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298 articles avec noisy-les-bas-heurts

La ZAC des Bas-Heurts est devenu un cas d'école ! (1)

Publié le par ADIHBH-V

CONCERTATION


ET


AMÉNAGEMENT TERRITORIAL


« LE CAS DE

LA ZAC DES BAS-HEURTS »


Partie 1
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La ZAC des Bas-Heurts est devenu un cas d'école ! (1)

Avant-propos


Mémoire rédigé par Lucas QUENUM dans le cadre de sa première année de MASTER 1- Génie Urbain, à l’Université Gustave Eiffel de Champs-sur-Marne (77), et réalisé au sein de l’Aménageur SPL-SOCAREN à Noisy-le-Grand, avec pour Tuteur d’Entreprise Laurent FORET, Directeur de cet Établissement.


La Concertation, une clé qui a permis de déverrouiller la ZAC des Bas-Heurts


‘’La concertation est un moyen de fabriquer le projet ensemble, en commun, le plus souvent sous la direction d’un chef d’orchestre. Elle prend en compte les points de vue et les propositions des habitants.


L’institution, en pratiquant la concertation, ne cherche pas à valider une solution, ou à en faire la critique. Elle propose d’engager un dialogue avec la population en amont de la réflexion et du projet, afin d’écouter et de prendre éventuellement en compte les avis exprimés dans la conception même du projet.


La concertation est une interaction entre le porteur de projet et un public. La concertation porte sur un projet plus ouvert que la consultation : le projet est conçu dans ses finalités et ses objectifs.
Le public concerné prend part au débat avec les autres parties prenantes pour construire une solution partagée. Le porteur du projet est censé tenir compte des disponibilités et motivations de chacun pour organiser la phase de concertation.


Les contenus recueillis peuvent être des remarques, points de vue, priorités, reformulation, recommandations, éléments qui permettront au porteur de projet de privilégier ou nuancer une décision, après restitution auprès des publics concernés’’ (1).


Le cas de la ZAC des Bas-Heurts à Noisy-le-Grand est un cas d’école de démocratie participative qui permet d’observer la transition de l’échec de la ZAC du Clos aux Biches vers la ZAC des Bas-Heurts en raison de l’absence de réelle concertation qui engendrera 11 longues années d’oppositions juridiques entre l’ADIHBH-V et l’équipe du Député-Maire, le Socialiste Michel PAJON, pour finalement en arriver à la sanction des urnes lors des élections municipales de 2004-2015 qui a conduit à l’avènement d’un nouveau Maire : Brigitte MARSIGNY (LR).


À compter de cette date, ce fut l’ouverture de la boîte noire de la production urbaine aux habitants du quartier des Bas-Heurts afin d’entamer une démarche d’aménagement territorial de l’Ouest Noiséen négocié lors d’une réelle concertation entre des Professionnels (Avocats, Architectes, Urbanistes, Étudiants en Architecture, Professeurs d’Ecole d’Architecture…), les citoyens, les élus, l’Aménageur SPL SOCAREN et des Partis politiques de Noisy-le-Grand (PCF, UDI, LR, Noisy Solidaire à Gauche Vraiment, …).


Jadis, échec de l’Association Foncière Urbaine Autorisé
(AFUA) de l’Espérance : 1991-1997.


Le secteur des Bas-Heurts fait l’objet d’opérations d’aménagement depuis de nombreuses années, notamment du fait de sa proximité avec le Pôle Tertiaire du Mont- d’Est. En l’espèce, Françoise RICHARD (RPR), Maire de Noisy-le-Grand entre Mai 1984 et Septembre 1993, lors d’une révision de Plan d’Occupation des Sols en 1990 a proposé de modifier le PLU afin de permettre un développement pavillonnaire urbain sans expropriation.

C’est dans ce contexte, qu’en 1991 et notamment à l’initiative de la Mairie que l’AFUA de l’Espérance fut créée, sur un périmètre restreint des Bas-Heurts de 3,6 ha afin de remembrer et de redonner une autonomie à certaines parcelles trop étroites ou enclavées de ce foncier pour préserver le patrimoine des propriétés.


Pourtant, suite à l’absence d’accord entre les propriétaires concernant la répartition des charges, la mise en œuvre du remembrement n’était plus envisageable.


Aussi, le 02 avril 1997, au cours d’une Assemblée générale extraordinaire, l’AFUA de l’Espérance fut dissoute, notamment à cause de l’abstention de la nouvelle équipe municipale conduite par Michel PAJON. Position équivalente à un vote pour la dissolution de l’Association selon les règles fixées par le Préfet de Seine-Saint-Denis.


Ainsi, bien que cette initiative d’AFUA soit issue d’une démarche plus que participative, car plaçant les propriétaires au centre du projet urbain en tant que décideur, la première opération participative d’aménagement sur le quartier des Bas-Heurts fut un échec. (NDLR : Dans cette conception, l’intérêt général ne résulte jamais de la somme des intérêts particuliers).


À suivre


Partie 2 : La ZAC du Clos-aux-Biches : Contestation, Recours Juridiques et Avis défavorables,
Partie 3 : La production urbaine ouverte aux habitants par la concertation de la ZAC des Bas-Heurts


Contribution bibliographique :


(1)    Christian MARION, Directeur du Service Urbanisme à Noisy-le-Grand : 2015-2018. Participation citoyenne au projet urbain – Édition L’Harmattan. Christian MARION Architecte-Urbaniste et Enseignant a pu observer le mode de fabrication de la ville en France, mais aussi à Rome, Boston, Kuala Lumpur et Jérusalem.

(2)    Lucas QUENUM, Master 1 Génie Urbain, à l’Université Gustave Eiffel de Champs-sur-Marne. Mémoire de stage à la SOCAREN.

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Une boulangerie- pâtisserie s'installe en bordure des Bas-Heurts

Publié le par ADIHBH-V

UNE BOULANGERIE-PÂTISSERIE


S’INSTALLE


SUR MAILLE-HORIZON-NORD
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Une boulangerie- pâtisserie s'installe en bordure des Bas-Heurts
Une boulangerie- pâtisserie s'installe en bordure des Bas-Heurts

Maxime et Baptiste SOHIER viennent d’ouvrir le 09 novembre écoulé leur première Boulangerie-Pâtisserie au pied du Parc Louis Antoine de BOUGAINVILLE sur le quartier de Maille-Horizon-Nord, en bordure des Bas-Heurts, à Noisy-le-Grand.


Lors d’une reconversion Maxime et Baptiste sont revenus à leur premier amour en effectuant un cursus de formation de trois ans à l’École de Boulangerie et de Pâtisserie de Paris et se sont perfectionnés dans l’Établissement de Bruno CORMERAIS à Bussy-Saint-Georges (membre du Jury de l’émission de télé sur M6 : Meilleur boulanger de France).


Sous le label « Campaillette » (marque propre des Grands Moulins de Paris), la Maison SOHIER propose des produits boulangers et pâtissiers entièrement fait maison sur place, élaborés avec des farines des Grands Moulins de Paris, et des blés rigoureusement sélectionnés récoltés sur le Bassin Parisien.

Une boulangerie- pâtisserie s'installe en bordure des Bas-Heurts

Ainsi, au travers d’une proximité et d’une convivialité évidente que nous avons pu vérifier, les consommateurs de l’Ouest Noiséen vont découvrir une gamme de produits variés, gourmands et de grande qualité afin de satisfaire les goûts des clients les plus exigeants. À savoir : Pains croustillants traditionnels, viennoiseries au pur beurre AOP confectionnées par un Tourier (*) de la Maison SOHIER, restauration rapide (sandwichs au poulet, quiches, pizzas, croque-monsieur) et pâtisseries allant jusqu’au gâteaux de fêtes (nous recommandons, entre autres, la « Tarte au Citron meringuée »).

Une boulangerie- pâtisserie s'installe en bordure des Bas-Heurts
Une boulangerie- pâtisserie s'installe en bordure des Bas-Heurts

Dès que les beaux jours vont arriver, la Commune de Noisy-le-Grand a autorisé l’aménagement d’une terrasse juste en face du Parc de BOUGAINVILLE pour un Petit déjeuner et de la Restauration rapide sur place. Une excellente initiative, un lieu reposant et splendide….


Contact


Maison SOHIER, 13 rue des Bas-Heurts – 93160 Noisy-le-Grand – 01 43 05 31 10
Ouvert pour le moment 7/7 jours. Prochainement 6/7 jours
7h – 19h30


Et demain sur le secteur ?


Une Pharmacie ouvrira ses portes au 1er trimestre 2021 au pied de l’immeuble Nexity, à l’angle de l’avenue Montaigne, rue des Bas Heurts. Par ailleurs, une Superette devrait voir le jour dans quelques mois, les négociations se poursuivent actuellement.


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(*) Le Tourier : L’ouvrier Tourier, dont la spécialité a tendance à disparaitre est spécialisé dans la fabrication de viennoiseries et de tout produit à base de pâte feuilletée. Un Tourier est un artiste du laminoir, la machine servant à faire des tours à la pâte feuilletée dont il tient son appellation. Un bon tourier (tourière) se reconnait à sa maîtrise de l’engin, qui ne doit jamais s’arrêter.  Le feuilletage devient aérien, goûte le beurre et fond en bouche.

Alain Cassé
Président de l’ADIHBH-V

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C'est parti pour les BAS-HEURTS !

Publié le par ADIHBH-V

LE PREMIER PERMIS

 DE CONSTRUIRE

 SUR LES BAS-HEURTS

A ÉTÉ DÉPOSÉ ET SIGNÉ !
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C'est parti pour les BAS-HEURTS !

ZAC des Bas-Heurts – Note de présentation.

Cliquer sur : Note de présentation.

La Ville a choisi le site des Bas-Heurts pour mener à bien les objectifs suivants :

-    Mettre en œuvre un projet urbain « durable », respectueux de l’environnement et du patrimoine bâti afin de créer un quartier équilibré et de qualité,

-    Accueillir des programmes de logements variés, en complément des pavillons existants et maintenus à l’échelle du quartier,

-    Créer des équipements de proximité.

Cet aménagement s’inscrit dans la continuité de l’aménagement de la ZAC Maille-Horizon-Nord, actuellement en cours de réalisation. Par ailleurs, le site des Bas-Heurts présente l’avantage d’un réseau de desserte très bien établi et de premier rang avec les deux gares du RER A (Noisy-Mont-d’Est et Bry-sur-Marne, l’autoroute A4, les Pistes cyclables des Bords de Marne, etc…, mais aussi des Groupes scolaires primaires, un Collège, un Collège et un Lycée International. Sans oublier sa position en balcon sur la Vallée de la Marne avec un patrimoine végétal hérité des jardins pavillonnaires, et des Centres Commerciaux Arcades et de la Varenne.

C’est toujours un plaisir de refaire l’histoire !
« Genèse du projet des Bas-Heurts »

Ce projet fait suite à la création de la défunte ZAC du « Clos aux Biches », qui prévoyait la construction d’un quartier d’habitation de 1500 logts, vraisemblablement 1800 en y regardant de plus près, réalisée sur un périmètre d’opération de 9,3 ha entièrement maîtrisé par la puissance publique, après acquisition préalable du foncier soit par voie amiable, soit par préemption et en dernier recours par expropriation et « tabula rasa ».

S’appuyant sur des insuffisances d’une calamiteuse  « étude d’impact » montée "à la godille" par les Services du Maire Michel PAJON, suite à un Recours contentieux de l’ADIHBH-V, le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a annulé en 2008 cette ZAC. Cette victoire de notre Association et de tous nos soutiens (partis politiques d’opposition, citoyens de Noisy-le-Grand et de Bry-sur-Marne, etc…) a été confirmée par la Cour d’Appel de Versailles en 2010. Une nouvelle « étude d’impact » préalable à la création d’une nouvelle ZAC dite des Bas-Heurts a été établie en 2015.

Enfin, suite à l’annulation en juin 2015, des élections municipales des 23 et 30 mars 2014 qui ont eu pour effet de renvoyer définitivement l’équipe de Michel PAJON à ses chères études, le Conseil municipal a été renouvelé en septembre 2015 avec l’arrivée de l’équipe à Brigitte MARSIGNY. Ainsi, pour poursuivre ces objectifs, la ville a décidé, par délibération du 1er décembre 2016, d’engager une démarche de concertation préalable à l’opération d’aménagement des Bas-Heurts. De son côté, l’ADIHBH-V a réalisé avec son Cabinet d’Architecture ASPHALT un nouveau projet d’aménagement du quartier.

Trois ateliers au total ont été organisés sur la période du 21 janvier au 1er février 2017.Une réunion publique est venue clôturer cette phase de concertation préalable à la création de la ZAC des Bas-Heurts le 19 avril 2017, ayant conduit à la définition de nouveaux éléments de composition du projet urbain.

Une nouvelle phase de concertation préalable à l’approbation du dossier de réalisation de la ZAC a été menée au printemps 2018. Elle a été souhaitée par la municipalité et conduite par l’équipe de maîtrise d’œuvre urbaine à des fins pédagogiques et de transparence vis-à-vis des actuels riverains de l’opération de ZAC. Cette seconde phase a été clôturée par une réunion publique en juin 2018, présidée par Brigitte MARSIGNY.

Enjeux

Les enjeux de l’opération de restructuration urbaine dite des Bas-Heurts sont multiples :

Restructuration du site en quartier d’habitations mixtes et création d’une véritable  vie de quartier dans un secteur jusqu’alors à l’écart via :


-    la construction de bâtiments de qualité dans un quartier présentant une forte présence végétale,
-    le développement d’équipements, de services et de commerces de proximité,
-    l’ouverture du cœur vert préexistant grâce à un espace public central en continuité avec celui de Maille-Horizon-Nord et support d’usages variés pour le quartier,
-    la priorité donnée aux modes doux de circulation de maillon de l’axe Est-Ouest allant de la forêt à la Marne.

Programme des équipements publics

Le projet de programme global de construction arrêté au stade du dossier de réalisation de la ZAC approuvé en Conseil de Territoire le 18 décembre 2018 et le 21 février 2019 prévoit :


-    57.000 m² de SPD de logements, soit 900 logements maximum, dont une résidence pour personnes âgées,
-    700 m² SPD d’équipements publics,
-    1.000 m² SPD d’activités, de commerces et/ou de services,
-    La réalisation d’une Maison Pour Tous (MPT).

 

Permis de construire 09 3051 20 C0033 du 25 septembre 2020
Atelier HERBEZ ARCHITECTES

 

C'est parti pour les BAS-HEURTS !

1- État initial du terrain et de ses abords,
2 - Assurer l’insertion du projet dans son environnement,
3- Cadre réglementaire

Cliquer sur : État initial du terrain

Vue depuis la promenade des jardins

Vue côté Daniel Perdrigé

Au bord des Bas-Heurts, l'aménagement de la rue Léon MENU à Bry-sur-Marne

Publié le par ADIHBH-V

AMÉNAGEMENT


DE LA RUE LÉON MENU


 À BRY-SUR-MARNE
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Au bord des Bas-Heurts, l'aménagement de la rue Léon MENU à Bry-sur-Marne

Le 06 septembre 2017, nous avons connaissance de la problématique des 180 logements de la ZAC Fontaine Giroux sur du foncier appartenant à ÉPAMARNE et son impact sécuritaire sur la rue Léon Menu.
Dès le début novembre 2017, l’ADIHBH-V consulte les deux Permis de Construire déposés par Immobilière 3F et SCCV et signés le 12 octobre 2017 en Mairie de Bry-sur-Marne.


L’ADIHBH-V relève que les accès aux parkings ne sont pas aisés car situés en plein dans le virage. Cette situation fortement "accidentogène" nous fut confirmée par le Directeur Général de SCCV lors de deux entretiens téléphoniques, qui s’étonne que les Services techniques d’ÉPAMARNE et de la Commune de Bry-sur-Marne n’aient pas relevé ce point lors de l’étude du projet et avant signature des Permis de construire.


En conséquence l’ADIHBH-V dépose le 23/11/2017 un Recours gracieux auprès de Bry-sur-Marne, I3F et SCCV. Immédiatement, branle-bas de combat, ÉPAMARNE réagit et le 11/12/2017 une réunion est programmée en présence d’ÉPAMARNE au grand complet, soit le :
-    Directeur de la Commercialisation,
-    Directeur de la Stratégie,
-    Directeur des Affaires juridiques,
-    Directeur du Développement.


À cette occasion, nous sollicitons une étude élaborant un dispositif de sécurité ralentissant la circulation rue Léon Menu, soit : un rond-point, des feux tricolores, un réaménagement de la sortie des parkings, ….Ici, le Directeur de la Stratégie nous indique que la Commune de Bry-sur-Marne n’a jamais manifesté d’observations sur ce sujet.


Ultérieurement, le 15/02/2018, lors d’une réunion en Mairie de Bry-sur-Marne, le Directeur des Opérations d’ÉPAMARNE nous a présenté un schéma visant à sécuriser les accès aux parkings par la création d’aménagements spéciaux sur la chaussée qui seront pris en charge par ÉPAMARNE et réalisés en accord avec les Services de la ville.


Les travaux démarrent en septembre 2020

Au bord des Bas-Heurts, l'aménagement de la rue Léon MENU à Bry-sur-Marne

Ce projet, élaboré avec la Commune de Bry-sur-Marne, repose entre autres sur un élargissement de la voirie existante, permettant de sécuriser les accès et sorties des nouveaux programmes immobiliers I3F et SCCV. Une traversée sécurisée sera également créée entre le Parc des Coudrais existant, et son extension à venir.
Ces travaux ont démarré début septembre et dureront jusqu’au 1er trimestre 2021.


Plan de masse des aménagements de la rue Léon Menu.

Au bord des Bas-Heurts, l'aménagement de la rue Léon MENU à Bry-sur-Marne

Contribution : Ce fut long et complexe, mais l’ADIHBH-V exprime toute sa gratitude à Messieurs Philippe HERMET, Directeur de la Stratégie chez ÉPAMARNE, Charles ASLANGUL, Maire de Bry-sur-Marne et Daniel CARREIRA, Service technique, pour nous avoir communiqué tous les documents d’informations.

La mixité sociale des projets immobiliers en question ? Exemple de Maille Horizon Nord à Noisy le Grand

Publié le par ADIHBH-V

À NOISY-LE-GRAND,


 LA ZAC DE


MAILLE-HORIZON NORD,


 UN OUTIL DE DÉ-MIXITÉ
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@DVA

@DVA

Pour contenter la fibre urbaine des maires de plus en plus bâtisseurs autant que le besoin des habitants et le carnet de commandes des opérateurs économiques, la fabrique du cadre de ville doit-elle nécessairement suivre l’air du temps ? A Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, un nouveau quartier met à mal la « mixité » tant vantée.


Dans la vie quotidienne, dans la presse écrite, sur les fils des immanquables réseaux sociaux qui font désormais la loi, lors de discussions entre gens éclairés ou au bistrot du coin, d’aucuns constatent une uniformisation des discours sur à peu près tout et rien. La vacuité des solutions apportées par les sachants ou les néophytes touchent aussi à l’urbanisme. Résultat, une sorte de totalitarisme inculte de l’instant.


Le vide intellectuel qui traverse aujourd’hui notre société, au profit d’une foultitudes d’idées toutes-faites-bien-propres, ternit aussi l’aménagement du territoire, notamment à cause d’un verbiage désormais policé. En effet, si les discours ont au départ une épaisseur, leur teneur se retrouve au fil des ans fort rabotée par des appropriations et approximations politico-opportunistes des élus des métropoles comme ceux des villes moyennes.

 

@Rolinet et associés

@Rolinet et associés

Bien sûr, au risque d’apparaître réactionnaire et de se faire lyncher sur les réseaux sociaux, qui ose encore combattre les belles idées et grandes images pleines de verdure, de jeunes enfants sur leurs vélos en bois allant chercher, heureux et guillerets, la baguette du dimanche, accompagnés de papa et maman affichant le sourire béat de ceux ayant réussi dans la vie ? Surtout lorsque le quartier est annoncé « mixte », « moderne », « bienveillant » ! Même à Noisy-le-Grand, sixième ville la plus peuplée de Seine-Saint-Denis ?


Pour le vérifier, un petit tour s’impose dans ces nouveaux quartiers ayant poussé à l’orée des métropoles, vendus par des promoteurs peu scrupuleux et des villes opportunistes à des habitants heureux d’afficher leur bonne fortune au cœur de la pointe architecturale. Partons donc à Noisy-le-Grand, dans le quartier Maille-Horizon, qui sort à peine de terre.

@Les maçons parisiens

@Les maçons parisiens

Noter en premier lieu qu’un quartier est rarement livré clé en main. Comprendre, qu’au mieux, le nouvel acquéreur aura un peu de boue aux pieds en attendant patiemment que la verdure mise en exergue sur le catalogue soit au rendez-vous. Au pire, ce sont les voisins qui risquent de manquer à l’appel, quand les opérations immobilières peinent à trouver preneur pour T3 mono-orienté nord et cuisine ouverte au prix d’un classique T4 de centre-ville avec cuisine fermée. C’est ce qui se passe à Noisy, les premiers lots à peine livrés, les autres sont à peine commencés, le paysage proposé en ce moment est un quartier boueux planté de grues et où le gris béton monte à vive-allure.


L’ADN de l’urbanisme de Noisy-le-Grand est déjà extrêmement compliqué. La ZAC Maille-Horizon est située à quelques encablures de l’imposant espace d’Abraxas et du Palaccio de Ricardo Bofill. Plutôt que de prendre les problèmes sociaux à bras-le-corps et d’envisager une réhabilitation des ensembles postmodernistes, Brigitte Marsigny, maire LR de la commune préfère miser sur la jeunesse et l’attrait provoqué un peu plus loin par l’effervescence autour de la gare de Champs-sur-Marne et des universités. Dans le fond, la mixité n’est pas encore le cœur du problème.

 

@Rolinet et associes

@Rolinet et associes

Forcément, le vinyle de la gentille mélodie du bonheur qui se faisait entendre lors de la présentation des perspectives a commencé à s’enrayer dès que sont sortis de terre les premiers logements. De fait, les perspectives de ces opérations pourraient tout aussi bien être situées à Toulouse ou Villefranche-sur-Saône sans provoquer ni plus ni moins d’émotions, architecturale mais aussi humaines.


Qui blâmer pour améliorer le système ? Un maire arriviste et mal conseillé ? Un aménageur sans ambition ? Des opérateurs dont le seul but est de dégager des bénéfices financiers ? Des architectes qui arrivent en fin de parcours, une fois que tout est acté ?


Après s’être donc interrogé sur la pertinence architecturale du projet de résidence universitaire conçut par l’agence Bofill pour le promoteur Pichet, face au Palaccio et en proue de quartier, profitons que l’horizon est encore un peu dégagé pour observer le futur quartier.

@Valero Gadan

@Valero Gadan

Ici, 60 000 m² de bureaux et environ 800 logements, dont 30% en HLM, sont au programme. De quoi faire augmenter les prix des appartements pour ceux qui peuvent s’en offrir un. De quoi aussi espérer la fameuse architecture sobre et minimaliste vendue à tout va pour soigner un peu les stigmates nés des Arcades.

D’ailleurs, les agences d’architecture élues ont de belles références et ne sont pas des ravis de la crèche : Atelier Dupont, Zundel et Cristea, Valero-Gadan, Fabienne Guerin-Jean, Baudoin-Bergeron ou encore Gaétan Le Penhuel. Mais, même pour eux, ça coince un peu. A 4 900 €/m² acheteur pour un T2 de 40 m², il ne faut pas espérer de miracles.

@Valero Gadan

@Valero Gadan

Les premiers bâtiments sortis de terre laissent dubitatifs. Pour les structures bois, il faudra ostensiblement repasser. Vu des chantiers, même pas une petite structure mixte à l’horizon. Comme quoi les lacunes sur la mixité concernent aussi les matériaux.


Retour aux perspectives. Qu’elles soient celles de Nexity, Pichet ou BNP Paribas, peu importe puisqu’elles montrent pour ainsi dire la même ville fabriquée hors-sol pour une maire omnipotente, par des promoteurs qui ne considèrent les architectes que bons à signer des permis de construire.


Revenons à l’enfant sur son vélo et ses parents heureux de vivre là. Chacun est bien blanc. Pourtant, à Noisy-le-Grand, 24% de la population est immigrée, et 16% est étrangère**, soit environ 40 % des habitants. Probablement que beaucoup d’entre eux voudront habiter à Maille-Horizon. Mais où sont-ils sur les perspectives ?

 

@Arthur Weidmann

@Arthur Weidmann

Finalement, la seule émotion que traduisent ces nouveaux quartiers sans grandes ambitions ni humaine ni architecturale est celle d’un bilan financier – pas franchement rutilant d’ailleurs – révélateur du cynisme qui fabrique aujourd’hui ces nouveaux quartiers dans les banlieues mine de rien toujours plus délaissées. Dans la ville dessinée pour être vendue (au maire, à l’aménageur, aux acquéreurs…), où est donc passé le rapport à l’humain ? Dans un quartier financé avec 30% de logements sociaux, la mixité devrait nécessairement apparaître éclatante.


Excepté que la réalité de ces quartiers imaginés à la va-vite est toute autre. Au sein de villes complexes, les aménageurs créent de nouvelles enclaves urbaines réservées à ceux qui ont les moyens d’y vivre et où il y a fort à parier que la mixité ne s’y épanouira jamais.


Alice DELALEU

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Contribution bibliographique : Toute notre gratitude à Monsieur Christophe LERAY, Rédacteur en Chef de la Revue Chroniques-d'Architecture, pour nous avoir autorisé à reproduire l’article d’Alice DELALEU sur notre blog associatif de l’ADIHBH-V.


https://chroniques-architecture.com

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