"Marie-Pascale", la cloche de l'église Saint-Sulpice

Publié le

  

SALUONS LE PREMIER CRI DE LA CLOCHE

DE L'’EGLISE

SAINT-SULPICE

DE NOISY-LE-GRAND : « MARIE PASCALE »

 

PACCARD - Photo 1-Campannelle

« CAMPANELLE », mascotte du Musée PACCARD

 

Vendredi 14 décembre 2012, à la nuit tombée, la place Aristide Briand de Noisy-le-Grand a accueilli un événement inédit en Ile-de-France : la coulée publique de la cloche  « Marie Pascale », de 380 kg.

 

Pourquoi Marie-Pascale?

Sous l’autorité religieuse communale, en la personne du l’Abbé Lefèvre qui a effectué des propositions, c’est encore une fois le Maire qui a fixé le petit nom de cette nouvelle cloche. La belle Noiseéne s’appellera donc « Marie », pour Marie Mère de Dieu, et « Pascale » puisque installée dans le beffroi de l’Eglise, pour les Octaves de Pâques 2013, en présence de l’Archevêqu, peu avant d’accueillir à nouveau les fidèles au mois de juin prochain. A cette occasion, sur le ton de la plaisanterie, Michel Pajon (MP) a fait remarquer, que ses initiales sont les mêmes que les siennes. Fallait-il le préciser, car tous les persifleurs Noiséens l’avaient déjà compris!

Une Eglise sans cloche, c’est comme un sommelier sans tire bouchon. Donc, dans le cadre de la restauration de l’Eglise-Saint-Sulpice, après avoir relevé des traces de frottement sur les parois, il est apparu qu’un emplacement était prévu pour une quatrième cloche dans le beffroi de l’Eglise. Toutefois, les Archéologues des Monuments Historiques, n’ont jamais pu expliquer cette absence. Néanmoins, la fabrication et la restitution de cette nouvelle cloche est cohérente avec la restauration en cours, qui redonnera son authenticité à cette Eglise du XIIème siècle, de Noisy-le-Grand.

A ce jour, des travaux de restauration de grande ampleur financée à 80% par la ville, sont menés afin de rendre à l’édifice sont aspect d’origine : portail, voûte, travées et chœur retrouveront leur apparence d’antan.  La maîtrise d’œuvre a été confiée à l’Agence Gabor Mester de Parajd, spécialisée dans l’Architecture Patrimoniale.

Le chœur et le clocher de pur style roman, sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1926. L’église l’est en totalité depuis le 22 décembre 1999.

 

Comment fabrique-t-on une cloche ?

Le moule d'une cloche est fait d'une terre argileuse, très minutieusement préparée. Il se compose de trois parties distinctes et superposées : le Noyau, la Fausse Cloche et la Chape.

 

Le noyau. C'est la partie du moule qui représente l'intérieur de la cloche. En d'autres termes, après la coulée, le noyau remplira exactement l'intérieur de la cloche. Il est construit en briques habilement disposées, cerclées avec du fil de fer et recouvert d'argile.

La fausse cloche (le maître modèle). La fonderie PACCARD se sert d’un modèle en aluminium pour les modèles courants. Cette partie du moule représente la cloche elle-même, dont elle tient provisoirement la place qu’occupera ultérieurement le métal. Elle a donc le même profil, les mêmes dimensions et la même épaisseur que la future cloche en bronze. C'est sur cette fausse cloche en aluminium que l'on place l'ornementation et les inscriptions en cire d’abeille et en relief.

 La technique ancestrale de la « planche à trousser » (1) est encore utilisée pour des cloches de grandes dimensions et dans certaines commandes spéciales. Le savoir faire PACCARD est toujours conservé.

 

La chape. C'est la partie extérieure du moule, celle qui va recouvrir la fausse cloche. Le maitre fondeur enduit d'argile très fine le modèle en aluminium et les inscriptions. Les premières couches sont obtenues au moyen d'une terre très fine, presque liquide, que l'on nomme "Potée". Ensuite, on continuera la fabrication de la chape avec de la terre glaise, plus épaisse, armée de chanvre, qui assurera à l'ensemble une plus grande solidité.

 

On procède alors à la cuisson du moule, opération qui fera fondre les décorations en cire placées au préalable (d’où l’expression coulée en cire perdue) (2) et dont les empreintes resteront en creux et à l'envers dans la chape.

Eviction de la fausse cloche: Le moule étant terminé, à l'aide d'un palan, on soulève la chape et l'on enlève la fausse cloche. La chape est alors replacée sur le noyau. Il reste un vide initialement occupé par le modèle en aluminium. C'est ce vide que viendra occuper le bronze en fusion, lors de la coulée.

 

La  coulée

  

PACCARD - Photo 2 - le four

Le four au gaz et sa poche de coulée

PACCARD - Photo 3 - l'Affinage

Affinage du Bronze en fusion à l’Azote

PACCARD - Photo 4 - La coulée

La coulée 

La coulée d’une cloche est un spectacle émouvant que l'on n'oublie pas ! C’est un événement exceptionnel, vraiment grandiose et presque magique que de nombreux Noiséens ont pu admirer. Après  décrassage et affinage à l’azote du métal en fusion, sur ordre du Maître Fondeur Miguel LOPEZ, le Bronze en fusion à 1180° se précipite dans le moule, qu'il remplit.

Une cloche est en Bronze ou en Airin (l'Airin est un terme vieilli pour désigner un alliage de Cuivre. Il est normalement utilisé comme synonyme de Bronze). C'est un alliage composé de 78% de Cuivre et de 22% d'Etain. Le mélange des deux donne une couleur dorée.

 

Nous avons ouï-dire que le parrain et la marraine d’une cloche avait par coutume de mettre quelques métaux précieux dans la fonte de cette dernière, tel de l’Or ou de l’Argent. En fait, selon Anne PACCARD, tout ceci est du domaine de la légende. Si parfois des bijoux ou des pièces d’Or devaient contribuer à la coulée, ils alimentaient plus vraisemblablement les profondes poches des « Saintiers » (3), plutôt que la cloche elle-même.

Ledémoulage

PACCARD 5  PACCARD 6

Démoulage- Décochage de la cloche

La phase  de démoulage intervient le samedi 15 décembre, plusieurs heures après la coulée. Elle débute par l’opération décochage, qui consiste à ouvrir le châssis et à casser les moules. Ensuite après une période d’exposition au marché de Noël de Noisy-le-Grand, « Marie Pascale » rejoindra la maison mère de Sévrier en Haute-Savoie, pour l’ébavurage, le polissage, et l’accordage par usinage intérieur pour ajuster la précision de sa résonnance. Ainsi, il n'est pas exagéré de dire que « Marie Pascale » est une œuvre d'art unique. 

Belle, présentable, et accordée comme du papier à musique, « Marie Pascale » sera née, qui, dans le beffroi de l’Eglise Saint-Sulpice de Noisy-le-Grand, chantera les louanges du Seigneur, en parfaite harmonie avec ses soeurs !

 

Pour faire ce travail, il faut des Professionnels !

Aujourd’hui, seules trois fonderies de cloches françaises perdurent, dont la Fonderie PACCARD, n°1 mondial des Cloches d’Eglises et de Carillons. Les PACCARD sont fondeurs depuis 1796. A Quintal dès l’origine, puis sur les bords du lac d’Annecy, et maintenant à Sévrier, en Haute-Savoie. PACCARD est aujourd’hui l’un des principaux fabricants de cloches d’églises et de carillons dans le monde.

Sept générations de « Maîtres Saintiers», (bientôt huit), se sont ainsi succédées depuis la Révolution, avec plus de 120 000 cloches rythmant encore le quotidien de villes et de villages, en France et à l’étranger : New York, Tokyo, Montréal, Dallas, Washington ou encore Berkeley.

______

(1)- Planche à trousser : Flasque en métal, tournant autour d’un axe vertical. Son profil représente exactement la section de l’objet que l’on veut former. Il donne, lors de sa rotation, les dimensions du moule.

(2)- La cire perdue : Technique utilisée aussi dans les domaines de l’Aéronautique et de la Bijouterie. Dans ces applications, c’est l’intégralité des modèles qui sont en cire.

(3)- Un Saintier : Ancienne appellation du Moyen Age désignant un fondeur de cloches. Provient du Latin : fabricant de choses saintes.

Contribution bibliographique : Site de la Société PACCARD – www.paccard.com

 

Publié dans noisy-les-bas-heurts

Commenter cet article

noiséenne 11/02/2013 23:38


Très intéressant. Hélas je n'étais pas là pour assister au démoulage de la cloche. Bien dommage.

Jeannot des Clapiers 17/12/2012 23:51


Les us et coutume en matière de cloche étaient que les bienheureux donateurs voient leur nom gravé sur la "Ding-Ding",.. ... à tout seigneur, tout honneur..


Pour le financement de cette nouvelle cloche, il semblerait que ce soit largement avec nos impôts.......... aussi il me semble qu'il eut été plus juste de baptiser "Ding-Ding " Marie Noële,
car cette cloche n'est-elle pas née en ce 15 décembre, si proche du 25, et le N celà fait plus Noiséen........ ainsi nous aurions  tous bicher !!


 

gueshana 17/12/2012 13:32


 


 


Hé ben, on n’aura pas le bourdon au moins avec Marie Pascale !  


http://www.bide-et-musique.com/song/11700.html


À cloche merle, un peu timbré après avoir déménagé à la cloche de bois, c’est à cloche-pied qu’on ira à la messe de Noël se taper la cloche au poux-ding du pauvre, parce qu’on entendra qu’un seul
son :


https://www.youtube.com/watch?v=p4cYD6QxvLU        


et plutôt que des roses, c'est du muguet qu'on mettra au pied de l'autel, pour demander au ciel de sonner le tocsin devant autant de cloches.



 


 

ADIHBH-V 17/12/2012 10:47


 


A ce jour, les trois fabricants de cloches Français sont :


            - PACCARD, à Sévrier,
(74),


            - BOLLEE, à Orléans,
(45),


            -CORNILLE-HAVARD, à
Villedieu-les-Poêles, (50). En Février 2012, les 8 nouvelles cloches de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ont été commandée à cette Fonderie, pour fêter ses 850 ans.


 


Par contre, le second bourdon de la tour Sud, a été commandé suite à appel d’offre, à la fonderie ROYAL EIJSBOUTS, des Pays-Bas,
ce qui a eu pour effet de courroucer passablement, Madame Anne PACCARD.

Jeannot des Clapiers 17/12/2012 09:25


Merci


Pour cet article


                    Magnifiquement


                    Percutant


Merci


Percepteur de libérer les sommes pour règler cette sainte dépense,


Mais 


Pourquoi n'a-t-on donc pas  choisi en cette approche du 25 décembre d'appeler cette  cloche Noële, comme....... Noiséens


puisque, ce sont eux qui sont les Maîtres


                                               
Payeurs