Un centre pénitentiaire à Noisy le Grand ?

Publié le par ADIHBH-V

À NOISY-LE-GRAND,


UN CENTRE PÉNITENTIAIRE


 BOULEVERSE


LES PROJETS DU MAIRE.
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Un centre pénitentiaire à Noisy le Grand ?

C’est une surprise dont elle se serait bien passée. Le 14 février dernier, Brigitte MARSIGNY, Maire de Noisy-le-Grand, a reçu un courrier de la Préfecture de Seine-Saint-Denis l’informant de l’intention de l’Etat de mobiliser 7100 m² des 22.000 m² de foncier dont il est propriétaire sur le site de l’ancienne Ecole Louis Lumière  qui a déménagé à la Cité du Cinéma de Saint-Denis (93) en septembre 2012, afin d’y implanter un Quartier de Préparation à la Sortie (QPS) plus précisément destiné aux personnes condamnées à de courtes peines ou en fin de peine.

Présentation du dispositif.

L’objectif principal du QPS est de se donner les moyens pour que la prison ne soit pas un lieu d’exclusion mais devienne un lieu de préparation à la sortie sociale du détenu par une meilleure connaissance des institutions ou des dispositifs d’insertion.

Le QPS permet à des détenus condamnés en fin de peine ou en situation d’aménagement de peine de préparer leur sortie de la Maison d’Arrêt dans les meilleures conditions. Le QPS accueille des détenus libérables à court terme (3 à 6 mois), volontaires, souhaitant s’engager dans un processus de réinsertion sociale et professionnelle. Il se veut être un lieu de dynamisation et de parole, un lieu d’acquisition d’un savoir être, un lieu qui soutient le détenu dans sa volonté de changement et de réadaptation à la vie sociale et professionnelle. En intégrant ce dispositif, les détenus accèdent à un statut de stagiaire de la formation professionnelle pendant 12 semaines. Ils travaillent leur projet socio-professionnel avec le soutien de plusieurs intervenants pendant les 6 premières semaines et ils effectuent un stage en alternance dans une entreprise extérieure pendant les 6 dernières semaines, sous réserve de l’accord de la Commission d’Application des Peines.

Le QPS est un lieu où les détenus peuvent rencontrer différents acteurs sociaux d’origines institutionnelles ou associatives diverses. Le réseau des partenaires sociaux extérieurs est composé d’organismes de droit commun ayant une fonction d’intégration, de soutien et d’insertion. Ces partenaires informent les personnes incarcérées des caractéristiques de l’institution ou de l’organisme qu’ils représentent. Ils leur précisent quelles sont les modalités d’accès aux services offerts et soutiennent les détenus dans leurs démarches d’insertion (logement, santé, gestion des dettes,….) Parmi ces organismes, on peut citer entre autre : l’ANPE, la Mission locale, la CPAM, la CAF, un bailleur social, des Centres de formation, des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale, etc…

Le Ministère de la justice a dévoilé jeudi 23 février 2017, la liste des villes d’implantation de 21 nouvelles prisons sur les 33 projets envisagés dans le cadre du « Plan encellulement individuel ». Sachant que le taux moyen d’occupation des prisons françaises est aujourd’hui de 140%, le besoin est de 10.300 à 16.100 cellules d’ici 2025.
Parallèlement à la construction de ces 33 prisons, le plan prévoit la réalisation de 28 Quartiers de Préparation à la Sortie (QPS) pour une première capacité de 2.513 places. Selon Jean Jacques URVOAS (Garde des Sceaux), la recherche s’est révélée délicate car il fallait trouver le juste équilibre entre des contraintes techniques, des contraintes politiques, des contraintes temporelles et des contraintes budgétaires. De plus, le Ministère souhaitait que ces QPS soient situés dans les villes et non à leur périphérie car ils portent un projet de réinsertion. Nous comprenons bien qu’il doit y avoir des entreprises en proximité, des dessertes routières, des transports en commun, une proximité avec un  tribunal, un accès aux hôpitaux, un maintien des liens familiaux, une amélioration des conditions de travail des personnels pénitentiaires,….

C’est dans le cadre de cette doctrine de l’administration pénitentiaire que Noisy-le-Grand a été choisi, alors que l’ancienne municipalité socialiste n’avait rien envisagé depuis 2009. Ce choix génère sur la Ville des déceptions, des frustrations et de la stupéfaction car, si tout le monde partage le principe qu’il faut de nouveaux établissements pénitentiaires pour combattre la surpopulation carcérale et réduire les conditions de détentions indignes, personne ne veut accueillir ces détenus dans sa Ville. Dans ce cas d’espèce, Brigitte MARSIGNY, Maire de Noisy-le-Grand dénonce une décision unilatérale de la Direction de l’Administration Pénitentiaire  de l’Etat. En aucun cas, le Préfet de Seine-Saint-Denis Pierre-André DURAND n’a travaillé avec les Services techniques de la Ville, dans le but de privilégier avec les élus la construction d’un compromis local.

 

Un centre pénitentiaire à Noisy le Grand ?

Evidemment, si pour un grand nombre de citoyens le meilleur choix possible pour localiser cet établissement pénitentiaire, serait le Causse du LARZAC, il faut bien avouer que le choix retenu par l’Etat n’est pas des plus opportun compte tenu de la proximité d’un quartier prioritaire, voire sensible, tel que le CHAMPY, ou d’un Collège, avec des détenus (même munis d’un bracelet électronique) qui pourront se mouvoir librement dans le cadre de leur parcours de réinsertion. Si l’initiative  est louable, le risque de dérapage n’est pas négligeable et doit être pris en considération par l’Etat.

Sur le plan de l’aménagement urbain dans le cadre du nouveau PLU 2017, Brigitte MARSIGNY envisageait préalablement sur l’ancienne Ecole Louis Lumière de reloger 800 personnes pouvant bénéficier de logements très sociaux en provenance de Noisy Résidence. Par ailleurs, l’urbanisation du reste du site, soit 14.900 m², avec 400 logements dont 30% de sociaux, et 70% en accession libre, se trouve considérablement dévalorisé. Finalement aujourd’hui, c’est tout l’équilibre urbain, social et financier qui bouleverse l’intégralité de ce projet, à cause d’une décision unilatérale de l’Etat.

Nous pouvons aussi nous interroger sur le fait que le site de l’ancienne Ecole Louis Lumière, même si situé à proximité de la future gare Noisy-Champs du Grand Paris Express, ait été retenu dans le cadre de l’appel à projet « Inventons la Métropole » pour répondre à la demande de l’Etat de construire du logement en Ile-de-France. Comment La Métropole pouvait-elle lancer un concours d’architecture avec un groupement de 16 architectes, afin d’élaborer des projets d’aménagement sur ce site, sans consulter préalablement le nouveau Préfet de Seine-Saint-Denis, alors que le foncier n’appartenait ni à la Commune ni à la Région, mais à l’Etat ? Tout cela est déroutant dans ce millefeuille administratif, il n’y a aucune volonté de coordination.

Néanmoins, Brigitte MARSIGNY pense encore avoir des cartes en mains pour stopper cette initiative, puisque le PLU 2017 est en révision et ne sera adopté qu’en septembre prochain. Ainsi, elle envisagerait de réduire fortement la constructibilité de ce secteur déjà fortement densifié en sanctuarisant un espace vert. Cette initiative pourrait recueillir l’assentiment des 13 partenaires du « Territoire T9 ». Cependant, si le Préfet de Seine-Saint-Denis manifestait son désaccord, il pourrait lui-même signer le permis de construire de ce  Quartier de Préparation à la Sortie (QPS)..

Enfin, dans cette histoire, personne ne parle d’emplois. Puisque les Bureaux tardent à sortir de terre, il y a peut être ici l’opportunité de créer quelques emplois à Noisy-le-Grand ?


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Courrier de Brigitte MARSIGNY

adressé au Préfet de Seine-Saint-Denis le 15 février 2017.

Cliquer ici :

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Signer la pétition contre l'implantation d'une prison à Noisy-le-Grand

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Alain Cassé 09/03/2017 14:44

Lire le très bon billet d'Etienne DOUSSAIN sur ce sujet, sur le blog www.on-a-le-droit-de-voir-rouge.org

ADIHBH-V 05/03/2017 10:50

Information : Existe à GAGNY, 8 rue Clémenceau - 93220, situé dans une maison de Maître, à la sortie du RER E, une « Unité d’Accueil de court séjour pour sortant de prison » ouverte en 2010.
Ce Centre thérapeutique résidentiel de GAGNY héberge pour trois mois des sortants de prisoin polyconsommateurs de drogues. Durant cet accueil rapide, il met en œuvre des actions visant le soin et l’insertion.