Densifier le tissu pavillonnaire ?

Publié le par ADIHBH-V

 

UN REMEDE INNOVANT

POUR DENSIFIER

LE TISSU PAVILLONNAIRE !


 

 

 

BIMBY - Photo 10

 

 

 

 

Et si la densification de la ville passait par la densification des zones pavillonnaires ? L'idée en revient à deux architectes, Benoit Le Foll et David Miet, passés par le Ministère de l'Ecologie. Leur concept BIMBY, Build in My Back Yard (construire dans mon jardin), repose sur une idée simple, réaliser des logements sur des parcelles déjà construites quitte à « grignoter » sur plusieurs terrains.

 

Un concept de reconquête de terrains urbanisés au lieu de gagner sur les terrains agricoles qui a du sens en France, où l'on compte 15 millions de maisons individuelles. En 2009, le projet a été sélectionné par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre de son programme ville durable. Soit bien après le projet de ZAC du Clos aux Biches, sur le quartier des Bas-Heurts, à Noisy-le-Grand.

 

Ce nouveau mode de développement urbain a fait l’objet de notre billet du 17 novembre écoulé   (Cliquer sur : Un nouveau mode de développement urbain). La démarche BIMBY se doit aussi aujourd’hui de susciter les initiatives des habitants et encourager les élus dans l’élaboration de la stratégie de développement urbain de leur commune. Ci-après quelques idées pour convaincre élus et habitants.

 

Auprès des habitants, une ressource inattendue :

 

-     Structurer sa parcelle et valoriser son patrimoine,

-     Acheter et diviser un terrain pour en vendre une partie et construire sur l’autre, voire y habiter,

-   S’assurer un complément de revenu en vendant le terrain à bâtir et mobiliser une partie du capital de vente du nouveau terrain pour financer des projets (rembourser un prêt, financer l’aménagement des combles, renouveler sa voiture, assurer les frais d’études de ses enfants,….,

 

L’occasion d’adapter son logement à ses besoins :

-     Rénover et adapter sa maison pour la retraite,

-   Construire une autre maison plus petite et mieux adaptée à sa condition physique, tout en ne changeant pas de quartier,

-     Diviser son terrain devenu trop difficile à entretenir,

-     Diviser sa parcelle pour y construire une maison de plain-pied,

 

Participer au développement de sa commune :

-     Etre acteur de l’urbanisme dans sa ville,

-   Permettre aux primo accédants de rester dans le tissu urbain en proposant des terrains plus petits et moins chers,

-    Permettre aux ménages avec enfants de trouver des terrains à bâtir à proximité de leurs lieux de travail, des équipements scolaires et du centre de la commune.

 

Auprès des élus, répondre aux besoins de leurs administrés :

 

-     Fabriquer un urbanisme sur mesure et à moindre coût pour la collectivité,

-    Faire profiter les particuliers des gains financiers générés par l’urbanisation et éviter que tous les bénéfices ne reviennent à un unique lotisseur et propriétaire foncier,

-     Enrayer la pression foncière,

-    Permettre aux habitants de changer de domicile sans changer de quartier tout en améliorant leur cadre de vie,

-    Améliorer l’attractivité globale du parc de logements et répondre chaque année à une partie des besoins en logements,

-     Accueillir de nouveaux habitants dans les tissus urbains existants et ainsi continuer à optimiser certains services, crèches, écoles,…en accueillant des populations jeunes,

- Proposer des solutions de logements adaptées aux nouveaux enjeux sociodémographiques comme le vieillissement ou le desserrement des ménages,

 

Développer un urbanisme plus durable :

 

-       Promouvoir un développement équilibré de la commune,

-       Limiter la consommation de foncier et préserver les espaces naturels et agricoles,

-       Favoriser le renouvellement urbain,

-       Maîtriser la vitesse de densification,

-      Développer l’offre de logements dans des espaces proches des centres et équipés en réseaux et transports,

-       Construire de la maison individuelle à étalement urbain nul,

-   Fabriquer un urbanisme sur mesure et à moindre coût sans maîtrise foncière publique,

-       Favoriser la mixité sociale,

-       Pratiquer un urbanisme démocratique,

-       Mobiliser la filière locale de construction.

 

Premiers retours d’expériences : une démarche innovante

de travail avec les habitants.

 

BIMBY - - Photo 11

Tremblay-sur-Mauldre

 

Cette publication exceptionnelle (cliquer sur : BIMBY, premiers retours d’expériences) restitue les premiers résultats de deux expérimentations concrètes menées au sein du Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse, en partenariat avec deux communes pilotes : le Tremblay sur Mauldre – 78490 et les Essarts-le-Roi - 78690. Ainsi :

 

Joseph Le Foll, Maire du Tremblay sur Mauldre : « Il y a eu bien sûr des inquiétudes au début, mais il s’avère que nous ne nous étions pas donné les moyens d’expliquer la démarche aux habitants. Une fois que les habitants ont compris qu’elle ne visait pas à les contraindre mais à leur offrir des opportunités, un véritable enthousiasme est né. BIMBY repose sur l’initiative volontaire des habitants, dans un cadre défini et maîtrisé par la commune. Tout le monde pourra donc y trouver son intérêt. On a d’abord proposé une réunion publique de présentation de la démarche. Mais l’essentiel, c’est que l’on a invité chaque habitant à venir rencontrer un architecte pendant une heure pour discuter de l’avenir de sa parcelle. Cette démarche a permis aux habitants d’exprimer leurs besoins.

Et c’est en s’appuyant sur ces besoins que la commune va pouvoir justifier la politique qu’elle souhaite mettre en place.

 

Jacques Bouchet, Maire des Essarts-le-Roi : « Dans le cadre de l’élaboration de notre Plan Local d’Urbanisme, nous réfléchissons à plusieurs pistes pour créer les logements dont nous avons besoin, en évitant le plus possible de s’étendre sur les espaces agricoles et naturels, en cohérence avec notre engagement récent dans le Parc. Les consultations BIMBY avec les habitants ont révélé qu’en favorisant une division parcellaire de qualité, on permettrait la création de petits terrains à bâtir ou de petites maisons en location, pouvant être réalisées dans un tissu urbain déjà équipé et desservi par une gare. Cette offre, aujourd’hui limitée sur la commune, permettrait à de jeunes ménages qui ne le peuvent pas actuellement de venir s’installer aux Essarts. Un autre aspect positif, ce sont les consultations qui permettent d’associer étroitement et de manière constructive des habitants à la réflexion sur le Plan Local d’Urbanisme, en les amenant à s’interroger sur la manière dont leurs projets personnels peuvent répondre aux ambitions et aux besoins de la commune et du territoire. »

 

David Miet, copilote du projet de recherche BIMBY – Centre d’Etude Technique de l’Equipement d’Ile-de-France : « En interrogeant les habitants de deux communes des Yvelines, qui s’apprêtaient à modifier leurs règles d’urbanisme, nous nous sommes aperçus qu’une grande partie d’entre eux a des projets, des aspirations, des souhaits de transformation de son habitat : les propriétaires de maisons individuelles peuvent libérer de nombreux terrains à bâtir dans des territoires stratégiques pour les communes, si l’on décide de faire l’urbanisme avec eux. ».

 

A suivre……

______

 

Contribution bibliographique :

 

-       Préfecture de l’Oise, « Les cahiers de l’Oise » n° 129 Janvier 2013,

-       www.bimby.fr: Premiers retours d’expériences

 

Publié dans noisy-les-bas-heurts

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Alain Cassé 08/04/2014 06:03


La surélévation était une proposition de la Gouvernance Sarkozy (+30%). Mais faut-il encore que la résistance intrinsèque du
bâtiment le permette. Ceci nécessite donc une étude préalable de résistance des matériaux de l’édifice.


Si un renforcement préalable de la structure à la surélévation est nécessaire, cela rend l’opération financièrement
inopérante.

Malbrand Architectures 06/04/2014 11:11


Un sondage a été réalisé dernièrement par le site se loger.com montre que les Français sont majoritairement favorables à la surélévation en rajoutant un ou deux étages
supplémentaires pour réduire le déficit de logements. Ce même si une crainte des nuisances au paysage urbain subsiste. Je pense que les architectes ont le rôle de démontrer que la surélévation
n'enlaidit pas l'environnement arhcitectural mais contribue à le mettre en valeur lorsque cette surélévation est réalisée dans les règles de l'art. En revanche, ie sondage révèle que le projet
BIMBY suscite moins d'enthousiasme. Les résultats du sondage sont visibles sur mon blog www.mon-architecte.blogspot.com

venetes 56 30/11/2013 09:09


Le socialisme humaniste se dévoloppe et fait école, attention si vous avez la chance de vieillir vous ne perdez rien, pour attendre les assoiffés d'expropriation.


http://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.breizh-info.com%2F4207%2Factualite-societale%2Fle-cri-du-desespoir-pledran-corlay-expropriation%2F&h=bAQFVcX7zAQGnHEzSRL-0xynqgGbeARsafNq7G3TZ9_WkGw&s=1

Jeannot des Clapiers 25/11/2013 22:14


Voici un mode de développement urbain à la fois social, économique et écologique;


Social, puisqu'il ne chasse pas les autochtones et leur permet même de se réinstaller dans un environnement plus approprié.


Economique, puisque le contribuable n'a plus à supporter l'endettement de sa commune qui acquiert les maisons pour les mettre en décharge ( super gaspillage financier).


Ecologique, puisqu'il n'y a justement pas destruction des maisons, biens durables et encore utiles, ce qui de surcroît, préserve  les surfaces agricoles qui sont en  voie de
raréfaction.


Pour toutes ces bonnes raisons, nous ne pouvons que souhaiter un changement de politique d'urbanisation à Noisy, cette nouvelle politique rimant avec socialisme et écologie.


 


 


 

Etienne Doussain 25/11/2013 15:24


Deux articles documentés à propos d'une densification, bien aussi intelligente que d'autres prétendument plus en vogue, voilà de quoi donner des idées et de l'imagination à celles et ceux qui en
manqueraient ! Disons que dans la période électorale qui s'ouvre, il ne faut rien négliger pour (aider) à faire monter les idées à la tête des plus réfractaires à une autre modernité...


Bien cordialement,


Etienne Doussain