exporter les compétences acquises, mais ils sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à exercer en France, face à la pénurie de personnel médical disponible dans nos structures sanitaires. À tel point que, dans certaines spécialités telles que l’anesthésie, plus de la moitié des praticiens n’ont pas été formés initialement dans nos facultés. Cela ne pose pas de problème en soi. Mais pourquoi avoir refusé à nos lycéens, une fois le baccalauréat obtenu, le droit de faire des études de médecine ? De même, les médecins généralistes ne trouvent plus de remplaçant. Et je ne parle pas de certaines spécialités, pour lesquelles les délais sont de plusieurs mois.


Est-ce le rôle des collectivités de lutter contre cette pénurie de médecins ?


Face à l’immobilisme des Gouvernements et des Ministères de la Santé successifs, nous sommes contraints de prendre des mesures : les Collectivités locales ne possèdent pas de compétences particulières en matière de santé, mais nous sommes au contact direct de la population et nous ne pouvons demeurer inactifs : il nous faut allouer des bourses, des aides à l’installation, sécuriser les cabinets médicaux, faire des maisons de santé… Mais cela n’est absolument pas suffisant et les mesures nécessaires relèvent directement de l’État.


Vous constatez le développement des hôpitaux privés ?


Ils sont en plein développement en Seine-Saint-Denis, et ailleurs en Île-de-France. On va très clairement vers une médecine de plus en plus privée, avec des dépassements des tarifs de la Sécurité sociale de plus en plus fréquents. Des mutuelles de plus en plus chères pour obtenir des remboursements suffisants. C’est un changement total du modèle de santé français, qui consistait à garantir à l’ensemble de la population une égalité d’accès aux soins et une égalité de traitement.


Recrudescence de la tuberculose en Seine-Saint-Denis !


  « Lorsque Roselyne BACHELOT, alors Ministre de la Santé, a décidé en 2007 de supprimer l’obligation de vaccination contre la tuberculose, je l’avais alertée sur la nécessité de la maintenir en Seine-Saint-Denis, où l’on dénombrait déjà trois à quatre fois plus de cas de cette maladie qu’ailleurs, rappelle Ludovic TORO. Mais l’on a refusé de faire de la Seine-Saint-Denis une exception. Aujourd’hui, la tuberculose poursuit sa progression, compte tenu de la densification de la population et d’un manque de contrôle sanitaire. Les habitants du département souffrent d’un moindre accès aux soins, d’un accès plus tardif, or plus vous êtes soigné tôt plus votre espérance de guérison est importante. Les études de l’ORS montrent que les pathologies sont prises en charge trop tardivement en Seine-Saint-Denis, ce qui coûte plus cher dans les traitements et donne plus de séquelles. »

En chiffres !


Contribution bibliographique : Le Journal du GRAND PARIS n° 218 – Ludovic TORO, Médecin, Maire de COUBRON (93), Membre du Territoire T9.


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