Un homme politique sans égocentrisme n’existe pas !

Publié le par ADIHBH-V

LA  « COURBE DU DEUIL »

APPLIQUEE À LA CLASSE

POLITIQUE ÉGOCENTRIQUE.

Un homme  politique sans égocentrisme n’existe pas !

L’homme politique  use et abuse d’une psychologie de l’égocentrisme, qui est aussi l’une des principales caractéristiques d’une personnalité narcissique, dont nous pouvons trouver les différentes formes contemporaines dans l’ouvrage de Marie- France HIRIGOYEN : Le harcèlement moral (1).


D’où notre question : existe-il un narcissisme politique ? Poser la question est déjà y répondre. Les principales caractéristiques de ces personnages narcissiques sont un sentiment de grandeur, un égocentrisme aigu, et une absence totale d’empathie pour les citoyens d’opposition, bien qu’ils soient avides d’obtenir admiration et approbation pour eux même.


Lorsqu’on les abandonne au moment d’une élection ou qu’on les déçoive, ils peuvent manifester de la colère et un désir de revanche. Ils se retrouvent désemparés, blessés, tout s’écroule. L’importance du traumatisme vient de l’effet de surprise et de leur impréparation à l’échec, conséquence de l’emprise narcissique.


Il ne faut jamais généraliser, mais cette colère est bien souvent un des éléments du deuil. «Faire le deuil » est le processus d’adaptation psychologique d’un individu face au choc qu’il vient de subir, quelle qu’en soit la nature (échec électoral, trahison politique de son adjoint, rébellion des militants de son parti,…) C’est un processus normal et universel. Bien que dans le langage courant, le deuil soit synonyme d’acceptation de la mort, si nous l’appliquons à un homme politique qui vient de subir une défaite électorale, bien entendu l’on ne fait pas allusion ici à la mort physique de l’individu.


Le processus de la courbe de deuil est bien connu des « Managers ». Les grands principes sont applicables aussi bien à notre vie professionnelle, qu’à notre vie personnelle ou encore à la vie d’un élu qui est devenu dans le temps un professionnel de la politique.

Ainsi, nous pourrions assimiler le Maire d’une ville à un « Manager » puisqu’il administre du personnel (agents de la fonction territoriale, vacataires, consultants…), des budgets, la communication, la police municipale, la section locale de son parti politique….


Cette courbe est célèbre pour sa théorisation des différents stades par lesquels passe un homme politique qui se trouve confronté à un certain nombre de déconvenues.

 

Un homme  politique sans égocentrisme n’existe pas !

On retrouve ici une forme sinusoïdale du temps comportant une phase de descente (choc, déni, refus, dépression) puis d’ascension (essai, acception, pardon, quête de renouveau) présente dans beaucoup de métaphores du développement de l’espèce humaine.


La courbe du deuil, comporte six grands mouvements qui peuvent être décomposés comme suit :


1. L’état de choc : C’est la première phase de la descente. C’est le moment précis auquel survient la perte du pouvoir à l’annonce des résultats électoraux à 20h, le soir du vote. Ce moment se caractérise par une forme de choc émotionnel qui précède la prise de conscience de sa réalité : effraction violente, sidération, effondrement …


2. Le déni : Cette étape est d’autant plus fortement ressentie que l’attachement est rompu de façon soudaine et inattendue. Du style : « ça ne peut pas m’arriver à moi ; pas maintenant, non..…c’est impossible, vous vous trompez…il doit y avoir des erreurs ou des magouilles !»


C’est le refus de reconnaître et d’affronter la réalité de la perte de pouvoir : … (« je veux vous dire aussi que le combat n’est pas fini…….., c’est pourquoi j’ai déposé un recours devant le tribunal….. Dans ce contexte, notre score est remarquable et j’en suis fier, n’en déplaise à tous les hypocrites et à tous ceux qui ont la mémoire courte…»).


3. La colère : Rage, dégoût, rancœur, sentiment d’injustice, accusation, transfert de sa propre responsabilité sur autrui. C’est la phase qui suit le déni. Elle se caractérise par une réponse émotionnelle forte (qui peut être exprimée par un tract sur la ville et des courriers incendiaires aux camarades du parti socialiste : « Nul doute que cette trahison laissera des traces dans notre section et que ceux qui en sont à l’origine devront en payer le prix,…………….Ces charognards que j’ai vus à l’œuvre jeudi soir m’inspirent un profond mépris, un écoeurement sans borne et une tristesse infinie »).


4. La peur : Peur pour soi ou peur pour les autres. Ici apparaît le problème de nature concrète : perte des avantages liés à la fonction (voiture, téléphone, tablette, repas, etc..). Perte du réseau d’influence (Préfecture, Consultants, Cabinets conseils, Promoteurs, Architectes, Avocats,…) et bien évidemment perte des indemnités  mensuelles sonnantes et trébuchantes !


5. La dépression : C’est le moment, plus ou moins long, ou le politique  se rend compte que malgré ses "tentatives de maquignonnage",  la réalité s’impose : Oui, j’ai été mauvais ; oui, j’ai mal "managé" mes troupes ; des camarades n’ont rien fait pour cette campagne ; quatre autres traîtres ont joué carrément contre notre camp. Après 20 ans de règne, les noiséens ne veulent plus de moi…

C’est un moment d’abattement, la colère fait place à un sentiment de tristesse.


6. L’acceptation : C’est la première phase du processus de remontée. Elle est suivie de quelques subtiles manipulations  qui permettent d’amorcer une espèce de pardon à soi même et de renoncement à l’illusion de sa toute puissance. Puis vient le pardon aux traîtres, auteurs de son échec électoral.


Le politique vit maintenant dans la sérénité. Ce qui lui arrive en ce moment  a plus de valeur que le passé. Si un nouveau combat électoral se présente, il est capable d’y adhérer et même d’en être le moteur si les hypocrites et les traîtres de jadis veulent bien adhérer à son renouveau, ce qui bien évidemment est loin d’être acquis, compte tenu de la violence des propos.


Toutefois, s’il y a rechute, c’est la fin définitive d’une carrière politique.
Donc, à suivre…


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(1)-Le harcèlement moral – Marie-France HIRIGOYEN –Edition POCKET.
Selon Marie-France HIRIGOYEN, la personnalité narcissique est décrite comme suit :
♣    Le sujet a un sens grandiose de sa propre importance,
♣    Est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir,
♣    Pense être spécial et unique,
♣    Pense que tout lui est dû,
♣    Exploite l’autre dans les relations interpersonnelles,
♣    Manque d’empathie,
♣    Envie souvent les autres,
♣    Fait preuve d’attitudes et de comportement arrogants.


Une personnalité narcissique présente au moins cinq des manifestions énoncées !