Le Noiséen qui ne rigolait pas...

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CHRONIQUE DU PASSE :

1965, LES URBANISTES

DE LA « VILLE NOUVELLE »

SAUTENT SUR NOISY LE GRAND

(première partie)

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Souvenir, souvenir... Lu dans le journal L'AURORE, du mercredi 20 décembre 1967. A l'époque, ça ne rigolait pas dans les Associations de Défense !!!...

Nous avons recopié pour vous le contenu de cet artcle...


«             

A NOISY-LE-GRAND, LE GAGNANT

DU JEU TELEVISE  MENE LA REVOLTE 

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Pour des millions de téléspectateurs, il est le professeur érudit qui a triomphé à la finale des finales du jeu « l'Homme du vingtième siècle ». Pour près de 3.000 habitants de Noisy-le-Grand, M. Georges Rivault est surtout le chef de file, le « meneur » de la révolte qui se développa dans un secteur de la ville contre les expropriations massives décidées par les pouvoirs publics.


-         L' « Association de défense » que je préside, explique M. Rivault, représente 1100 familles touchées par ces mesures. Si nos revendications n'aboutissent pas, nous somme prêts à employer la violence...

            L' « Association de défense » est passée à l'action en 1965, quelques semaines après qu'eut été rendue officielle la décision d'implanter une «ville nouvelle » à Noisy-le-Grand.

            A cette époque, les habitants du quartier où devait être édifié le « nouveau centre urbain » apprirent avec stupeur que plus de 2000 constructions étaient, de ce fait condamnées à être rasées !

-         L' « Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne » publia alors un plan de la ville future, dit M.Rivault. C'était aberrant ! Ces messieurs les urbanistes avaient découpé la cité « à l'américaine », sans se soucier de savoir ce qu'il y avait sous leur trait de plume : entre autres incohérences, un parking était prévu dans le cimetière et des routes devaient passer dans des zones occupées par des pavillons alors que des espaces libres existent à 200 mètres...

 

Un replis
stratégique


      Devant la vague de protestations, l' « Institut d'aménagement » réduisit l'étendue du futur « centre urbain », comme en fait foi le second compte rendu publié le 1er janvier 1967.

- Ce « repli stratégique » a eu pour résultat une situation encore plus surprenante, ajoute M.Rivault, car les dimensions de la future « mini - ville nouvelle » ne justifient plus du tout l'importance des moyens de communications prévus pour la desservir : trois autoroutes (A17, A3 et A4), une voie express (l'autoroute interurbaine de Seine-et-Oise) reliée par un « échangeur »  monstrueux (800 m. de long sur 300 de large) et le métro express...

      Depuis quelques mois, l' « Association de défense » a multiplié tracts et pétitions (à la mairie, à la préfecture, au district, etc.) pour tenter de faire abandonner purement et simplement le projet de «  ville nouvelle », à propos de laquelle pourtant une enquête d'utilité publique est déjà en cours.

Voici les principaux arguments des « mutins » :

  • L'urbanisation en «tache d'huile» est, de l'aveu même des auteurs du «schéma directeur» de l'aménagement de la région parisienne, à proscrire formellement: or, de toutes les «villes nouvelles», Noisy-le-Grand sera la plus proche de Paris (à 16 kilomètres de Notre-Dame). Le tissu urbain, qui a déjà atteint Bry-sur-Marne, Le Perreux et Champigny s'étendrait, en cas de réalisation du projet, jusqu'à Lagny et au delà, ce qui va à l'encontre de la doctrine officielle.
  • La création d'une «ville nouvelle» doit se faire sur un vaste espace nu où l'urbaniste peut travailler librement et non dans des zones déjà occupées par des habitations nouvelles ou des fragments de vieilles localités, comme c'est le cas à Noisy-le-Grand.
  • D'un point de vue économique, il ne semble pas que la vallée de la Marne, où se trouve Noisy-le-Grand, présente de grandes possibilités d'avenir.


Un "vol
légal"


      Ce que l' « Association de défense » reproche le plus au District, c'est d'avoir d'ores et déjà mis en Z.A.D. (Zone d'Aménagement Différé) les 320 hectares de la commune où doit s'élever la « ville nouvelle ».

_  Il s'agit d'un vol légal, affirme sans ambages M. Rivault, car dans les secteurs « zadés », les propriétaires ne peuvent plus vendre si l'Etat s'y oppose. Or, nous savons que  49,9 millions de francs ont été prévus par les pouvoirs publics pour l'achat des terrains, ce qui revient à dire que les parcelles expropriées seront payées 15 F le mètre carré. Comme le terrain à bâtir à Noisy-le-Grand vaut de 60 à 120 F le mètre carré, c'est la ruine pour les propriétaires qui seront obligés de céder aux « acheteurs officiels » !

      Il suffit de se rendre dans les futurs quartiers expropriés pour saisir toute la gravité de la situation : beaucoup d'habitants sont fermement décidés à employer les moyens légaux et les autres pour empêcher la réalisation du projet. Certains même, qui ont déjà été expropriés deux ou trois fois, parlent de « sortir leur fusil de chasse », lorsque tous les arguments auront été épuisés.

»

Légende de la photo :
"M. RIVAULT a oublié son triomphe dans "L'Homme du XXe siècle" (en haut) ; son seul souci est, maintenant, de protéger les expropriés de Noisy"

 


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Claudine R. 19/05/2008 12:14

Les années passent, se suivent et malheureusement se ressemblent. Il ne faut pas, pour autant, baisser les bras et je vois que vous ne les baissez pas. Bon courage à vous tous car nous vivons dans un monde sans pitié.