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Noisy-le-Grand et son PLU

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NOISY-LE-GRAND RENFLOUE

SON PLAN LOCAL D’URBANISME

DANS L’URGENCE !

  

 

 

PLU-Photo 1 

 

 

Eh oui, maintenant il y a urgence : soit disant que Noisy-le-Grand avance. Nous ne le constatons pas beaucoup sur les Bas Heurts, mais bon, puisqu’on le dit…..Si en 2007, la Ville et son Cabinet d’Etude avait mieux préparé l’élaboration des documents, il n’y aurait pas eu de recours et le Tribunal Administratif de Cergy Pontoise n’aurait jamais annulé le Plan Local d’Urbanisme (PLU), adopté en juillet 2007.

 

Rappelons que le PLU est un document réglementaire et prospectif. Il précise les règles de construction applicables sur le territoire de la commune, ainsi que les grandes orientations de développement urbain.

 

Aujourd’hui, le PLU de 2007 n’étant plus applicable du fait de son annulation, c’est l’ancien Plan d’Occupation des Sols (POS), révisé en 1992 qui s’applique par défaut, mais il n’est plus adapté au projet urbain de la ville. Dans tous les cas de figures, annulation ou pas, ce PLU devait être révisé prochainement car il fallait tenir compte de l’évolution du contexte régional de ces derniers mois, à savoir : Le Grand Paris, Arc Express, la Loi Engagement National pour l’Environnement du 12 juillet 2010, l’Agenda 21, et autres….

 

Les habitants de Noisy-le-Grand pourront prendre connaissance et donner leur avis sur le diagnostic territorial et les grandes orientations du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) lors d’une exposition à la Villa Cathala à compter du 18 novembre. Simultanément, se tiendront quatre réunions publiques, les 23,29,30 novembre et 1er décembre, soit précisément :

 

  •   Mardi 23 novembre à 19h, salle des Abeilles,
  •   Lundi 29 novembre à 19h, au Conservatoire, salle Jean Constantin,
  •   Mardi 30 novembre à 19h, au Gymnase Louison Bobet,
  •   Mercredi 1er décembre à 19h, à la Mairie annexe des Richardets.

 

Tous les Noiséens sont conviés à participer. Certes, cela peut sembler complexe, obscur, voire confus à de nombreux concitoyens, mais pourtant, c’est l’avenir de Noisy-le-Grand qui se joue pour les 20 prochaines années. Nous souhaitons que vous soyez nombreux à exprimer votre avis, vos attentes et vos exigences.

 

Pour alimenter votre réflexion, nous examinons ci après quelques enjeux majeurs (mais vous en avez surement d’autres), qui contribueront ainsi à construire un avenir pour Noisy-le-Grand qui vous ressemble et qui nous rassemble. Faisons notre métier de citoyen, puisque la seule légitimité électorale d’un Maire, avec seulement 24% des inscrits, ne peut être considérée comme une délégation de pouvoir satisfaisante [1].

 

 

 

UN PLAN LOCAL DE L’HABITAT OBSOLETE !

 

 

Ce PLH de Noisy le Grand a été établi en septembre1997, pour une programmation prévisionnelle de 6 ans (1996-2000). En 2002,  la projection était de 62 000 habitants. Aujourd’hui , fin 2010, soit 8 ans après, la population n’est que de 62500 habitants. En 2009, le solde migratoire de la population fut même négatif (- 4,7%).

Ce PLH est maintenant obsolète, il n’est même pas question de l’actualiser, il faut revoir entièrement la copie avec un Cabinet Spécialisé indépendant des services de la ville, dont la capacité d’expertise pourrait-être limitée, afin de donner une dimension objective à la démarche. En tant que document de programmation de la politique de l’habitat, le PLH  doit assurer l’adéquation entre le nouveau PLU et le nouveau PLH, c'est-à-dire entre une logique de réglementation et une logique de régulation. L’affirmation simpliste trop souvent énoncée : « il faut construire des logements, parce que j’ai 1500 dossiers en attente dans mes services sociaux » est une pratique locale subjective, qui n’a pas de validité.

Le PLH constitue actuellement un chantier d’actualité en Ile de France. En effet, la Loi de Mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion du 25 mars 2009 a étendu à de nouvelles collectivités l’obligation d’élaborer un PLH et cherche à en renforcer la portée opérationnelle. Le PLH se situe donc au cœur des enjeux du logement : relance de la construction, fluidité des parcours résidentiels, développement du parc social, réponses adaptées aux populations spécifiques, amélioration de l’habitat dégradé, etc…

Le PLH analyse la situation existante, les évolutions et les besoins en termes d’offre foncière et d’adéquation offre/demande de logements et d’hébergements sur les différents segments du marché local de l’habitat, en prenant en compte les enjeux liés aux déplacements et aux transports.

Ainsi, la relation étroite PLU/PLH, permettra d’éviter des erreurs grossières d’appréciations qui pourraient survenir lors de l’élaboration d’un PLU mal ficelé sur les secteurs Bas Heurts, Clos d’Ambert et Gournay-Cossonneau, en termes de contraintes de hauteur bâti ou de densité de l’habitat. Noisy-le-Grand ne peut se dispenser d’un nouveau diagnostic strictement indépendant.

Le diagnostic rédigé en septembre 1997 préconisait dans une « fiche action » la création d’un Observatoire Communal doté d’indicateurs sur lesquels s’est appuyé le diagnostic. Cette instance démocratique apparaissait indispensable à l’appréciation de l’efficacité de la politique conduite par l’action municipale, voire l’action privée. Finalement cet observatoire n’a jamais été mis en place par le Maire, et nous comprenons bien pourquoi. C’était un marqueur démocratique objectif qui pouvait mettre en avant ses dysfonctionnements urbains et contrecarrait son action politique partisane, uniquement tournée vers la promotion immobilière inflationniste de la ville.

Aujourd’hui, c’est le moment d’exiger l’instauration de cet Observatoire Communal

 

 

 

DES MANQUEMENTS CONSTANTS DANS LES DOSSIERS D’URBANISME DE LA VILLE

 

 

Contrairement aux propos de la commune, les différentes annulations (ZAC dite du Clos aux Biches, PLU,…) par le tribunal administratif de Cergy Pontoise de ces derniers mois, ne l’ont pas été pour des motifs de forme, mais bel et bien pour des problèmes de fond. Ces illégalités flagrantes sont sanctionnées par une jurisprudence constante depuis des décennies et donc totalement prévisibles par la ville. Cette dernière est d'autant plus impardonnable de ne pas avoir étudié ses dossiers correctement. C’est tout simplement le résultat d’une précipitation partisane et incontrôlée.

 

Pour mémoire, d’une part l’Etude d’Impact jointe au dossier de création de la ZAC du Clos aux Biches (1500 log) ne comporte pas l’exposé des mesures envisagées pour supprimer, réduire ou compenser les conséquences dommageables du projet de ZAC résultant de l’augmentation du trafic automobile. D’autre part le rapport de présentation du PLU ne contient aucune analyse de l’incidence du projet de 1500 log du Clos aux Biches, sur la gestion des transports ou sur les risques de nuisances générées par ce projet.

 

En conséquence, aujourd’hui, l’ADIHBH-V pose la question suivante : « dans le cadre de l’élaboration de ce nouveau PLU, quelles sont les mesures que la commune propose pour supprimer, réduire ou compenser les conséquences dommageables de ce projet irréaliste de 1500 logements, résultant de l’augmentation du trafic automobile » ?

  

 

DES ECO QUARTIERS, OUI,

MAIS DES QUARTIERS CONCERTES

 

 

Dans le cadre de la Convention d’Aménagement Etat / Région 2007-2013, nous apprenions que la réalisation de deux Eco Quartiers était envisagée à Noisy-le-Grand sur le « Clos aux Biches » et le « Clos d’Ambert ». Une aide de 10 millions d’euros pourrait être apportée par l’Etat à chaque projet.

 Toutefois, si un éco-quartier passe par la construction de bâtiments HQE, c’est également une autre façon de vivre, une économie des ressources, des espaces communs, un respect de l’environnement dans tous les sens du terme. Aujourd’hui, malheureusement, pour la plupart des projets lancés, il ne s’agit pas réellement d’éco-quartier mais de quartiers caractérisés seulement par des performances énergétiques, afin de récolter les subventions de l’Etat ou de la Région.

 

Ces propos soulèvent la question du quartier vécu ; c’est dans un quartier vécu que se construit un système d’usages fondé sur des valeurs partagées. Autrement dit, ces quartiers de demain, s’ils ne sont pas un minimum désirés par les citoyens cela risque de ne pas fonctionner. En ce moment une forte demande citoyenne émerge et s’affirme, il faut l’accompagner et l’intégrer aux projets. Instaurer de la démocratie participative ne peut être que bénéfique. Mais la « gestion de projet » ce n’est pas de faire une réunion d’information lorsque tout est bouclé, pour faire avaler la pilule. C’est d’impliquer les habitants concernés dans les études, et dans ce cas un projet négocié deviendra  un projet accepté.

 

Pour la petite histoire, nous ne pouvons résister à la définition des Eco Maires de France, relative aux Eco Quartiers : «Un quartier durable est un territoire qui pour sa création ou sa réhabilitation, intègre dans une démarche volontaire, une conception et une gestion intégrant les critères environnementaux, un développement social urbain équilibré favorisant la valorisation des habitants en place, la mixité sociale et des lieux de vie collective, des objectifs de développement économique de création d’activités et d’emplois.

 

Il semblerait évident que le Maire de Noisy-le-Grand n’adhère à cette Association, car sur les Bas Heurts, sa seule initiative en termes de « valorisation des habitants en place », serait à terme, s’il le pouvait, de les expulser. Quelle ironie du sort. Pire, en ce moment au sein des Conseils Consultatifs des Quartiers, il a même l’outrecuidance de nous inviter à donner notre avis sur son projet de PLU. Evidemment, lorsqu’un membre du CCQ Ouest Bas Heurts, pose la question de fond, le maître de cérémonie, Directeur de l’Urbanisme, s’empresse de répondre : ce n’est pas le sujet du jour !!!. Quelle mascarade…..

 

 

LE GRAND PARIS - ARC EXPRESS 

 L’EST PARISIEN- LA CITE DESCARTES

 

 

Les deux projets (Grand Huit et Arc Express) qui sont soumis actuellement au débat public jusqu’au 31 janvier 2011,  portent sur l’opportunité, les objectifs et les principales caractéristiques des projets de réseaux des transports publics. L’Association des Collectivités Territoriales de l’Est Parisien (ACTEP) regroupant 16 collectivités territoriales (14 communes et 2 Conseils Généraux), mais dont la commune de Noisy-le-Grand s’est exclue unilatéralement en 2007, demande à ce que les deux projets convergent en un seul, et apporte son soutien au projet Orbival.

 

Le choix du tracé devra être fondé sur : 1-Les besoins évidents et urgents tels que, le désenclavement des quartiers, la saturation des lignes du RER existantes,…2-Les capacités de développement foncier (en Seine-Saint-Denis elles sont très importantes), sans pour cela pratiquer « la tabula rasa » sur les Bas Heurts à Noisy-le-Grand, 3- Les lieux d’interconnexion, 4- Les coûts des ouvrages.

 

Dans ce contexte, la gare qui desservira  le Cluster de la Cité Descartes, sera Noisy-Champs. Contrairement aux hypothèses de la ville, Noisy-le-Grand ne devrait pas avoir une deuxième station à Noisy Mont d’Est. Par contre, la future Gare Routière Multimodale de l’avenue du Mont d’Est sera très fortement mise à contribution par les futurs réseaux de bus Trans Val de Marne (TVM) et Altival.

 

Si ce nouveau Métro automatique facilitera le déplacement des salariés, il doit également soutenir un formidable développement économique des territoires autour des nouvelles gares. Aujourd’hui, la potentialité de constructibilité est estimée à 8 millions de m², dans un rayon de 900 m autour des gares. A Noisy-le-Grand, les quartiers du Champy, de la Butte Verte et des Richardets sont impactés

 

Mais attention, ce développement urbain créateur de richesse, ne doit pas se faire au détriment de la qualité de vie des Noiséens. Sachant que le PLU de la commune doit obligatoirement s’harmoniser avec cette nouvelle problématique, et qu’un contrat de Développement Economique sera prochainement signé entre la Ville et l’Etat,  c’est le moment de se faire entendre en participant aux  quatre réunions publiques, pour bien saisir les enjeux, et marquer fortement notre désaccord si nécessaire. Soyons très vigilants, nous connaissons tous l’appétence du Maire pour la densification urbaine !

 

 

 

LA LOI DU 12 JUILLET 2010-L’AGENDA 21-

LE DEVELOPPEMENT DURABLE !

DE QUOI S’AGIT-IL ?

 

 

PLU-Photo 2[1]

 

 

Qu’il s’agisse de la Loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, ou de l’Agenda 21, tous ces éléments du développement durable, sont une « boîte à outil juridique » du Grenelle de l’environnement dont la ville devra tenir compte obligatoirement dans l’élaboration du futur PLU de Noisy-le-Grand.

 

C’est bien ici, que toutes les motivations de fond sur l’annulation de la ZAC du Clos aux Biches et du PLU de Noisy-le-Grand prennent un sens juridique, et demain, encore bien plus qu’hier ! Nous y veillerons tout particulièrement dans les débats.

 

Ces démarches, globalement et concrètement ont pour objectif de mettre en œuvre progressivement et de manière pérenne le développement durable à l'échelle d'un territoire. Il est porté par la collectivité et mené en concertation avec tous ses acteurs : élus, habitants, associations, entreprises, structures déconcentrées de l'Etat, réseaux de l'éducation et de la recherche...

Il se traduit par un programme d'actions visant à améliorer la qualité de vie des habitants, économiser les ressources naturelles et renforcer l'attractivité de la commune. Soyons réalistes, là encore nous sommes à des années lumières de la démarche destructive au bulldozer, que voulait imposer le Maire sur le quartier des Bas Heurts. Et puis, nous pouvons raisonnablement nous poser la question suivante : est-ce-qu’une densification de 185 logements/ha dans une cité, favorise vraiment la qualité de vie des habitants ?

Ceci dit, la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement doit, par exemple, favoriser :

  • une politique de l'habitat et de l’urbanisme appuyée sur la haute qualité environnementale, la valorisation du parc existant et la reconquête des espaces disponibles ;
  • l'utilisation de ressources renouvelables, la biodiversité, la maîtrise de l'énergie, la gestion des déchets,  l'offre de transports en commun et le développement de modes de transports alternatifs à l'automobile ;
  • la création d'activités répondant à une demande sociale locale et d'emplois qualifiants et durables ou de nouvelles filières d'emplois.

Les étapes de la mise en place sont :

1- L’élaboration d'un diagnostic préalable donnant une bonne connaissance du   territoire sur le plan économique, social, environnemental et organisationnel,

2-  La définition d'une stratégie décrivant les objectifs à court, moyen et long termes, les méthodes et les moyens d'actions proposés, les acteurs et les partenaires impliqués ainsi que les critères d'évaluation.

3- La mise en œuvre d'un programme d'actions transversales, concrètes et démonstratives,

4- L’évaluation systématique et permanente des politiques menées et des actions engagées, dans une logique d'amélioration continue.

  

 

 

UNE ALTERNATIVE SUR LES BAS HEURTS ET 

MAILLES HORIZON :

Penser la ville autrement !

 

 

Cohérent avec la méthode de la  « table rase », les projets conjoints mais assez peu solidaires de la municipalité pour les Bas Heurts et de l’aménageur Epamarne pour Maille Horizon, s’inscrivent  historiquement dans la démarche du zoning fonctionnel  et territorial.

 

A chaque « zone » correspond une seule fonction urbaine bien délimitée : strictement résidentielle avec les équipements de proximité requis aux Bas Heurts -« Clos aux Biches », exclusivement tertiaire sur le Clos Montfort - «Mailles Horizon ».

 

A la fragmentation institutionnelle et règlementaire de ces deux secteurs, puisqu’il s’agissait jadis de deux ZAC différentes mal coordonnées, s’ajouterait la spécialisation programmatique si le nouveau PLU de Noisy-le-Grand poursuivait dans cette scission. Tous les logements d’un coté, tous les bureaux de l’autre…Une zone dortoir d’un coté, une zone travail de l’autre. En d’autres termes, un dispositif urbain gravement destructeur et manifestement voué à l’échec.

 

Cette urbanisation archaïque si elle s’affirmait demain, poserait le concept de la diversité des fonctions urbaines et le principe de mixité sociale dans l’habitat qui doivent être « géographiquement équilibrés » entre emploi, habitat, commerces et services. Elle ne répondrait aux exigences de la loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement dite « Grenelle 2 », puisque aujourd’hui les documents d’urbanisme doivent désormais prendre en compte le développement durable. 

 

Après l’avoir dénoncé au moment des enquêtes publiques de janvier/février 2007, le travail des habitants des Bas Heurts et des étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette (voir article du ' fevrier 2007), s’était engagé sur des bases radicalement différentes, susceptibles de présenter une alternative globale et cohérente à ces dispositifs urbains, et respectueuse de l’environnement.

 

Lors de l’élaboration de ce nouveau PLU, l’ADIHBH-V réaffirmera haut et fort le principe du projet alternatif suivant :

 

- Engager une approche d’ensemble sur les 2 sites des Bas Heurts et Maille Horizon dans une logique d’intégration de ces quartiers et de liaison avec leur voisinage proche,

 

 - Assurer la continuité et la hiérarchisation de l’espace public,

 

- Rompre avec la logique du zoning fonctionnel, combiner les programmes d’activités, d’habitat et d’équipements publics,

 

- Renoncer à toute démolition d’édifices encore habités par des familles ou des personnes seules, refuser la logique de la table rase,

 

- Respecter scrupuleusement l’identité et les qualités spécifiques des quartiers habités, densifier à partir de l’existant, recoudre les tissus,

 

- Diversifier et combiner les typologies résidentielles, de l’immeuble collectif urbain à la maison particulière isolée en passant par l’habitat intermédiaire, l’individuel groupé (en bande ou en nappes), la maison jumelée, etc,

 

- Concevoir une stratégie d’aménagement progressive,

 

-Mettre en place des outils de discussion et de concertation dynamiques avec les habitants des Bas Heurts par l’intermédiaire de leur association, expliquer patiemment les dispositions du projet, les infléchir au besoin, l’enrichir de toutes les suggestions qui ne porteraient pas atteinte à sa cohérence.

 

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[1] - La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans. Elle est l’action continuelle du citoyen, non seulement sur les affaires de l’état, mais sur celle de la région, de la commune de la coopération, de l’association, de la profession. Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernants (quels que soient les principes dont ils se recommandent), les corps organisés, les fonctionnaires, les élus, en butte aux pressions de toutes sortes de groupes, sont abandonnés à leurs propres faiblesses et cèdent bientôt soit aux tentations de l’arbitraire, soit aux routines et aux droits dits acquis. Le mouvement, le progrès ne sont possibles que si une démocratie généralisée dans tout le corps social imprime à la vie collective une jeunesse constamment renouvelée. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps

 

Pierre Mendes France

 

 

 

 

 

Grand Paris : Communiqué de presse de France Nature Environnement

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GRAND PARIS :

PARIS ET LE DESERT FRANÇAIS,

UN PROJET DESIRABLE ?

 

 

 

Communiqué de presse de France Nature Environnement

 

 

France Nature Environnement[1]

 

 

 

La loi Grand Paris a été votée en juillet 2010 ; le tracé du futur métro avance et le positionnement des gares se précise. L’Autorité Environnementale (AE) dépendant du ministère de l'Ecologie, de l'énergie, du développement durable, de la mer (MEEDM) vient de donner son avis sur le projet gouvernemental mis au débat public.

  

 

Des hypothèses de croissance fantaisistes ?

 

Ile de France Environnement (IDFE), représentant 380 associations de protection de l'environnement de l'Ile de France, et France Nature Environnement (FNE), qui fédère plus de 3000 associations au plan national, s'interrogent sur la portée d’un développement parisien accéléré et sur ses effets pour le pays tout entier. L'Agence Environnementale (AE) souligne d’ailleurs les fortes contradictions entre les hypothèses démographiques de l'INSEE et celles de la Société du Grand Paris (SGP) près d’un facteur 3 : soit 670 000 habitants en plus (entre 2007 et 2030) pour l'INSEE contre 1,8 million pour la SGP (entre 2005 et 2035). Les prévisions de croissance de l'emploi présentent le même décalage. Le nombre de personnes estimé n’est pas anodin car il conditionne les projets pour loger, soigner, éduquer, nourrir et transporter ces nouveaux parisiens. On peut d’ailleurs s’interroger sur la fiabilité de ces projections, alors qu’actuellement l’Ile-de-France affiche un solde migratoire négatif, notamment pour les familles avec enfants.

 

 

L’étalement urbain est-il une fatalité ?

 

IDFE et FNE demandent à l’Etat de les éclairer sur une volonté affichée de favoriser l’étalement urbain dans la région capitale, pour y concentrer un quart de la population française. Cette hyper croissance, attirant au maximum la population, les emplois, les moyens de recherche et d’éducation, risque de se faire aux dépens du reste du territoire et des métropoles régionales en particulier. Cette hypertrophie se fera vraisemblablement au détriment de la qualité de vie des franciliens par la dégradation de leur environnement.

Pour Guil Bensoussan, coordinateur du pôle aménagement durable du territoire de FNE : « l’étalement urbain n’est ni souhaitable, ni une fatalité, surtout si le prix de l’essence flambe. Il faudra alors s’attendre à un retour des populations vers les centres- villes où le coût des trajets ne grèvera pas le budget des ménages ».

 

 

Le rattrapage pour les transports publics reste indispensable

 

IDFE et FNE considèrent que la construction d’une rocade ferrée en petite couronne, comme le propose le projet régional Arc Express issu du SDRIF élaboré démocratiquement, est indispensable pour pallier le retard accumulé dans ce domaine. En revanche l'extension des infrastructures de transports en deuxième couronne, prévue par la SGP, risque de conduire à un étalement urbain accru et à une inflation de la consommation des espaces naturels et agricoles, dans une région loin d’assurer sa subsistance alimentaire. IDFE et FNE pensent que le modèle de croissance urbaine sans limites est à repenser en fonction de l’accès aux ressources énergétiques et aux matières premières et de l’approvisionnement en denrées alimentaires et en eau potable.

 

Pour Michel Riottot, président de Ile de France Environnement : « Le projet doit être conçu pour le bien-être des franciliens et non pas pour générer plus de spéculation immobilière. »

 

Paris : le 06 septembre 2010

 

 

 

Commentaire

 

Du baratin, encore et toujours du baratin de nos technocrates : « des hypothèses de croissance fantaisistes » souligne l’Agence Environnementale, mais c’est gravissime. Comment peut-il y avoir de si fortes contradictions sur le diagnostic, entre l’INSEE et la Société du Grand Paris Gouvernementale ?

 

Comment le Grand Paris peut-il annoncer 1,8 millions d’habitants en Ile-de-France à l’horizon 2035, alors que l’INSEE précise 670 000 jusqu’à 2030. De qui se moque-t-on, prendrait-on les citoyens pour des demeurés ? Nous sommes dubitatifs.

 

Le Grand Paris porte l’ambition de renforcer l’attractivité de la capitale au plan international et de faire une ville monde comme Tokyo ou New York. La belle affaire ! A ce titre, on veut concentrer en Ile-de-France 25% de la population française, aux dépens du reste du territoire et des métropoles régionales. Pendant ce temps les régions se désertifient : plus de transports en commun, plus de postes, plus de médecins, plus d’Ecoles, plus de petits commerces, plus de bistrots, etc... Heureusement, on réintroduit les loups et les ours dans nos montagnes !!!

 

Comme l’ADIHBH-V le dénonce depuis très longtemps, tout ceci n’est qu’un problème de promotion immobilière et de spéculation foncière sur le dos des citoyens, au détriment d’un supposé « bien-être des franciliens» qui ne viendra jamais.

 

Le malheur, c’est que les Maires bâtisseurs toujours à la recherche de ressources financières s’emparent de ces alibis pour préempter, exproprier, raser des quartiers, entasser les habitants dans de nouvelles cités dans lesquelles demain germera insécurité et incivilité, semer le désarroi dans des familles qui n’aspirent qu’à la tranquillité.

 

Oui, c’est un problème de fric, relisons nos billets :

 

 

tout est dit !

 

Comment peut-on envisager de construire à Noisy-le-Grand 7075 logements (20 000 habitants), à l’horizon 2013, sans avoir établi un nouveau Programme Local de l’Habitat (PLH) communal qui, en principe, est l’échelon pertinent retenu par la Loi pour la programmation et l’évaluation de l’habitat en matière d’urbanisme local ?

 

Un PLH comprend : 1- Le diagnostic, 2- L’énoncé des principes et des objectifs, 3- Le programme d’actions. C’est la seule manière de parvenir aux objectifs et aux principes fixés en matière de politique du logement à l’échelle d’une Commune. A Noisy-le-Grand rien de tout cela, mais on travaillerait sur un nouveau PLU ? Serait-il par hasard amputé de certains éléments objectifs d’analyse ?

 

Manifestement, la logique Communale privilégierait le vecteur subvention. Rappelons-nous : « 10 millions d’euros de l’Etat par Eco-Quartier, dans le cadre du Plan Etat-Région 2007/2013, pour Noisy-le-Grand ».

 

En contrepoint, il ne vous aura pas échappé qu’il faut aussi des logements. Le BTP est pourvoyeur d’emplois, mais nos jeunes ne veulent pas embrasser ces professions, alors que la formation professionnelle en alternance de ces secteurs est excellente.....alors ?

 

Nous en convenons, c’est très complexe, la critique est aisée et les solutions ne sont pas écrites dans le marbre, mais il est tout aussi évident que la technocratie de tous les élus n’arrange rien, et que cette hyper croissance se fera au détriment de la qualité de vie des Franciliens par la dégradation de leur environnement.

 

Finalement, le projet Arc Express, peut-être moins fumeux, mais élaboré beaucoup plus démocratiquement est dans un premier temps la véritable urgence. Il aurait pour principale ambition d’améliorer et de renforcer immédiatement l’offre de transport collectif, au plus près des besoins des habitants historiques et des usagers, c’est une priorité. Ensuite, nous verrons.

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Débat public sur le Grand Paris : Noisy-le-Grand, le 4 novembre

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NOISY-LE-GRAND S’INVITE AUX DEBATS PUBLICS

SUR LE GRAND PARIS 

 

 

 

D-bat publis - Photo 1[1] 

 

 

 

Dans ce débat public, deux projets coexistent : d’une part, Arc Express, défendu par la Région Ile-de-France, propose de construire un super métro pour relier les communes proches de Paris. D’autre part, le Réseau de transport public du Grand Paris (le Grand Huit) du gouvernement, dessine des courbes plus larges, touchant les aéroports d’Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle et la grande couronne. Des tracés complémentaires que le législateur a décidé de joindre ensemble au projet d’intercommunalité de la capitale appelé « Grand Paris ».

La Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a donc lancé  simultanément deux consultations du 30 septembre 2010 au 31 janvier 2011, sur chacun des projets, qui pourraient même déboucher à termes sur une fusion des deux en un seul ?

 

 

D-bat public-Photo 2[1]

 

 

Les deux projets, bien que différents, partent du même constat : plusieurs lignes de transports sont déjà saturées comme par exemple le RER A ; 80 % des trajets de banlieue à banlieue sont effectués en voiture ; des pics de 200 km de bouchons en moyenne tous les jours, dont le plus grand bouchon d’Europe sur l’autoroute A4 à  hauteur de Noisy-le-Grand. En toile de fond, une même ambition, se déplacer rapidement de banlieue à banlieue sans passer par Paris, dynamiser et relier les territoires… et investir des milliards d’euros pour y parvenir : 6 milliards pour Arc Express, jusqu’à 23 milliards pour le Grand Huit !

Depuis le 30 septembre et jusqu’au 31 janvier 2011, de multiples réunions se tiennent pour collecter les remarques des habitants à travers l’Île-de-France. Puisque le projet de Réseau de transport public du Grand Paris envisage une Gare à Noisy-Champs, il est important de participer au débat organisé par la Commission Nationale du débat Public (CNDP).

 

 

le Jeudi 4 novembre 2010, à 20 h,

à l’Espace Michel-Simon (salle Jean-Marais)

 

 

Pratiquement, la mise en service de la future rocade de transport ne se fera pas avant 2017 au plus tôt. Toutefois, c’est  maintenant qu’il faut s’exprimer.

Le calendrier de toutes les réunions publiques organisées dans l'Est Parisien se trouve sur les sites internet http://www.debatpublic-arcexpress.org et http://www.debatpublic-reseau-grandparis.org.

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Noisy-le-Grand vend ses bijoux fonciers

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NOISY-LE-GRAND VEND SES BIJOUX FONCIERS

 

  

 

Photo Rue Navier-1 

 

 

Généralement, en septembre, Noisy-le-Grand sort lentement de sa léthargie estivale, le conseil municipal  ne siège jamais sauf, si de grandes manœuvres s’annoncent dans la Cité.

Ce fut le cas ce 23 septembre 2010, où selon Michel Pajon, l’urgence se justifiait  par l’attribution de marchés relatifs à la souscription de contrats d’assurance « dommage ouvrage et tous risques chantiers », pour l’opération d’extension et de réhabilitation de l’Hôtel de Ville et la construction du futur centre aquatique, dont le démarrage des travaux seraient imminent.

 

 

Sage précaution effectivement, dans une ville d’eau ou les sous-sols sont truffés de cavités. L’effondrement d’une dalle de béton sur le chantier du « Village des Richardets », avenue  Médéric en septembre 2009, est encore présent dans toutes les mémoires. Dixit Monsieur le Maire en conseil municipal, nous apprenons que cela coûte déjà des millions d’euros aux compagnies d’assurance et que les acheteurs en VEFA devraient se constituer en association de défense, pour faire valoir leurs droits.

 

Pour la suite de l’ordre du jour, il s’agissait soit disant d’un habillage  mineur puisqu’il fallait bien occuper les élus qui avaient pu se déplacer, en ce jour de grève. Sauf que, dans un petit coin du programme des réjouissances, incidemment, au rayon « urbanisme », on présentait une délibération ou l’on sollicitait l’autorisation de déposer des demandes de permis de construire sur des propriétés communales !!!...

 

Selon l’ADIHBH-V, pour Noisy-le-Grand qui sollicite mensuellement les aides de l’Etat et les subventions, cette délibération est loin d’être anodine, ce serait même peut être bien l’apothéose de ce conseil municipal. De quoi s’agit-il ?

 

Minimiser cet évènement majeur, serait faire fi de la délibération n° 266 du 27 novembre 2008, portant adoption de la Convention Globale d’Aménagement du territoire de Marne la Vallée de 2007 à 2013 (cliquer sur : Convention d’aménagement 2007 à 2013). 

Dans le cadre de ce contrat conclu sur la période 2007 à 2013, l’Etat et la Région Ile-de-France ont fixé un ensemble d’enjeux qui doivent guider la planification régionale à l’horizon 2030. Ce Grand Projet n°3 (GP3) a notamment pour objectif de renforcer l’attractivité de l’Ile-de-France en augmentant l’offre de logement à 60 000 / an et en réduisant les disparités sociales et territoriales.

 

Ainsi, dans le cadre d’une convention d’aménagement couvrant la période 2007-2013, Noisy-le-Grand a décidé de contribuer à la mise en œuvre de ce projet par la construction de 7075 logements (soit environ 20.000 habitants). La Région interviendra en soutien des territoires qui s’engagent dans une démarche participant à la mise en œuvre du projet du SDRIF, adopté le 25 septembre 2008, et se trouvant actuellement devant le Conseil d’Etat. L’intervention de l’Etat s’inscrit dans la démarche du Grenelle de l’Environnement qui a donné le signal des priorités nationales pour un aménagement durable.

 

Aujourd’hui, nous sommes à mi convention. L’aménagement des 1500 logements du 

Clos aux Biches prend un retard considérable, rien n’est encore gagné sur ce secteur. Ce n’est guère meilleur sur les 1200 logements du Clos d’Ambert, où il a fallu amender en toute discrétion le protocole entre l’Etat, Epamarne et la Ville, afin d’acquérir les espaces fonciers. En conséquence, la commune doit trouver des solutions alternatives dans son propre patrimoine foncier, afin de donner des gages de bonne volonté aux instances qui accorderont  les aides à l’horizon 2011-2013.

 

Aussi, afin de pouvoir lancer des projets de construction et, parallèlement à toute démarche liés à la cession ultérieure de ces emprises municipales à des promoteurs sélectionnés qui sont déjà dans les «starkings block», il deviendrait urgent pour la commune de vendre une partie de son « trésor de guerre » et  de déposer les demandes de permis de construire, après avoir bien évidemment harmonisé à la petite semaine, le POS en PLU, sans consultation des citoyens ?

 

Les parcelles communales, dont certaines ont été acquises par la voix de la préemption, sont précisées dans le document joint (cliquer sur : Parcelles communales cadastrées concernées.) Globalement nous trouvons :

 

-          Avenue Médéric : 3.123 m²

-          Rue du Clos : 12.015 m²

-          Rue Georges Laigneau : 1.165 m²

-          Avenue Emile Cossonneau : 12.657 m²

-          Rue René Navier : 24.065 m²

-          Rue des Mastraits : 1.845 m²

-          Rue Paul Belmondo : 3.035 m²

 

Nous laissons à chacun le soin d’appréhender en profondeur la « Convention d’Aménagement de Marne la Vallée ». Nous découvrons que:

 

-          l’intervention financière de l’Etat se traduit par une politique de soutien aux collectivités qui souhaitent s’engager dans des démarches d’Eco Quartier [1] [2],

 

-          La réalisation de dix Eco Quartiers est envisagée, dont deux à Noisy-le-Grand sur le « Clos aux Biches » et le « Clos d’Ambert ».

 

-          l’aide de 10 millions d’euros que pourra apporter l’Etat à chaque projet d’Eco Quartier est liée aux caractères visibles de l’opération, et avoir un impact structurant sur le territoire. Elle doit comporter 1000 logements au moins et offrir une diversité des programmes, en accord avec les besoins du territoire,

 

-           les élus des 34 communes de Marne la Vallée proposent la réalisation de 17 500 logements dont 30% de logements sociaux sur la période, soit une moyenne annuelle de 2 500 logements. A Noisy-le-Grand, les perspectives

 

 

 

d’ouverture de chantiers ont été estimées à 1309 log (2009), 1078 log   (2010), 1257 log (2011), 1430 log (2012) et 1113 log (2013).

 

-          La capacité de développement de Marne-la-Vallée à l’horizon 2030 serait d’environ 50 000 logements, soit 50% du parc 2005, pour un territoire dont la densité humaine est de 58 hab. /ha, soit 14% en dessous de la moyenne des villes nouvelles et 31% en dessous de la moyenne francilienne.

 

-          Voulant valoriser le patrimoine forestier de la trame verte, et ouvrir au public des espaces physiques structurants de l’Est Parisien, mine de rien, Noisy-le-Grand essaye de s’approprier le Bois Saint Martin, sur lequel lorgne son Maire depuis 1995,

 

-          Il conviendra d’établir le « bilan carbone » de Marne-la-Vallée. C’est bien la raison pour laquelle nous aimerions bien connaître le bilan réalisé, lors de l’étude de la « chaufferie au bois » du futur centre aquatique.

 

Ceci dit, si nous comprenons  très bien la notion de rééquilibrage territorial Ouest/Est de l’Ile-de-France en faveur de l’Est Parisien en termes de développement économique, nous estimons qu’un rééquilibrage Est/Ouest en termes d’urbanisation serait aussi nécessaire à l’Ouest, en intégrant  30% de logements sociaux. En effet, la Seine-Saint-Denis n’a pas pour vocation historique à devenir le dortoir d’Ile de France et encore moins le berceau du Samu Social de la ville de Paris. Que chacun  prenne ses responsabilités et contribue en fonction de ses ressources.

 

Par ailleurs, dans son projet GP3, la Région Ile-de-France souhaite stimuler la conception et la réalisation de projets urbains franciliens innovants et exemplaires, marquant une rupture avec les pratiques actuelles de l’aménagement. A Noisy-le-Grand, nous ne pensons pas que Michel Pajon fasse la bonne lecture du texte de la convention. Dans son esprit, la rupture, c’est reconstruire la « ville sur la ville » en pratiquant la « tabula rasa » sur les Bas Heurts, à grands coups de bulldozers. Si une nouvelle vision ne se dégage pas prochainement, alors le combat des Bas Heurts entamé en septembre 2004, n’est pas encore terminé….

 

Notons que le projet du SDRIF 2008 préconise une densification moyenne de 85 log / ha, ce qui donnerait raisonnablement 760 logements sur le secteur du Clos aux Biches et 600 logements sur le Clos d’Ambert. Mais surement pas 175 log / ha comme le souhaite l’Edile, guidé par son obsession récurrente des subventions de l’Etat qui, à termes, hypothèquera inexorablement notre mode de vie durable. Alors, de quoi parle-t-on à Noisy-le-Grand : de Grenelle de l’Environnement ou de subventions  durables ?

 

Enfin, nous comprenons encore mieux aujourd’hui les décisions du tribunal administratif de Cergy Pontoise qui annulent la ZAC du « Clos aux Biches » en 2008 et le PLU de Noisy-le-Grand en 2010 pour des problèmes de circulation liés à la densification du Quartier des Bas Heurts. En effet, cette opération n’était pas exemplaire  et ne faisait pas l’objet d’une démarche intégrant des aménagements durables à toutes les étapes du processus ; elle n’était pas desservie par  des modes de circulation structurants. Demain sera une autre aventure avec un nouveau PLU à l’horizon 2011. Les Noiséens avisés seront attentifs, mais la tâche de la commune devient ardue, avec les évolutions législatives récentes, relatives à la promulgation  de la Loi Engagement national pour l’environnement (ENE) du 12 Juillet 2010 notamment, applicable en janvier 2011.

 

En conclusion, nous venons encore une fois de faire la démonstration que les arguments délivrés par la commune lors de ces projets urbains sont incomplets, partiaux, et jonchés de « non dits ». Au non d’un pseudo intérêt général, l’enjeu politique municipal est uniquement un problème financier. Ceci explique d’ailleurs très bien le courroux de Michel Pajon lors de l’annulation du PLU de la ville en juin 2010, puisque nous aurions atteint le « portefeuille » municipal. Tout le reste n’est qu’une question d’habillage des dossiers par les services techniques, pour coller aux opportunités financières Régionales ou Nationales.

 

Le vrai problème réside dans le fait que dans la précipitation, les dossiers sont mal ficelés, partiaux et élaborés sans l’adhésion de la population. Nous pouvons le regretter, car un projet concerté, est bien souvent un projet accepté. La municipalité porte l’entière responsabilité de ce fiasco.

 

Vous comprendrez maintenant que le 23 septembre 2010, nous étions surement à des années lumières, d’un simple problème « d’assurance dommage ouvrage et tout risque chantier ».

_______

 

[1]- Pour l’Association des Eco-Maires :

 

 « Le quartier durable est un territoire qui pour sa création ou sa réhabilitation intègre dans une démarche volontaire, une conception et une gestion intégrant les critères environnementaux, un développement social urbain équilibré favorisant la valorisation des habitants en place, la mixité sociale et des lieux et des lieux de vie collective, des objectifs de développement économique de création d’activités et d’emplois.

 

NDLR : Nous ne savons pas si Michel Pajon adhère à cette Association !

 

[2]- Concrètement, un Eco Quartier veille à :

 

- Mettre en place des démarches participatives qui impliquent l’ensemble des participants,

- Utiliser et mettre en valeur des ressources (énergétiques et humaines) locales

- Rétablir un métabolisme circulaire des ressources (gestion des déchets, compostages, cycles de l’eau, récupération des eaux de pluie)

- Atteindre zéro émission de CO2 (constructions passives, mobilité douce)

- Assurer la nature saine et locale de son alimentation (agriculture biologique de proximité)

- Garantir la mixité fonctionnelle de ses bâtiments ainsi que la diversité sociale et culturelle de ses habitants

- Cultiver la biodiversité de sa faune et de sa flore ainsi qu’à préserver des zones de nature sauvage, et à restaurer ses écosystèmes abîmés

- Mettre en place une économie solidaire et inclusive (inventaire et valorisation des compétences locales, création d’emplois, travail en réseau d’entreprises)

- Faciliter la communication entre les habitants (intranet de quartier, possibilité de restauration collective, salles de réunion partagées, dispositifs de gouvernance participative et inclusive) et avec l’environnement extérieur (haut débit, accueil de visiteurs, solidarité et coopération, chantiers pédagogiques...)

- Assurer le transfert de l’expérience acquise (centres de formation aux technologies sociales et environnementales durables)

- Entretenir la vitalité culturelle de ses habitants dans toutes ses dimensions (artistique, spirituelle...)

 

 

Chaufferie au bois à Noisy-le-Grand, vraiment écolo ?...

Publié le

 

NOISY-LE-GRAND

AURA SA CHAUFFERIE

AU BOIS

 

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En retenant le projet d’une chaufferie au bois pour le futur centre aquatique et l’hôtel de ville, Noisy-le-Grand joue la carte de l’écologie et de l’économie.

 

L’usage du bois pour le chauffage, énergie renouvelable et ressource importante, participe à la gestion, l’entretien et la préservation des forêts d’une part, et limite la consommation d’énergie fossile néfaste pour l’effet de serre, d’autre part. En outre, le CO2 relâché lors de la combustion provient du carbone stocké par les arbres lors de leur croissance (photosynthèse). Ce CO2 est par la suite absorbé par les jeunes arbres en croissance, grâce à la gestion durable des forêts.

 

L’opération prévoit l’investissement de deux chaudières au bois d’une puissance de 900 et 250 kW, deux chaudières au gaz d’appoint et de secours de 1000 kW chacune, avec possibilité d’une troisième chaudière gaz de 500 kW. L’investissement de départ est important puisque estimé à 3 400 000 € HT, mais la dimension écologique de ce projet doit permettre à la ville d’obtenir de nombreuses subventions de la Région Ile France à hauteur de 40% du coût des études et 30% du coût des travaux. De plus, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) finance les études de maîtrise d’œuvre à hauteur de 25% de leur coût HT.

 

Le coût du bois est d’environ 50% inférieur à celui du gaz. Il est fonction de son Pouvoir Calorifique (PCI).

 

Cette chaufferie semi-enterrée, d’une surface prévisionnelle de 450 m² sera implantée sur la parcelle située entre le centre aquatique et le boulevard Paul Pambrun. Une desserte de cet équipement est envisagée entre le bd Paul Pambrun et l’avenue Emile Cossonneau, sur l’allée de la Marne, terminée par une aire de manœuvre de 500 m². Les travaux devraient démarrer en fin d’année.

 

Même si le dossier présenté à l’enquête publique [1] ne dit rien sur le sujet, nous estimons que la chaufferie bois nécessitera la mobilisation annuelle d’environ 1500 tonnes de bois forestier déchiqueté, propre et calibré au format 40x40x10 mm. Les livraisons se feront par camions semi-remorques gros porteurs de 32 t, 14 m de long et 90 m 3 de volume. Un silo de stockage enterré d’environ 240 à 270 m3 sera nécessaire, permettant une autonomie de fonctionnement de 5 jours à pleine puissance, soit 2 à 3 camions / semaine au plus fort de l’hiver ; d’ou une estimation de  60 camions / an, auxquels il convient d’ajouter l’élimination de 15 à 20  tonnes de résidus (cendres et suie).

 

 

 

 

Commentaires

 

 

Un projet de chaufferie bois nécessite une vraie réflexion en amont sur une étude prospective de la filière. L’économie de chaque projet doit être envisagée globalement, en prenant en compte à la fois les disponibilités locales de la ressource en bois (ressources forestières, déchets et sous-produits de l’industrie du bois) et les débouchés de la production de chaleur avec par exemple, la connexion à un réseau de chaleur desservant un groupement d’immeubles collectifs. Chaque projet doit faire l’objet d’une étude spécifique. En l’espèce, à Noisy-le-Grand le citoyen n’a eu aucune information dans les dossiers d’enquête publique ou lors des différents conseils municipaux.

 

Chacun s’accorde à dire que la dimension forestière territoriale est fondamentale. S’il n’existe pas de source d’approvisionnement de proximité, le coût du transport s’avérera un handicap s’il faut transporter la biomasse sur de longues distances. Sans compter la pollution engendrée par celui-ci !

 

La problématique du développement durable s’accommode mal du transport routier sur des distances de collecte supérieures à plusieurs centaines de kilomètres (ce qui est classiquement celui des usines de trituration) et la matière première sort alors très largement du périmètre forestier dans lequel elle a été produite.  

 

Dans ce dossier, il est curieux que ne soit pas abordé le « bilan carbone » [2] de l’opération qui s’inscrit dans la mise en œuvre des objectifs qui ressortent du Grenelle de l’Environnement, alors que le choix du transport routier par camions gros porteurs a été effectué. Le transport routier, c’est de la pollution, c’est en 2009 54 personnes tuées par les poids lourds sur nos routes, ce sont des routes défoncées en hiver dont la réfection est à la charge de la collectivité. Aussi, il n’est pas rare de voir des municipalités décréter l’interdiction d’accès des camions à l’intérieur de leur ville, pour éviter les nuisances. A Noisy-le-Grand nous les attirons, et de plus sur le boulevard Paul Pambrun, dont le Maire nous avait informé dans le PADD qui définit les objectifs du PLU, qu’il souhaitait  ramener ce boulevard à deux voies de circulation. Comprenne qui pourra ….

 

Alors que la possibilité d’un transport fluvial des boues du l’usine de traitement des eaux « Marne Aval » de Noisy-le-Grand avait été demandé par la municipalité, lors d’une violente opposition au projet du SIAAP, en 2005. Aujourd’hui rien de tout ne cela, aucune hypothèse de transport de la biomasse sur la Marne ou par rail, alors qu’une étude de l’ADEME de 2002 signale que les « bilans carbones » du transport fluvial et du rail sont respectivement inférieurs de 29 et 48%, par rapport au transport routier.  

 

De même, nous n’avons aucune information sur l’origine de l’approvisionnement du bois. Pourtant, un autre paramètre à prendre en compte est la qualité et la pérennité de la ressource. Les quantités économiques disponibles doivent être suffisantes et durables.  Le bois doit satisfaire aux critères requis par l’installation (taux d’humidité, types d’essences, PCI, dimensions et conditionnement). Compte tenu du développement de la filière bois-énergie, la production des plaquettes forestières doit s’effectuer aujourd’hui à grande échelle et passer à la production industrielle. En 2000, seulement une vingtaine d’entreprises pouvaient produire à grande échelle. Qu’en est-il en ce moment ?

 

Enfin, dans une logique de développement durable, nous nous interrogeons sur le silence  des « VERTS » de Noisy-le-Grand sur ce dossier, c’est pourtant leur enjeu, non ?... Ceci dit, c’est avec beaucoup de plaisir que nous publierons des informations complémentaires de Sylvie Duffrene qui pourraient nous parvenir et lèveraient  toutes ambigüités.

 

____

 

 

[1]- L’enquête publique se déroule du 06 octobre au 05 novembre 2010 inclus. Registres à la Direction de l’Urbanisme, Mairie de Noisy-le-Grand.

 

[2]- Qu'est-ce que la méthode « bilan carbone » ?

 

C'est une méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre à partir de données facilement disponibles, pour parvenir à une bonne évaluation des émissions directes ou induites par une activité ou un territoire.


Elle s’applique à toute activité : entreprises industrielles ou tertiaires, administrations, collectivités et même au territoire géré par les collectivités. Le « bilan carbone » permet également d'étudier la vulnérabilité d´une activité économique ou d'une collectivité et tout particulièrement sa dépendance aux énergies fossiles. Il est en France utilisé pour le calcul du bilan des émissions de gaz à effet de serre, que la Loi Grenelle 2 a rendu obligatoire pour un certain nombre d'entités territoriales.

 

Informations complémentaires :

-       Consulter avantageusement les deux articles sur le même sujet, publiés sur le blog :  http://echosdenoisy.blogspot.com

-       L’association des riverains « NOISY-LE-GRAND AGREABLEMENT s’est constituée le 06 octobre 2010, pour défendre le site de l’allée de la Marne. Une pétition circule, consulter : nlg.agreablement@gmail.com

 

Contribution bibliographique :

-       Société Schmid France, fournisseur de chaudières bois, 68840 Pulversheim

-       ARENE : « La chaufferie bois du Lycée Saint-Charles », à Athis-Mons (91).

-       Revue : « Le Bois International » Les cahiers du bois-énergie n°44, décembre 2009

-       La lettre de l’ADEME, n° 16, décembre 2000, « Faire feu de tout bois, mais avec méthode ».