Un nouveau mode de développement urbain pour Noisy ?

Publié le par ADIHBH-V

 

UN NOUVEAU MODE

DE DEVELOPPEMENT URBAIN :

LE PROJET BIMBY !

   BIMBY-Photo1

Une nouvelle maison construite entre deux maisons, après division de la parcelle de droite, créant un front de rue et préservant l'intimité des maisons voisines.
 

What’s BIMBY ? (Qu’est ce que BIMBY ?)

 

Posséder sa maison individuelle avec son garage et son jardin incarne pour 9 Français sur 10 le rêve d'une vie bien chez soi, alliant confort individuel et désir d'autonomie. Comment allier cette idée à un développement urbain plus durable ?

BIMBY, « Build In My Back Yard », en Français « Construire dans mon jardin », est une démarche de densification douce des quartiers pavillonnaires existants, contrairement à feu la méthode violente de la « tabula rasa » proposé par la commune de Noisy-le-Grand sur le quartier des Bas Heurts en octobre 2004.

Le projet BIMBY vise à la définition, à court terme, d'une nouvelle filière de production de la ville, qui soit capable d'intervenir là où les filières "classiques" sont incapables d'intervenir : au sein des tissus pavillonnaires existants, qui représentent la grande majorité des surfaces urbanisées en France et certainement en Europe. Sélectionné en 2009 par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre de son appel à projets "Villes Durables'', le projet BIMBY est piloté par deux services du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie : le Centre d’Etude Technique de l’Equipement (CETE) Normandie Centre et d’Ile-de-France (1).

Depuis le début des travaux du projet BIMBY, ceux-ci ont suscité un très fort intérêt d'un grand nombre d'institutions et de collectivités territoriales qui ont souhaité, pour certaines, engager immédiatement une diffusion, des études et des expérimentations sur leur territoire : il s'agit des partenaires initiateurs de démarches BIMBY parallèles, qui ont su trouver des financements spécifiques afin de développer de telles approches, qui viennent compléter les travaux du projet de recherche BIMBY et son partenariat initial.


... initié par l'habitant, maîtrisé par la commune ...

 

L'hypothèse centrale du projet BIMBY, c'est la capacité des acteurs de l'urbain (habitants, techniciens, élus) à mobiliser le foncier des tissus pavillonnaires existants qui permettra de financer le renouvellement et la densification progressive de ces quartiers. On observe en effet que dans de nombreux cas, l'intérêt des individus (notamment à diviser un terrain pour mieux valoriser son bien sur le marché immobilier) peut aller dans le sens des intérêts de la collectivité (à proposer une offre diversifiée de logements individuels sur son territoire sans engendrer d'étalement urbain) :

- si l'on sait encourager, maîtriser et canaliser ces initiatives individuelles par la définition de règles d'urbanisme adéquates et la mise à disposition d'un conseil au particulier en matière d'architecture et d'urbanisme dense.

- si l'on cible les moments où les intérêts individuels et collectifs se rejoignent, notamment au moment des ventes des maisons individuelles ou à l'occasion des évènements et des projets de vie des habitants. (ndlr : sans forcément les expédier en maisons de retraites ou dans d’autres communes du fin fond d’un autre département, à 80 km de la Capitale).

David Miet et Benoit Le Foll, initiateur de cette démarche, présentent BIMBY comme un nouveau mode de développement urbain initié par l’habitant, maîtrisé par la commune, et visant à faire émerger la ville durable des tissus pavillonnaires existants.

Les modes de vie des habitants des quartiers pavillonnaires évoluent : recompositions familiales, départ des enfants, évolutions professionnelles ou retraites, et conduisent certains à rechercher une nouvelle adaptation de leur habitat.

 

Parmi les situations de logements devenus inadaptés, il est à noter la surface habitée par personne qui augmente, des étages inaccessibles aux personnes âgées, des grands jardins à entretenir, … qui poussent les occupants à devoir repenser leur

habitat à venir.

 

En approfondissant la réflexion, les deux initiateurs constatent que les modes de vie se sont urbanisés, que la population française vieillit, que les souvenirs de la vie isolée à la campagne s'estompent peu à peu, que beaucoup sont prêts à vivre dans des surfaces plus restreintes si les services deviennent plus accessibles, …

Ce sont ainsi des dizaines de milliers de terrains à bâtir qui pourraient ainsi être libérés chaque année dans les tissus pavillonnaires construits ces dernières décennies, sans engendrer aucun étalement urbain et à un coût minime pour la collectivité.


... visant à faire émerger la ville durable des tissus pavillonnaires existants

 

Les perspectives offertes par une telle filière nous invitent à changer la façon dont nous envisageons actuellement la croissance des villes. Les travaux de David Miet et Benoit Le Foll suggèrent en effet :

- D’un point de vue économique : qu’il est possible de fabriquer un urbanisme sur mesure et à moindre coût pour la collectivité, sans maîtrise foncière, en permettant à l’ensemble des propriétaires de maisons individuelles de mobiliser une partie de leur patrimoine foncier pour financer la réalisation de leurs projets, notamment en détachant une partie de leur terrain pour la valoriser en tant que nouvelle parcelle constructible.



BIMBY-Photo2

 

- D’un point de vue environnemental : qu’il est possible de construire, sur ces parcelles produites à l’unité et dans les tissus urbains existants,  de la maison individuelle à étalement urbain nul, tout en maintenant des densités faibles et sans engendrer de pression foncière, ceci dans des quantités qui permettraient de répondre chaque année à une part significative des besoins en logements.

- D’un point de vue social : qu’en redonnant à l’habitant un rôle fort de maître d’ouvrage de la production de l’habitat, on donne à la collectivité de puissants leviers pour porter une politique urbaine ambitieuse, fondée sur la mise en synergie des projets des habitants et des projets de la collectivité, et ceci en faisant appel aux entreprises locales de construction, qui sont les plus économiques et les plus créatrices d’emplois.


Les premiers résultats

 

Après 3 ans de travaux, et l'achèvement du projet ANR BIMBY, plusieurs résultats peuvent être dégagés sur lesquels s'appuient les nouvelles expériences BIMBY en cours de montage pour l'année 2013, nous en parlerons dans nos prochains billets.

Si le quartier pavillonnaire des Bas Heurts de Noisy-le-Grand m’était compté !

A suivre…..

______

 

 

 

Contribution bibliographique :

-        http://bimby.fr: le 04 janvier 2011, Le projet ANR BIMBY : « Le projet BIMBY en quelques mots », sous la plume de David Miet et Benoit Le Foll.

-        Préfecture de l’Oise, « Les cahiers de l’Oise » n° 129 Janvier 2013.

(1)- le projet de recherche BIMBY, d'un budget global de 3,1 millions d'euros sur 3 ans, a rassemblé pendant 3 années 10 partenaires publics. A savoir : les Communautés d'Agglomération de Rouen et de Saint-Quentin-en-Yvelines, le CAUE de l'Eure, les Écoles Nationales Supérieures d'Architecture de Paris Belleville, Rouen et Marseille, le LATTS (ENPC) et le RIVES (ENTPE), ainsi que deux bureaux d'études du Réseau Scientifique et Technique du MEEDDTL : le CETE Normandie Centre (pilote du projet) et le CETE Ile-de-France (co-pilote).

Publié dans Lettre de l'ADIHBH-V

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Doug 20/11/2013 08:54


En réponse à Francis, en fait, c'est peut être cela que veut l'appellation municipale contrôlée (AMC) "La Désense de l'Est parisien".


On se barricade en construisant partout, pour vivre en vase clos et se protéger de tout ce qui vient de l'extérieur qui n'est pas contôlé, maîtrisé ou estampillé !

Vincent 19/11/2013 18:35


Cet article démontre une nouvelle fois qu'il est possible et souhaitable d'urbaniser doucement les Bas-Heurts de façon durable et respectueuse des habitants du quartier.


Nous découvrons donc que, tel M. Jourdain, l’ADIBH-V, à travers ses différents projets d’urbanisation du quartier, faisait donc du « BIMBY » sans le savoir …

Francis 18/11/2013 10:54


Même si la densification était contrôlée avec ce projet Bimby, comment va-t-on circuler dans ce futur quartier
des Bas Heurts, alors que matin et soir on est encerclé par les embouteillages au Mont d'Est, surr la A4, au pont de Neuilly, au pont de Villiers où passe l'autoroute près de l'hôpital St
Camille, au pont de Bry. Bienvenue au Collège et au Lycée internationnal : que du bonheur pour ceux qui vont s'y déplacer... Impossible de sortir parfois de la zone. Et ce n'est pas le RER qui va
briser ces murs qui nous enferment peu à peu !

Holly Colette 17/11/2013 17:09


Déjà dix ans de préemption, dix ans perdu sur ce projet intelligent....


Colette